‹ Origine de tous les cultes, ou religion universelle (volume 2)Chapitre 71 sur 97 · XVII. L'AIGLE · texte numérisé non relu

XVII. L'AIGLE

Tous les auteurs anciens s'accordent à voir dans cette constellation , l'oiseau de Jupiter (7), l'aigle qui ravit Ganymède fils de Tros, et qui l’emporta aux cieux pour

Ÿ À à 5 IL y remplir la fonction d’échanson des Dieux (4). Nous avons déjà parlé de cet enlèvement à l’article du ver-

(a)'Alphons., p. 217. —(b) RES , P. 125-106. Bay., tab. 0. — (c) Scalig., p. 432. — (d) Bay ; tab. 9. — (e) Hesych., — (f) Germ.,

p. 7. Hipp.,L1,c.2;l2,c. 24. — (g) Arat., v. 295. — (h) Cæs., c. 20, p. 201.— (à) Kirk. , ta, p. 197. — (j) Ovid. Fast., 15,532 LG, v. 106. — (k) Hyg., LL. 2, c. 17. Germ. , c. 29. Erat., c. 30.

seau , Ganymède , que cet aigle précède toujours dans son lever, et qu'il semble enlever aux cieux.

On donne aussi une autre cause de cette consécration

de l'aigle parmi les constellations (a). On raconte que, lorsque les Dieux se partagèrent enire eux les différens oiseaux, Jupiterghoisit l'aigle. C’est le seul oiseau qui

dirige son vol en face du soleil, qui n’en redoute point

les rayons et ui exerce sur tous les astres le même em pire qu’exerce Jupiter sur les Dieux , et le lion sur les

quadrupèdes , lequel est affecté aussi À Jupiter dans la

distribution des douze signes entre les douze grands

Dieux. Il est peint les ailes étendues comme s’il volait. Aussi lappelle-t-on vultur volans , au lieu que Île vautour se nomme vullur cadens (b). I est représenté le bec tourné vers le soleil levant (c); son aile gauche s’étend près de la tête d'Ophiucus. Son corps est séparé du bec par le colure des solstices ou par le cercle qui va du cancer au capricorne (d) ; le milieu du corps est coupé par la voie lactée, L’aigle se couche au lever du lion (e) dont il est paranatellon. Ainsi le lion et l'aigle tiennent au domicile du soleil et au signe affecté à Jupiter. se lève avec le Capricorne.

Aglaosthène , qui écrivit l’histoire de Naxe, dit que Jupiter, ayant été enlevé de la Crète » fut porté à Naxe où il futnourri, Arrivé à l’âge viril, il voulut fairela guerre aux Titans ; et avant de les attaquer , ayant fait un sa-

; l'aigle

crifice , un aïgle vint lui donner les augures les plus favorables. Ce Dieu, en reconnaissance » placa cet aigle aux cieux (f). Germanicus ajoute à ce récit quelques cir-

A Te LT I ET TT NE (a) Eratosth , ibid. — (b) Cæs., e. 16-19. — (c) Germ., c. 29. — (d) Hyg.,13,e. 15. — (e)Theon , p. 167. — (P) Hyg., La, c. jee TOME Vi. 30

constances qui diffèrent un peu (a). Il suppose que Jupiter lui-même s'était métamorphosé en aigle, lorsqu'il passa à Naxe, où il avait été nourri ; et qu'étant sorti de Naxe pour aller combattre les Titans , un aigle lui avait apparu au moment où il faisait un sacrifice , et lui avait apporté ses foudres ; que le Dieu, sensible à cet heureux | augure , avait pris cet oiseau sous Sa protection. Eratosthène dit (b) que l'aigle s'était associé aux combats de Jupiter, et que ce Dieu en avait fait son oiseau sacré qu'il avait figuré aux cieux.

Quelques auteurs (c) racontent qu'un certain Mérope régnait sur l'ile de Cos, ainsi appelée du nom.de sa fille , comme les habitans s'appelaient Méropes, du sien. Ii avait pour femme Étheméa, du sang des nymphes , laquelle ayant négligé de sacrifier à Diane , fut percée des traits de éette Déesse. Proserpine l’entraîna encore vivante dans son empire. Son époux désolé ne cherchait qu'à mourir. Junon, sensible à son malheur, le métamorphosa en aigle et le plaça aux cieux. Elle ne voulut point lui conserver la forme humaine, dans la crainte qu'il ne continuât à s’afiliger de la perte de son épouse.

Enfin il est des auteurs (d) qui disent que Mercure, suivant d’autres, Anaplas, épris de la beauté de Vénus et désespérant d'obtenir ses faveurs, était tombé dans l'abattement et le désespoir. Jupiter, sensible à sa douleur, envoya son aigle enlever la pantoufle de la Déesse au moment où elle se baïgnait dans les eaux de l’Acheloüs. L'oiseau exécuta le message, et porta la pantoufle à Mercure en Égypte. La Déesse, qui suivit l'oiseau,

oo

(a) Germ., c. 29. — (b) Eratost., c. 30, — (e) Germ., ©. 17: — (d) Hyg., ibid.

tomba ainsi dans les filets de son amant, qui fut heureux, et qui, par reconnaissance, placa l'aigle aux cieux. Voilà à peu près les fictions qui ont été faites sur cette constellation.

La brillante de l'aigle s'appelle al-nesr-al-tatr dans Ulugbeigh (a) : on en à fait atair et altair, alcar , alcair (b).

Celle de la queue, danab-al-oktb.

Le nom de la constellation est okab, l'aigle noir, melainaetos, aquila leporaria et al-hakkab (c}.

Les Perses nomment cet oiseau aluh ; les Turcs, thaushaugül (d).

Nesr-al-tair signifie vuliur volans (e). Le peuple nomme cette constellation le faucon, shähin tard-zed ; les Perses , gherghè ; les Turcs, ak-baba ; les Hébreux, neschr (f). | :

Elle porte aussi les noms d'agor, d’aigypton (sg)

Aratus l’appelle aëtos , qui est le nom de l'aigle chez les Grecs (A); et aétés (1), le grand messager de Jupiter (j). | l |

Voici les noms que lui donne Blaeü (k) : J'ovis ales, Jovis nutrix, Jovis armiger , satelles et internuncia fulminis , raptrix Ganymedis, fulminis munister, ais ro= mana, aquila Promethei (1), vultur volans, cnéceios , avium regina, basanos, tormentum , exploratio, cruciatus, instrumentum exploratorium , basanisies, explo-

(a) Ulugbeigh. — (b) Bay., tab. 16. Ricciol., P. 126. Scalig., p. 434. —(c) Comm. Alfrag. , p. 106.—(d) Hyd. Comm. » P+ 24-25.—(e) Alph., tab. , p. 220. — (f) Kirk. Œdip.,t,2, part. 2, P: 197. — (g) Hesych. —(h) Arat., v. 315.—(i) V. 313.—{(j) V. 523. Theon, p. 158.—(x) Cæs., c. 16, p. 174-196. — (1) Tatian., p. 149. |

à ( 463 - DE LA SPHÈRE

rator, tortor Promethei; en arabe, alcar, alcair, atayr, altayro , alhak-kab. | | On sème, dit Columelle (a), depuis les calendes d’octobre jusqu’au lever de l'aigle, qui arrive au 7 des ides de décembre.

Le même auteur (b) fixe aux calendes de juin et au 4 des nones un lever de l'aigle, accompagné de tempète, de vent, ct quelquefois de pluies. Il marque pour le 6 des calendes d’août (c) un coucher de l'aigle, avec indication de tempête. Il fixe au 7 des ides de décembre (d) un lever du matin de l'aigle, avec cette annonce : Vent d'Afrique, auster, petite pluie. | Il marque (e) au 4 des calendes de janvier un coucher du soir de l'aigle, c’est-à-dire , le surlendemain de notre fête de Saint-Jean d'hiver, qui a l'aigle pour attribut. Pline regarde le jour du lever de l'aigle comme d’une funeste influence ( f).

KVIIT. LA TrÉCEE.

Ox dit que la flèche constellation est une des flèches dont se servit Hercule pour tuer le vautour qui dévorait le foie de Prométhée. Hygin (g), qui nous a conservé

cette tradition , entre à cet égard dans quelques détailsa .

Il nous dit que les anciens étaient dans l’usage de saCrIfier aux Dieux avec beaucoup de magnificence et d’appareil, et qu'ils consumaient dans les flammes les chairs

à oo mr

(a) Columell., 1. 2, c. 10, p: 108. — (b)L. 11, c. 2, p. 427. —

(c) P. 428. — (d) P. 424. — (e) P. 435. — (f) Salm. Ann. Clim., p. 6.

— (g) Hyg., 2, ©. 16.

Le.

ET DE SES PARTIES, 469 de toutes les victimes. Cette manière de sacrifier était dispendieuse, et les pauvres ne pouvaient suffire à d'aussi grandes .dépenses. Prométhée, connu par la supériorité de son génie, qui fut telle qu'il vint à bout de former un homme et de l’animer, demanda à Jupiter qu'on eût . Ja liberté de ne brûler qu'une partie des chairs des victimes , et qu'on püt ne le reste à son usage personnel ; ce qui a passé ensuite en usage. Lorsqu'il en eut En la permission , il immola deux taureaux , dont il déposa les entrailles sur un autel ; et, rassemblant le reste des chairs, il les côuvrit de la peau des taureaux. Îl en fit autant des os qu’il couvrit @e l’autre péau ; et alors il proposa à Jupiter de faire choix de l’un où de l’autre pour être brülé. Jupiter, qui n'était pas sans doute des plus éclairés sur les desseins des mortels , et dont la suprème prévoyance était souvent en défaut, prit les os et laissa les chairs. Le Dieu, ayant appris dans Ja suite qu’on l'avait trompé, se fàcha et retira aux hommes lé feu afin que Prométhée n acquit pas parmi les mortels plus de considération que les Dieux, et que la chair des animaux leur devint inutile des qu'ils ne pourraient plus la faire cuire. Mais Prométhée, toujours fécond en artifices , s’occupa des moyens de rendre aux mortels le feu que le maitre des Dieux venait de leur ôter. En conséquence, il s’'approcha du lieu où était en dépôt le feu de Jupiter ; il en saisit quelques parcelles qu'il mit sur la plante appelée ferula, et, joyeux de sa conquête, il fuit aussitôt, non pas en courant, mais en volant en même temps qu'il agitait sa 'blante, afin d'entretenir l’activité de l’air et d'empêcher son feu de s’éteindre. Pour perpétuer le souvenir de cet événement on a établi des courses dans lesquelles on secoue des

lambeaux avec une extrême rapidité. Jupiter, de som côté, donna aux mortels une femme nommée Pandore, formée par Vulcain, et que les Dieux avaient ornée de toutes sortes de qualités et comblée de leurs présens. Îl attacha ensuite sur les rochers du Caucase, avee des chaînes de fer, Prométhée, qui y resta ainsi enchaîné pendant trente mille ans ; et il plaça à ses côtés un vautour qui rongeail son foie , lequel toutes les nuits se reproduisait ie ses blessures. Quelques-uns disent que ce vautour on cet aigle était né de Typhon et d’ Échidna ; d'autres , de la terre et du Tartare. Le plus grand nombre le fait fabriquer par Vulcain et animer par Jupiter. Voici comment Prométhée en fut délivré.

On rapporte que Jupiter étant devenu amoureux de Thétis sans pouvoir obtenir ses faveurs, et continuant toujours ses poursuites, les parques annoncèrent que l'époux de Thétis aurait un fils qui serait plus puissant et plus célèbre que son père.

Prométhée, que ses douleurs tenaient toujours éveillé, entendit la conversation des parques et en fit part à Jupiter qui craïgnit, en suivant plus long-temps ses amours pour Thétis, d'en avoir un fils qui fit à son égard ce que lui-même avait fait à Saturne son père, et qui le chassät de son trône. Il crut devoir marquer à Prométhée sa reconnaissance en brisant ses liens ; mais en même temps, pour ne pas violer le serment qu'il avait fait que Prométhée serait toujours enchaîné, il voulut. qu'il portât à son doigt un anneau de fer et un peu de la pierre à laquelle # avait été attaché. C’est pour perpétuer ce souvenir que dans la suite les autres hommes ont porté de semblables anneaux. Quelques-uns mème pré- :

tendent qu'il porta aussi une couronne; el que c'est:

depuis cetie époque que les hommes portent des couronnes en signe de joie dans la victoiré, ét dans les repas et les fêtes. On remarquera que Prométhée, ou lIngéniculus qui porte ce nom, est placé aux cieux entre la couronne et le vautour. Quant au vautour, on dit qu'Hercule , chargé par Eurysthée d'aller cueillir des pommes au jardin des Hespérides , gardé par le dragon céleste placé près du vautour, se trompa de chemin et arriva au Caucase. Là il trouva Prométhéé enchaîné qui Jui indiqua sa route. Ce héros, après la conquête des pommes , revint trouver Prométhée et le délivra de ses chaînes en reconnaissance du service qu'il lui avait rendu. L'aigle fut tué, et on mit sur les autels des Dieux, depuis ce temps-là, les entrailles des victimés, où on les brûle, comme pour apaiser les Dieux, én leur donnant les entrailles, puisqu'ils avaient paru avides de celles de Prométhée.

D'autres auteurs, tels qu'Eratosthène (a), prétendent

que cette flèche est célle dont fit usage Apollon poue tuer les cyelopes qui avaient forgé la foudre dont s'était servi Jupiter pour tuer Esculape ou le sérpeñtaire, que suit la flèche à son coucher. On ajoute qu’Apollon avait caché cette flèche chez les Hyperboréens ; dans son temple formé d'ailes. On dit qu’elle fut d’abord portée à Apollon dans le temps où Jupiter lui pardonna le meurtre de ses cyclopes, et l'affranchit de l'esclavage où il était réduit éhez Admète. Il paraît que cette fléche fut aussi portée à travers les airs par le vent avec les présens de Cérès, qui venaient de naître; elle était énormément grande. Apollon la plaça aux cieux pour être un monu-

(a) Hygin, 1bid. Germ., c. 29. Eratosth. , c. 20,

ment de sa victoire sur les cyclopes. L’aigle semble la tenir dans ses serres (a). Elle est placée entre le tropique et l'équateur, et partagée par le colure qui va du cancer au capricorne. Elle touche près de l'épaule Oplhiucus ou le fameux Esculape. Elle se couche au lever dé la vierge Cérès, et se lève avec le scorpion, suivant Hygin (b) qui lui compte quatre étoiles. Alfragan lui en donne cinq (c), et il la nomme afsohan (d) ; d’autres alahance, Satan, muscator, musator (e), dæmon, schaam (f); sahm , alsahm chezles Arabes; chez les Hébreux chets (g) ; chez les Turcs orfercalem (h) , obelus , jaculum , telum , canna , arundo , calamus, virga, missile, vectis vel fossorium ; missore, musator ; chez les Arméniens , tigris. D'autres la nomment temo meridianus , Virgula jacens ; les Arabes alahance , alahanze, alchanzato , alsoham , istusc , feluco (à).

Les Grecs la nomment oistos (j). Les Latins telum (k).

Columelle (7) fixe au crépuscule du 8 des calendes de mars le commencement du lever de la flèche; il marque temps variable pour ce jour. Là commencent les jours des alcyons , et l’on jouit d’un calme profond dans la

Mér-At]l antique.

(a) Germ., c. 29. —(b) Hyg., L 3, ©. 14. — (c) Alfrag., c. 22.— (d) Comm. , p. 106. — (e) Scalig. , p. 434 — (f) Kirk. OEdip., p. 195. — (8) Hyd., p. 24. — (h) Ricciol., p. 227. —(i) Cæs., c: 18, p. 187.

Bay., tab. 15. (j) Hipp., 1,0. 29. — (k) Auson. — (7) Colmell. , k i5, 0. 2:

ET DE SES PARTIES. 473 XIX. Le paurriw.

On rapporte que Neptune recherchant en mariage Amphitrite , celle-ci, qui voulait conserver sa virginité, se réfugia près d’Atlas où elle se cacha comme les autres héréides. Neptune envoya plusieurs émissaires pour l’y chercher, entre autres un certain dauphin qui, après avoir parcouru plusieurs îles et cherché long - temps à l’entour d’Atlas, découvrit la belle Amphitrite. J1 la détermina à épouser Neptune , et arrangea tout ce qui était nécessaire au mariage. En.reconnaissance de ce service j son image fut placée aux cieux ; il obtint lui - même les plus grands honneurs parmi les habitans des mers (a); et Neptune voulut qu’il lui fât consacré. Aussi ceux qui élèvent des statues à Neptune peignent-ils à ses pieds un dauphin , ou ils le mettent dans sa main pour annoncer combien il est agréable à ce Dicu., et pour être comme üun monument de la reconnaissance de Neptune. D'autres auteurs le placent aux cieux en honneur d’A- pollon (b) ; et ils en font un animal qui aime la musique, sans doute à cause du nombre des étoiles qui le composent et qui sont en nombre égal à celui des Muses (eo)

Ceux-ci y voient le dauphin qui sauva des eaux le fameux Arion (d). On raconte que cet Arion, excellent musicien, parcourut les différentes îles pour ÿ exercer son talent , et amasser des richesses. Ceux qui l’accompagnaiïent sur le vaisseau , les uns disent les matelots : d'autres ses esclaves, avides de ses dépouilles , et vou-

RÉ RR PE. NE er TE pi oc

(a) Ératosth., ce. 31. German. , c. 30. Hyg., c. 18. Theon, p. 139. — (8) Ibid. — (c) Eratosth., ibid. German., ibid, — (d) 'Fheon, ibid. Hygin , ibid. |

lant se partager entre eux ses trésors, formèrent le projet de le jeter dans la mer. Arion, ayant connu leur dessein, leur demanda, non pas du ton d’un maître qui parle à ses esclaves, mais comme un innocent qui parle à des scélérats , comme un père à ses enfans, qu'il lui fût au moins permis de se revêtir de ses plus riches habits , et de célébrer lui-même d’avance ses funérailles. Ayant obtenu ce qu’il demandait , il se mit à chanter des airs funèbres au sujet de sa mort. Ses sons harmonieux touchèrent les. dauphins qui accoururent de toutes parts pour entendre ses chants. Alors Arion, après avoir invoqué le secours. des Dieux, se précipita dans les eaux au milieu d'eux. Un de ces dauphins le reçut sur son dos, et le porta ‘ainsi jusqu'au cap Ténare où l’on voit encore la statue d’Arion avec son dauphin dont l’image fut placée aux cieux. Les esclaves qui croyaient s’être affranchis de la: servitude par cette perfidie , abordant au cap Ténare, y retrouvèrent leur maître qui les purit du dernier supplice. Germanicus César rapporte cette aventure à l’article d’Orion (a) qu'il prétend être le célèbre Arion, comme nous le verrons bientôt.

Il est encore une tradition sur ce dauphin ; c’est celle: que nous avons déjà expliquée dans le poëme de Nonnus, où il s’agit de Jupiter enfant enlevé par des pirates toscans (b); elle est aussi rapportée par Hygin, d'après Aglaosthène qui avait écrit l’histoire de Naxe. Get auteur racontait que des matelots toscans reçurent sur leur bord Bacchus enfant, qu'ils devaient conduire à Naxe avec ses compagnons, et le rendre aux nymphes, ses nourrices. Pendant le trajet, ces matelots, séduits par

ee mr stats tnt nanortir ati ss tirtottrrnb retirée ahaetsit pates cts omntittte er

(a) German., 6. 31. — (b) Ci-dess., t. 2.

l’appt du gain , voulurent conduire ailleurs le vaisseau. Bacchus , ayant soupçonné leur dessein , ordonne à ses compagnons de jouer des airs de musique et de chanter. Les Tosçcans, charmés de ces accords , se mirent à danser, et, dans l'ivresse de leur joie, ils se précipitèrent dans la mer sans le savoir , et ils y furent métamorpho- sés en dauphins. Bacchus, voulant perpétuer le souvenir de cet événement , a placé aux cieux l’image d’un de ces dauphins. Hygin raconte ailleurs ce fait avec quelques circonstances diflérentes (a). I! suppose que ces Voscans étaient pirates de profession ; qu'ayant recu sur leur bord Bacchus , jeune enfant, qui les priait de le conduire à Naxe , ils avaient été séduits par ses charmes, et avaient voulu jouir de la fleur de$a jeunesse ; que le pilote Acetès, ayant cherché à les en détourner , avait été maltraité par eux ; qu’alors Bacchus, voyant qu'ils persistaient dans leur dessein, changea les rames en thyrses entortillés de pampres , les cordages en lierre : que des lionset des panthères s’élancèrent de toutes parts contre eux; et que les pirates effrayés sautèrent dans la mer où ils furent métamorphosés en dauphins. C’est de là qu'ils ont pris le nom de dauphins tyrrhéniens , et la mer de mer tyrrhénienne. Ils étaient douze dont voici les noms : Ethalion, Medon, Lycabas, Libys , Opheltès, Melanthus, Alcimedon, Epopeus , Dictys, Simon , Proteus et Acetès. C'est ce dernier que sanva Bacchus.

(vide a raconté les mêmes aventures mythologiques dans ses Métamorphoses (b) et dans ses Fastes (c). Dans ses Métamorphoses , il parle de l’ontrage fait à Bacchus

(a) Hygin, Fab. 134. — (b) Ovid. Metam., 1. 5, v. 605-696. — (c) Satur. , 1, 2, v. 80.

par les pirates toscans ; et dans ses Fastes , de l’aventure d’Arion et des noces d’Amphitrite. Hygin rapporte aussi dans ses Fables (a) l'aventure d’Arion avec quelques circonstances différentes , et dont le résultat est toujours qu'Apollon, charmé des talens d’Arion , l'avait placé lui et son dauphin aux cieux. Cés variantes se retrouveront dans l’histoire d’Arion, rapportée à l’article Orion , tiré de Germanicus qui place Orion ou Arion aux cieux avec son dauphin (b). Théon dit aussi que ce dauphin fut mis au nombre des constellations pour avoir porté Arion sur le rivage (c). Il est placé aux cieux près de l’aigle , il touche de l'extrémité | de sa queue le cercle équinoxial. Sa tête touche presque. le nez du cheval Pégase , fils de Neptune , auquel il est consacré. Ilse couche après le lever de la tête de la vierge, et se lève avec les derniers degrés du sagittaire. Il a la Îorme rhomboïde(d). L'étoile du milieu du rhombe, Lycatès , se lève avec le soleil , la veille des ides de décembre. Columelle marque au 3 des calendes de février le commencement du coucher du dauphin (e). C'est au 3 des nones qu'Ovide fixe son coucher total (f). Columelle marque aux 1des de juin (g) un lever du soir du dauphin, accompagné du souffle du favonius et de petite pluie. Ovide fixe un lever achronique du dauphin le 5 des ides de juin, et un autre au 13 des calendes de juillet, à l’entrée du soleil au cancer (A), le lendemain du lever d'Orion. C’est cette circonstance qui a donné lieu à la fable d'Orion ou d’Arion , et de son dauphin.

(a) Hygin, Fab. 194. — (b) Germ., c. 31. — (c) Tbeon , p. 139. — (d) Hipp., La, c. 2. —({e) Columell., t. 11,0. 2,p. {ar — (f) Ovid. Fast., 12, v. 80. — (s) Columell., p. 427. — (h) Ovid. Fast., l. 6, V. 471-720.

: Columelle (a) marque aux ides d’août un coucher du dauphin, accompagné de tempête; au dix-neuf des calendes de septembre, un coucher du matin du même dauphin , également avec tempête. Le même auteur fixe (b) au six des calendes de janvier le commencement du lever du dauphin, au matin, avec tempête.

Varron (c) prétend que le meilleur temps de concevoir pour les vaches, est depuis le lever du dauphin.

Les Arabes nomment le dauphin al-dulphin ou aldelphin. (d). La queue du dauphin s'appelle dans Ulugbeigh danab al-dulphin (e). On le nomme ieros ichtys, le poisson sacré; l'animal musicien, Simon (f), animal repandi rostri, piscium rex, kermippus , curvus, Triton, Æpollo (g).

En grec, delphis (h) , le lion marin (&).

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