LIVRE III, CHAPITRE IT
rons toujours les reconnaître dans les histoires merveillenses que les prêtres composèrent sur eux, et qui eurent pour but de peindre leur activité bienfaisante «et féconde dans la Nature. C’est à leurs vertus qu'ils durent l’empie de lUnivers, si on en <roit des prètres égyptiens (a) ; et pendant tout leur règne, ils rendirent une foule de services à l’humanité. On leur doit la civilisaton, la découverte de l’agriculture , les lois et les arts (b) de toute espèce, l'établissement du culte religieux, la construction des temples, l'invention des | lettres, les premières connaissances de l'astronomie j les arts gymniques, la musique : leur règne fut celui de la bienfaisance universelle (ce): Si Osiris voyage, c'est pour civiliser tous les pays où il passe et leur faive part de découvertes utiles à l'humanité. Ses bienfaits le font partout recevoircomme un. Dieu et dui en méritent le ütre et les honneürs. Il batit des villes en plusieurs en droits ;etil enseigne aux hommes à cultiver laterre (d). L'imvention du blé et du vin fut'un de’ses premiers présens. L'Europe, PAsie et l'Afrique reçoivent ses bienfaits. lies contrées les plus reculées de l'Inde en ont conservé le souvenir et le revendiquent comme un de leurs premiers Dieux. Il revient en Égypte où la reconnaissance universelle lui décerne les honneurs divins (e). C'est son influence sur les progrès de l’agriculture qu'on célèbre, et il semble être spécialement le Dieu tutélaire des cultivateurs. C'est lui qui féconde les guérêts et qui maürit les raisins. |
Une vie et un règne marqués par la bienfaisance et la
(a) Diodor , 1. 1; ©: 9, p.17: — (5) Ibid. ,-p.x8. — (oc) Ibid. , c. 10 p. 19. — (d) Ibid., c. 11, p, 22. — (e) Ibid., c. 12, fa.
justice ne devaient point Jui faire trouver d'ennemi : cependant il en trouva un dans son frère Typhon , homme impie et violent, qui lui ravit le sceptre et la vie au retour de ses voyages. Son corps est coupé en morceaux (a). Son épouse éplorée en rassemble les débris épars, à l'exception des parties de la génération et des sources de la fécondité, qui restent ensevelies dans les eaux du fleuve qui chaque année fertilise l'Égypte par son débordement. Isis donne la sépulture à ses autres membres, et lui élève un tombeau sur lequel ses prêtres, tous les ans, vont pleurer.
Après avoir rendu les honneurs funèbres à son époux, Isis ne voulut plus recevoir les embrassemens d'aucun homme , et acheva son règne doux et juste (b), ne cessant de combler ses peuples de bienfaits ; aussi méritat-elle , comme son époux , les honneurs. divins. On vanta ses découvertes en médecine (c), et les malades qui, durant ieur sommeil, étaient assez heureux pouravoir une apparition de cette Déesse, étaient sûrs de leur guérison. Elle rendait la vue aux aveugles, guérissait les paralytiques et ressuscitait même des morts. C’est - d'elle: qu'Horus ou Apollon, son fils, apprit l’art de la médecine et de la divination. Voilà à peu près le précis de l’histoire sacrée des deux grandes divinités’ de l'Égypte , que tous les anciens nous disent être le soleil et la lune , adorés par les Égyptiens sous le nom d’Osiris et d’'Isis, et dans lesquelles ils plaçaient les deux principales causes de la végétation annuelle et la source des biens que la terre , tous les ans, fait éclore de
(a) Diod., 1. 1, p.24. — (b) Ibid., ce. 13, p. 25. — (c) Ibid., c. 15, pP. 29.