‹ Origine de tous les cultes, ou religion universelle (volume 2)Chapitre 68 sur 97 · TOME VI · texte numérisé non relu

TOME VI

C'est par cette constellation que nous avons expliqué la fable de Jason dont elle porta aussi le nom (a), ainsi que celle de Cadmus. | |

Quant à celle de Tantale, je n’ai qu'une observation à faire; c’est que toutes les fois que le serpentaire monte à l’orient, le fleuve d'Orion qu'il aperçoit au couchant, se cache, et que, quand il se couche lui-même, le mème fleuve reparaît à lorient , en sorte que ce fleuve etlui semblent éternellement se chercher et se fuir. Voilà, je crois, l’origine de la fiction sur le supplice de Taniale. Ce prince régnait en Lydie (b), pays fameux par le culte d’Aiys ou de l’Esmun phénicien, dont le culte a été rapporté plus haut à celui du serpentaire (c).

Les Arabes nomment le serpentaire alhauwa (d), al-häwi, et par corruption on fit al-hangue (e) et alhague , à moins que ce ne soit l’article arabe, al, uni au mot anguis, en latin, lequel signifie serpent, On en fit aussi azalange : les Turcs disent yilange (f) et alyilange; d’autres al-ange, ceux-ci al-haure (g).

La brillante de la tête du serpentaire s'appelle al-raï, le berger, rés al-hauwa, la tête du serpentaire ; la précédente de l'épaule droite, chelb al-raï(h), le chien du berger. On appelle aussi la brillante de la tête, résalhague (1), räsalangue (j ).

La plus boréale de la main se nomme yed (4).

Les Grecs appellent le serpentaire en général Ophiu-

(a) Cæs. c. 13, p. 146. — (db) Strab., 1, v, ©. 58. — (c) Ci-dessus , t, 2. — (d) Hyd. Comm. Ulugbeigh. Comm. Alfrag., p. 106. — (e) Alph. tab. 219. Scalig., p. 333. Ricc., p. 125. —(f) Hyd. ibid. — (g)Stofil., ©. 14—(h) Omar, 1.3, c. 19.—(i) Ulugbeigh, p. 4o.—(j) Ricciol, p: 128. Bay. , tab. 15. Scalig., p. 433. — (4) Tab. Alph., p. 219.

ET DE SES PARTIES. 451x chus (a). Xs lui donnent l'épithète d'aigléis (b) et de mogeros (c), aglaopès (d), aïglaer et aiglétos (En

Les Latins le nomment anguifer, anguitenens, serpents lator, effwminatus, ophiulchus , ophiultus, serpentis præses, Cæsius, Glaucus. On l'appelle aussi Cadmus, Jason, Æsacus, Laocoon, Aristœus Cf).

La sphère des Maures ÿ peint une cigogne on grue placée sur un serpent (g). Il semble que ce soit l'ibis des Égyptiens combattant ce serpent. La grue est un animal qui fuit les froids d'automne et d'hiver, dit Élien (2) ; elle retourne en Thrace au printemps.

Columelle marque au 11 des calendes de juillet le coucher du matin d’'Ophiucus, avec annonce de tempête (i). Ovide le fixe au même jour, et raconte à cetté occasion la résurrection d'Hippolyte par Esculape (j). Le serpentaire appuie son pied droit sur le dos du sCOr< pion, et le gauche sur l'œil de cet animal. Théon prétend qu'il n’en a qu’un visible, et que l’autre est caché (4); ce qui s’accorde avec la fiction sur Jason , laquelle suppose qu’il avait un pied chaussé et l’autre nu.

On trouve dans Théon (1) la description du serpentaire, et sa position relativement aux cerclés de la sphère et aux fixes avec lesquelles il se lève ou se couche. IL se couche, dit-il , au lever du cancer, et cela depuis les genoux jusqu'aux épaules, avec son serpent caché jusqu'au cou. Au lever du scorpion se lève sa tête, et ses

nee à LEE pres (a) Ricciol., p. 128. — (b) Arat., v. 76. Hipp.,L1 , C. 2. Theon, p. 116. — (c) Nonn. 1. 1, v. 243. — (d) Arat., v. 577 — (e) Hesych. — (f) Cæs., ©. 13, p. 146. Bay., t. 15. Ricciol., p. 126. — (g) Cæs., ibid. Bay. , ibid. — (4) AËlian. de Animal. ob or:l. 3, c 13. Oppian., 1. 5, v. 530.—(i) Columell. , 1. 11,C.2,p. 4a7.— (j) Ovid. Fast, L 9, v. 735. — (k) Theon, p. 116. — (2) C, 2.

mains paraissent avec une partie du serpent. Au lever du sagittaire, tout son corps est levé avec les replis de la queue du serpent. Hygin le fait coucher avec le lever des gémeaux, du cancer et du lion; et lever avec le scorpion et le sagittaire (a).

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