PAIE SRE CPR REMISES API AR AMAR D
(a) Euseb. Præp, Ev., 1 3. — (0) Virg. Geors., 1 2, v. 2ÂT: — W'Ovid., Fast. 1. 3:.v. 459:
"du
Il devait donc y avoir deux fêtes de Proserpine, l’une au printemps, l’autre en automne. Aussi l’empereur Julien les distingue bien (a); et il appelle les unes celles du bélier, et les autres celles de la balance. « Sanè mys- » teria bis in honorem Cereris athenienses celebrant. » Primum parva illa mysteria cùm sol arietem pervadit ; » majora cüm in Chelis versatur. » Il ajoute que ces dernières étaient des fêtes lugubres , de deuil, d’abstinence. Plutarque en dit autant, et Phornutus opposant entre elles ces fêtes, dit à peu près la même chose : « Proserpinam omnium abstinentià colant. Nam jejuna- » bant in honorem Cereris... Nam quum aliquando rer » frumeniariæ penuriam immitteret Dea, post sementem » propriis usibus detraxerunt quiddam , ut seminandi » tempore festum Deæ celebrarent. At verno tempore » Deæ virentem herbam cum lusu et gaudio sacrificant, » videntes illam vigorem immittere segeti et abundan- » Uæ spem protenderé, » Salluste le philosophe oppose aussi les fêtes lugubres d'automne, célébrées en honneur de Cérès, aux fêtes agréables du printemps.
Les habitans de l’île de Naxe avaient également deux fètes d’Ariadne ; l’une en septembre, qui était une fête, de deuil, et l’autre gaiè , vraisemblablement celle dus” printemps (À). Or, l’Ariadne des habitans de Naxe est la Proserpine des Grecs, et les fêtes célébrées dans le mème temps avaient pour commun fondement la même apparence astronomique.
Un trait de la vie de Proserpine, qui présente en apparence les absurdités les plus étranges , s'explique
de la manicre Îla plus simple par l'astronomie. Jupiter
on
(a) Julian. Oiat. 9. — (b) Plut. vit. Thesei,
ET DE SES PARTIES. 427 amoureux de Cérès ne trouve d’autre moyen pour obtenir ses faveurs que de se métamorphoser en taureau. Sous cette forme il trompe la Déesse : elle s'irrite de sa témérité. Pour l’apaiser elle lui présente les testi-
cules d’un bélier qu'il a coupés, et lui fait croire qu'il s’est mutilé lui-même. De cette union naît Proserpine. Jupiter en devient amoureux ensuite, et s’unit à elle sous la forme d’un grand serpent. De ce mariage naquit un taureau ; de manière qu’on donnait aux initiés dans les mystères de Cérès, cette énigme mystérieuse : « Le taureau engendre le serpent, et le serpent à son tour engendre le taureau. » Clément d'Alexandrie, Eusèbe , Arnobe (a), Athénagore (4) et Tatien (c), rapportent tous cette doctrine secrète des initiations qu'ils regardent comme l’opinion la plus monstrueuse en fait de religion. C'est en effet l’idée qu’elle présente au premier aspect. Mais cette théologie monstrueuse recoit un sens dans notre théorie, et l’explication qui en résulte jette un jour nouveau sur les mystères anciens.
Nous avons dit que la couronne boréale se levait acro- niquement ou le soir au printemps, lorsque le soleil approchait de la constellation du bélier. Cette époque importante était fixée le matin par le coucher de la vierge ou de la Cérès céleste, et le soir par celui du taureau qui se couchait au même endroit qu’elle, et qui donnait par là naissance à la couronne et au serpent qui montaient alors sur l'horizon. C’est cette phase astronomique qui, arrivant près du bélier, donna lieu à l’allégorie de
Punion de Jupiter taureau fécondant Cérès, et jetant
RE CE RU lie ne Le ner SR ne (a) Arnob. , 1. 5. — (b) Athenag. Lig., p. gr. — (ce) Tat. Contr.
\ fa Pont ip s43:
dans son sein le symbole actif de la fécondité qu'il em pruute du bélier, d’où naît ensuite Puella florida, dont il devient amoureux. En effer, six mois après le soleil arrive vers les dernières étoiles de la balance, et s’unit alors à Persephone qui se lève héliaquement avec le serpent céleste placé au-dessous. Ils. montent ensemble et se trouvent ensemble encore le soir à l'horizon occidental , et par leur coucher ils font lever le taureau qui, six mois auparavant, par son coucher les faisait lever. C'est cette apparence astronomique et cette succession: alternative des levers et des couchers de ces constellations opposées qui sont exprimées dans ce vers mystérieux :
Taurus draconem genuit , et taurum draco.
C’est ce taureau, fils de Proserpine et de Jupiter serpent, que les anciens honoraïent sous le nom de Bacchus Zagreus, génie élevé par les hyades ou par les étoiles du taureau céleste qu’on peignait avec des cornes de bœuf , dont on faisait le Dieu du labourage, et en honneur duquél étaient instituées les.fêtes sabazia. Fn eflet, le plus ancien Bacchus, suivant Cicéron , était fils de Jupiter et de la belle Persephone (a) : « Dionysios mulios » habemus, primum ë Jove et Proserpinà. » Diodore de: Sicile prétend que c'était le second Bacchus : « Suivant les mythologues , dit cet auteur, le second Bacchus naquit de Jupiter et de Proserpine. Ce fut lui qui attela les bœufs à la charrue.... ; les peintres et les sculpteurs
le peignent avec des cornes. » Et dans un autre endroit
oo
En mn ne
(a) Gicer. de Nat. Deor., 1. 3, 0. 23.
| ET DE SES PARTIES. 429 ‘al dit encore : « Quelqnes-uns prétendent qu’il y à eu un Bacchus beaucoup plus ancien que celui des Grecs. et qui naquit de Jupiter ei de Proserpine. Certains auteurs lui donnent le nom de Sabazins : on ne lui offre des sacrifices que la nuit; ce fut lui qui attela les bœufs à la charrue , et facilita les semailles. » Les Chinois ont aussi leur Chin-nong, prince à tête de bœuf et aux yeux de serpent, qui inventa la charrue : c'est l'Osiris Égypen aux cornes de taureau qui inventa aussi le labourage. Ce fils du serpent et de Proserpine est le taureau céleste, mais considéré à son lever d'automne » époque du labourage et des semailles qui se faisaient, nous dit Plutarque, an lever des pleïades lorsqu'on pleurait la disparition de Proserpine, ou, suivant nous , Au coucher de la couronne et du serpent. Le taureau alors passait dans l'hémisphère obscur , ei la pleine lune des semailles arrivait dans ce signe ; aussi il portait le nom de Nyctileus ou de Bacchus nocturne. On le fétait la nuit, et un bœuf noir était son symbole. Ses rapports à la terre et aux semailles lui firent aussi donner le nom de “htonios ou de terrestre, comme à Proserpine et à Pluton. Cet aspect avec la couronne ou avee Proserpine en automne était marqué par l’immolation d’un bœuf noir. Les habitans de Cyzique, dit Plutarque (a), immolaient un bœuf noir à Proserpine. Les Égyptiens avaient aussi leur Vénus ténébreuse dont une vache noire était le symbole, et ils lui donnaient le nom d’athor. On la promenait en Égypte dans le deuil de la mort d’Osiris, et dans le temps où, suivant Platarque , on pleurait en Béotie ia disparition de Proserpine.
D RE nt
(a) Plut, vit4 Luculii.
Nonnus dit précisément que Jupiter s'était métamorphosé en serpent lorsqu'il féconda Proserpine et qu'il la rendit mère de Bacchus Zagreus ou de l’ancien Bacchus (a), et la position du ciel que le vieux Astrée établit au moment de cette conjonction est celle que nous donne le globe à l'instant du coucher de la couronne, et sur laquelle nous établissons toute notre théorie de l'enlèvement ou de la disparition de Proserpine. Voici quel est l’état de la sphère au coucher héliaque de la constellation de la couronne et du serpent qui l'accompagne. À l'horizon oriental est le taureau céleste, signe consacré à la planète de Vénus ; au méridien, le verseau consacré à Saturne ; à l'horizon occidental , le scorpion.
consacré à la planète de Mars; et au méridien inférieur
le lion, signe consacré au soleil. Voilà les quatre points cardinaux des déterminations astrologiques, ou ceux que . l’on observait en tirant l’horoscope ; et ce sont ici les signes des quatre planètes qu'Astrée considère pour fixer le moment où le ravisseur de Proserpine trompera la vigilance de Cérès.
Le poëte suppose d’ IBiE que Jupiter médite de donner naissance à un nouveau Bacchus, qui soit l'image de l’ancien Bacchus tauriforme ; du Bacchus zagreus , fils de Jupiter serpent et de Proserpine. À cette: occasion , il peint la jeune Proserpine sous les traits les plus charmans et inspirant l'amour à tous les Dieux. Jupiter surtout, est épris de ses charmes , et la préfère à toutes les Diese Cérès alarmée et craignant pour l'honneur de sa fille, va consulter le devin Astrée, oc-
cupé à tracer des figures astrologiques. Le jeune Lucifer
(a) Nonn. Diouys., 1,6, v. 74.
annonce la Déesse : l’astrologue va au-devant d'elle , et son fils Hespérus les introduit dans un appartement où les vents, fils d’Astrée, lui présentent le nectar qu’elle accepte avec peine. Après le festin Cérès consulte Astrée, qui fait apporter par Astérion son globe céleste. Il le fait mouvoir sur son axe, et porte ses yeux sur le zodiaque Pour y considérer les aspects des planètes et des fixes. Si à la place des planètes qu'il désignés les seules qui entrent dansson horoscope , et dont il était aussi difficile à Nonnus qu’à nous de fixer la position au moment du rapt de Proserpine , on substitue les signes des planètes qui ont une place constante et des rapporis connus, et que Nonnus lui-même, quelques vers plus loin , distribue comme nous dans le zodiaque , on a l’état du ciel en automne , au coucher héliaque de la couronne , à la pleine lune du taureau. Le scorpion, signe consacré à Mars, est au couchant en aspect avec le taureau de Vénus , et il a à côté de lui, un peu au-dessus, le serpent céleste dont Jupiter prend la forme pour obtenir les faveurs de la belle Persephone, qui se couche avec lui. Le poëte désigne par centrum subterraneum le méridien inférieur , occupé par le signe du lion, qui était consacré au soleil ; comme le reconnait lui-même Nonnus, lorsqu'il nous peint Jupiter rétablissant l'harmonie des cieux après l'incendie et le déluge de l'Univers (a).
IL place Mars au scorpion, en aspect avec le taureau siége de Vénus, et il le met au couchant dans son horoscope, place qu’occupe effectivement alors le scorpion céleste. | ;
Le poëte place Saturne au capricorne ; maïs on sait SE ee SP ON SUISSE
(a) Nonn. Dionys., 1.6, v. 233.
452 DE LA SPIIÈRE
que la série recommence ensuite, et qu'il préside égale-
ment au verseau; et l'épithète d’aquosus où d’imbrifer
qu'il donne dans son horoscope à Saturne, convient
bien à ce signe, et désigne la maison de Saturne, par où passe le méridien.
Enfin , la circonstance du serpent céleste qui se trouve au couchant avec Mars ou avec le scorpion, fixe incontestablement la position du ciel, et un coucher ou concubitus Serpentis et persephones. Aussi dans les monumens anciens qui représentent l'enlèvement de cette Déesse, on voit un serpent sous les pieds des chevaux, symbole visible du serpent céleste (a).
Le poëte continue son récit, et nous dit que Cérès, alarmée de cette réponse , attèle ses dragons à son char ; qu’elle s'en va avec sa fille vers la mer Adriatique et jusqu'en Sicile; que là elle cache sa fille dans un: antre, et qu’elle en confie la garde à ses dragons. Il est aisé de voir, par l'inspection d’un globe, que la Cérès cé-leste ne se lève jamais sans ses dragons. L’hydre de Lerne, placée à côté d'elle, précède son char et l’accompagne toujours , monte sur l'horizon, et finit de se coucher avec elle. Le serpent d’Ophiucus suit de près son lever et son coucher.
On nous peint ensuite la jeune Perseplione, qui file et brode dans sa retraite , lorsque Jupiter, se métamorphosant en serpent, assoupit ses-gardiens , et pénétrant dans ce sombre asile, la rend mère de Jupiter zagreus aux cornes de taureau.
Ce Dieu ne vécut pas long-temps, et fut mis en pièces
par les Titans : mais dans ce court espace de vie, il subit
(a; Ant. Expliq., t, 1, part, 1 , p.38.
diverses métamorphoses, tantôt portant l'égide de Jupiter, taniôt prenant la forme de l'enfant, tantôt celle - du vieillard , tantôt rugissant sous la figure du lion, tan- | tôt hennissant sous celle du cheval » tantôt sifilant sous la forme tortueuse du serpent, tantôt tigre furieux, souvent taureau indomptable, c’est-à-dire , en un mot, subissant toutes les métamorphoses qu'éprouvait l’ame du monde dans sa circulation périodique à travers les fixes , dont ses statues symboliques empruntaient les formes variées qu'on lui donnait dans les diverses saisons.
Tels étaient les dogmes théologiques qu’on enseignait dans les mystères de Bacchus, de Cérès et de Proserpine , dont toutes les fables sacrées contenaient des allégories relatives à l’action de l’ame du monde et à son influence sur la Nature et la végétation , et aux voyages des ames.
Il en était de même des symboles mystérieux qu'on y employait, tels que le serpent d’or qu’on faisait couler dans le sein des initiés, et qu'on xetirait par en bas ; cérémonie dont il est aisé actuellement d'apercevoir le but allégorique. |
Tel est le nom d'Heva ou d'Evan qu'on répétait dans ces mystères, et qui signifie serpent femelle » Comme le remarque trés-bien Clément d'Alexandrie (a). Clément ajoute que Îes pommes faisaient parte des atiributs symboliques exposés dans les mysières , et il cite pour preuve un vers d’Orphée, qui le prouve en effet. Ce monument que nous venons d'expliquer est dans Mont-
faucon (8).
er er er
(a) Ciem. Alex. Protrept., p. 4. — (b) Antiq. Expliq., t. 1, pl 0, dé: 3.