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498 DE LA SPHÈRE l'histoire merveilleuse d’Orion n’était qu'un roman àstronomique qui avait pour base les positions respectives d'Oriou à l'égard des pléïades qu’il poUFSUIt et du scor- PRE céleste qui se lève à son coucher, et qui paraît le tuer. Après avoir expliqué cette fiction comme je fais ici, et cela il y a plus de seïze ans, je dis, comme Énée dans Virgile : £t crimine ab uno disce omnes. En voilà une ; maïs est-elle la seulé? Je crus qu'ayant pris sur ce fait le génie dés mystagogues et des prêtres allégoristes, je ne devais pas en rester là. J’essayai cette méthode nouvelle sur le cocher céleste , Phaëton, qui périt de la morsure du même scorpion, et j'obtins des résultats simples et satisfaisans. Dès-lors je conclus que j'avais découvert une mine nouvelle, et jé ne m'occupai plus que des moyens de l'exploiter. Trois mois environ aprés ce premier éssai, je rencontrai sur ma routé le fameux passage de Chérémon , qui fait la base dé tout mon travail. Je ne doutai plus dés-lors qué je n'eusse la clef de l’ancienne mythologie ; et, quoiqu'elle mé parütbien roüillée , je me déterminai à consacrer tous mes travaux et mes veilles au développement d’une idée aussi ancienne et aussi neuve. Je ne tracerai pas ici le cercle des erreurs et des fausses conjéctures que j'ai parcouru pendant les premières années. Il me suffit de dire que rien ne m'a rebüuté, que j'ai fait tous les sacrifices de mes premières idées au besoin de connaître la vérité, et que j'ai abandonné des explications ingénieuses quand je me suis aperçu qu'elles n'étaient qu'ingénieuses, et qu'elles ne se liaïient point, par l’ensemble des explications, au Sysème ‘universel. Le résultat de mes efforts est l'ouvrage que je présente aujourd’hui, lequel, tout imparfait qu'il est, me parait meilleur que tout ce qui a été fait jus-
qu'ici, parce qu'il offre beaucoup de vérités, et qu'il ouvre la route à de nouvelles découvertes. Mais en voilà assez sur moi; revenons à Orion.
Sa proximité des pleïades placées sunle bœuf céleste, ou des filles de Pleïone et d’Atlas, a fait dire (a) qu ayant voyagé avec elles en Béotie, il avait voulu leur faire violence et qu’elles avaient pris la fuite ; qu'Orion les avait poursuivies pendant douze ans sans pouvoir les “joindre : que Jupiter , touché de leur sort, les avait placées aux cieux où elles forment ce qu'on appelle la queue du taureau. C’est pour cela , ajoute Hygin, qu'Orion semble encore les poursuivre vers le couchant.
Les Assyriens (b) voyaient , dans le chasseur Orion, le fameux Nembrod qui fut, dit-on, un grand chasseur devant le Seigneur. Ils lui associaient la constella tion du grand chien, cortége naturel du chasseur. Ils Jui donnaient aussi le nom de Saturne, que porte une des sept planètes. De la race de Cham , disaient-ils : naquit Chus l'Éthiopien , qui fut père de Nr fondateur de Babylone, lequel prit aussi les noms d'Orion et de Saturne. Ce dernier nom est emprunté d'une des sept planètes. |
La Chronique d'Alexandrie en parle à peu près dans les mêmes termes. Du sang de Cham, dit l’auteur de cette Chronique , naquit Chus, qui engendra le géant *Nembrod, qui fonda Babylone. Je remarque ici qu'on appelait aussi Orion le géant, à cause de son immense étendue. |
Les Perses disent qu'il fut placé au nombre des Dieux et parmi les constellations, sous le nom d'Orion.
(a) Hygin, 1. 2, c. 27. — (D) Cedren., p. 14 et 15. a
C’est ce Nembrod, continue la Chronique, qui le premier enseigna aux mortels l’art de la chasse, et à se nourrir de la chair des animaux féroces. C'est lui qui régna le premiér sur les Perses. C’est lui dont il est parlé dans l'Écriture sous (a) le nom de géant et de chasseur , lequel , après le déluge, régna sur les Babyloniens ; qui passa d'Égypte en Assyrie, et habita Ninive bâtie par Assur. Les Assyriens donnérent le nom de /Vinus à Nembrod , qui le premier leur apprit à rendre un culte au feu. Persée, qui se lève héliaquement à l’époque du coucher héliaque d'Orion, à l'équinoxe de printemps, passait pour en’avoir fait autant en Perse. La Chronique ajoute ailleurs (b), que du sang de Ninus naquit Loroastre , fameux chez les Perses par ses connaissances astronomiques, lequel en mourant pria les Dieux de le frapper de leur foudre. Il dit aux Perses avant de mourir : Quand j'aurai été brülé par le feu céleste, ramassez mes 0s et conservez mes cendres. Tant que vous serez fidèles à garder ce dépôt, l'empire ne sortira pas de vos mains. Ayant ensuite invoqué Orion, il fut frappé de la foudre; et les Perses recueïllirent ses cendres qu’ils gardent avec soin.
On lit dans Eusèbe que ce fameux Saturne (c) des Phéniciens est aussi appelé Jsraël; et qu'après sa mort il passa dans la planète de Saturne, celle qui donne ici son nom à Orion, où sont les trois rois que le peuple appelle encore le bäton de Jacob. C'est cet Israël qui, dans un temps de calamité, immola son fils unique qu'il avait eu d’une nymphe du pays, appelée Anobret.
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(a) Cedren., p. 65, — (b) P. 89. — (c) Euseb., Præp. Er, us e. 16. p. 190.
ET DE SES PARTIES. box
Cet Israël Saturne est-il Orion? Est-il le fameux serpentaire , le chrone d'Athénagore dont nous avons souvent parlé ?
Le Syncelle donne à Nembrod le surnom d'Eutychius (a) ou d’'Euéchius; d'autres, suivant Hyde, en font le fameux Ninus (b).
Les Égyptiens l'appelaient Orus ou l'astre d'Orus (c).
Les Latins le nommaient jugula. C'était t particulièrement le nom de celle du milieu des deux étoiles qui sont aux deux épaules (d); d’autres disent qu'il prend ce nom de ce qu'il pat armé d’une épée redoutable (e).
Ils l’appelaient aussi ircola (f), nux juglans (g).
Le vulgaire le nommait aletropodion (h).
On lui donna (x) les épithètes de nimbosus , de thrasus ou d’audax {j), de sublimatus , gigas, fortissimus, furiosus , bellator fortissimus , heros , venator (F).
Les Arabes l’appellent algibbar (1), elgebar, algebar , algebra, algebaro (m), sugia, assugia, asschagio ; les Hébreux, chesil-el-kebar, canis fortis, et bellator fortis (n), almaharrah (o) ; les Juifs, gibbor, Je géant (p);les Arabes, alyjauza et gjebbar ; les Syrien , gavoro; les Chaldéens, niphla, tous noms, dit Hyde (q), qui désignent un géant et un brave. Le vul-
(a) Syacell., p. 37.—(b) Hyd. de vet. Pers. Relig., p: 37.— (c) Plut. de Isid., p. 357. — (d) Varre de Ling. Lat., 1. 6, p. 81. — (e) Isidor. Orig., L 3, c. 47.—(f) German, c. 31.—(&) Stoff., c. 14.—(h) Scalig. Not. ad Manil. Eratosth., c. 2. Uranol. Petav., p. 143. HG Virgil. AEneid. , L 1. — (j) Musaios in Leandr., v. 214. Poet. Græc., p. 5ot. — (k) Cæs., co. 3, p.242. Bay., tab. 35. Ricciol. , p. 126. Stofil., c. 14. Scalig., p. 438. . Alfrag., ©. 22. — (mi Cæs., p. 240. — (n) Kirk. OEdip., t. 2, pars. 2, p. 199. — (0) Ricoiol. Almag., p. 428. —(p) Hyde Comim., p: 44-48. — Hvyd. ibid.
502 DE LA SPHÈRE gaire l'appelle bahadür, le courageux ; les astronomes, gjebbar.
La brillante de la main droite se nomme jed al-gjauza al-jumna ; les trois de la tête s'appellent r&s al-gjebbar, tête du géant ; et hek'a, qui est une des stations de la lune.
L'étoile luisante (a) et rouge de l'épaule droite se nomme rmenkib al-gjauza, jad-al-gjauja aljumna ; celle de l'épaule gauche , a/mirzan-al-gjauza; celle de la poignée de l'épée, saiph-al-gjebbär. La luisante du pied gauche se nomme rigil-al-gjauza al-jusra ; celle qui est sous le genou droit, al-rigil-al-jumma.
L'étoile hek'a-al-gjauza se nomme aussi (b) al:tehat, al-teh'yat, alteh';ya, al-athäphi, et forme la cinquième station de la lune. L'étoile jed al-gjauza se nomme, par altération , beit-algeuse ; le bras se nomme dirà algjauza.
La troisième étoile est almirzam al-nägjid, et alrezûm. Mirzam signifie lion; rezum, rugissant. Les étoiles du baudrier s'appellent, par les Anglais, the golden ward.
La dix-septième et la vingt-cinquième se nomment al tägi et al-dawib. T'agi est le nom de la üare et d’une espèce de voile chez les Perses. Les étoiles vingtsix, vingt-sept, vingt-huit du baudrier, se nomment mintaka-al-gjauza, alnidan ou alnedin, series, ordo, etc.
Phekar-al-gjauza sont les vertèbres du dos d'Orion. Les étoiles vingt-neuf, trente , trente-une, trentedeux, se nomment saiph-al-gjebbar, l'épée du géant.
On les appelle aussi allakat, spicilegium. La trente-
(a) Ulugbeigh, p. r12-118. — (b) Hyd. Comm. ibid.
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ET DE SES PARTIES. bo 3 cinquième est rigul al-gjauza al-jusra , le pied d'Orion. On le nomme encore ri al-gjauz&, pastor Orionis ; al-nägjid. La trente-huitième est rigil al-jumma, le pied droit. Rasalgeuze est aussi le nom de la tête d'Orion et de la cinquième station de la lune (a).
Le peuple donne le nom de bäton de Jacob aux trois rois (b). L’épée d'Orion se nomme le réteau. On donne aux trois Roïs Mages les noms de Magalat, Galgalai Saraim ; d’autres les nomment Æthos, Satos, Paratoras ; les Catholiques les appellent Dapnrd , Melchior et Baltazar.
L'étoile rouge et brillante de l’épaule droite se nomme bellatrix , Vétoile guerrière ; elle est de la couleur de mars (c). Betelgeuze ou betdelgeuze est celle de l'épaule droite (d). |
On distingue aussi les étoiles de la massue , collorobon (e)a et celles de la peau d’un bœuf, dord ( f).
Orion a l'air de combattre le taureau , dit Hygin (g). Il est placé sur l'équateur ; il tient de la main droite une massue , il est ceint d’une épée. Il n’est pas droit, mais incliné comme le chasseur, dit Théon {) ; il tient en main ropalon , une massue. Il sert aux matelots à observer les heures de la nuit (:) et à calculer la route qu'ils ont faite. Le lever de son baudrier annonce le commencement de l’année ; le lever de ses pieds et de
son chien, la fin (j).
(a) Alfrag., 109: — (b) Bay, tab. 35. — (c) Ricciol., p. 126. — (d) Alphons., . pe 238. — (e) Hipp.,1. v, 0.18. — (f) Bay., t.35 S tof, 6. 14. — AP ,1 3, GC. 33.—(h) Theon,p. r41.—(i)P. 777 — (j) P. 182.