LIVRE III, CHAPITRE I. an
son sein. Il n’est personne qui ne remarque dans ces deuxhistoires, que les prêtres s'étaient attachés à peindre principalement l’action bienfaisante des deux astres qui, par leur énergie féconde ; tirent du sein des élémens tous les animaux et tous les hommes , et en général tous les corps qui naissent , croissent et meurent dans le cercle éternel des générations et des destructions d’ici-bas. Revenons sur les caractères distincüfs de ces divinités : le précis de leur histoire Ge co nous en a déjà donné une idée.
Plutarque nous dit que, le jour où naquit Osiris , on entendit une voix qui annonça cette naissance et criant, «qu'en ce jour était né le maître suprême de » l'Univers (a) , le grand Osiris , roi bienfaisant [64 |. » Ainsi les anges annoncèrent aux bergers la naissance de l'Osiris , ou du Dieu-soleil des Chrétiens. À peine arrivé au trône , Osiris (b) trouva les Égyptiens qui menaient une vie malheureuse et sauvage. Il s’occupa de les civiliser , et de les rendre heureux, en leur donnant des lois et une religion, et en leur communiquant la précieuse découverte des moiïssons et des fruits. Il parcourut ensuite le reste de l'Univers, pour y répandre les mêmes bienfaits et civiliser les hommes en les subjuguant, non point par la foree des armes , mais par celle de la persuasion et par les charmes de la musique et de la poésie. C'est ce qui fait croire aux Grecs que l'Osiris des Égyptiens est le même que leur Bacchus ; car on en dit autant de ce dernier.
Pendant ses voyages, son empire jouit d’une félicité
(a) De side, p. 355. — (b) Ibid. , p. 356.
parfaite sous la surveillance d’Jsis son épouse , princesse chaste.et vertueuse. Ce ne fut qu'à son retour que Typhon , son frère et son ennemi, attenta à sa vie et lui ravit les organes de la virilité, dans le mois où le soleil parcourt le signe du scorpion. Osiris et Isis méritérent, par leur vertu , d’être honorés comme de bons génies , et d'être à ce titre mis au rang des Dieux (a); tandis que Typhon fut au contraire regardé comme un de ces génies ténébreux et malfaisans, que tantôt par crainte on cherchait à apaiser, et que tantôt l’on accablait de malédictions et d’outrages.
Plutarque , pour nous donner une idée précise et abrégée de la nature de ces principes opposés, Osiris et Tsis d’un côté, et Typhon de l'autre, dit que l’on doit regarder T'yphon (&) comme le principe de tout ce qu'il y a de désordonné et de tout ce qui sort, en plus ou en moins, des justes proportions d'ordre et de mesure dans les diflérens élémens et dans toutes les parties de la Nature , et Osiris (c) et Isis comme les principes de tout ce qu on remarque de bon , d’utile, de bien ordonné et de sagement réglé dans l'organisation universelle du monde dont Osiris , comme architecte , a tracé le plan et le dessin, qu'Isis sous ses ordres imite et exécute. Car l’action supérieure du soleil, suivant les dogmes de la philosophie ancienñe , ne s’exerçait que par un astre intermédiaire ; cet astre était la lune , plus immédiatement placée sur lessélémens soumis à la génération , et qui séparait par son cerele la parte supérieure et active
du monde de la partie inférieure et passive, comme mo
(a) De Iside, p. 361, 362. — (@) Ibid, , p. 356. — (ec) Ibid, p./397.