‹ Origine de tous les cultes, ou religion universelleChapitre 116 sur 240 · LIVRE II, CHAPITRE IF · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE IF

nous l'avons dit ailleurs. Le opérations d'Osiris et d Isis ne trouvaient d'opposition que dans la partie sublunaire du monde, où Typhon s’efforçait perpétuellement : de corrompre les germes-de bien qu'ils y versaient par leur activité bienfaisante. Nous avons développé ce dogme plus au long dans notre chapitre sur les deux principes. lumière et ténèbres. C’est par une suite de ces idées. que le manteau d’Osiris était, comme celui d'Ormusd, d’une couleur lumineuse et éclatante , sans mélange d'aucune autre couleur qui pût en altérer la pureté ; sa teinte était une, simple et sans ombre (a). Il était, comme Ormusd, dans ces régions sublimes, les plus éioignées de la terre, et hors de la sphère de la matière des corps mortels, qui, par son contact, aurait pu em souiller la pureté.

Isis, au contraire , placée sur les confins de la région de la lumière et des ténèbres, sur la ligne qui sépare les corps divins et éternels des corps terrestres et mortels, portait une robe nuancée de mille couleurs, qui retraçait les «lternatives de la lumière et des ténèbres, et l’état successif par lequel passent tous les élémens dans Ja région sublunaire où s’opèrent les générations et les destructions dont la cause est dans la lune et au-dessus d'elle. C'est la lune qui, recevant d’en haut toutes les semences de beauté et de bien (b) que le ciel possède, les verse dans la matière élémentaire soumise à la génération. C'est par ceile raison que ,; dans la théologie des Perses , la lune est censée dépositaire des germes de fécoudité que lui transmet le signe du taureau, dont les

(a) De Iside, p. 382. — (b) Ibid., p. 385.

attributs paraient le front d'Osiris et de Bacchus. Aussi Ja théologie égyptienne suppose-t-elle (a) qu'Osiris au printemps s’unissait à la lune, et versait en elle les se- -mences de fécondité que celle-ci répandait dans l'air, qu’elle imprégnait des principes générateurs qui. mettaient en activité [a végétation universelle. Le taureau céleste occupait alors Péquinoxe de printemps. C'est done sous celte forme ou sous ce signe qu'Osiris fécondait la lune qui , à son tour, fécondait la terre. Maïs ce taureau , suivant Lucien , était représenté par Le bœuf Apis des Égyptiens. Done Apis est la forme vivante et sensible sous laquelle était peint le soleil ou ‘Osiris, dans son union avec la lune ou avec Isis au printemps, au moment où les deux astres viennent porter les principes de fécondité dans tout notre hémisphère , et appeler tous les êtres à la génération. De là l'origine de cette tradition rapportée par Plutarque, savoir que le bœuf sacré, nourri à Memphis sous le nom d’Apis , était l’image de lame d’Osiris, dont le corps avait été , dit-on , inhumé dans cette ville (b), à laquelle on donnait un nom toutà-fait analogue au caractère d’Osiris, ou du bon principe adoré sous ce nom; car on l’appelait le port des biens , et le tombeau d'Osiris [65].

Tout ceci s'accorde avec l’opinion des Égyptiens ) Qui pensaient que l'ame de leurs Dieux était dans les astres et dans les constellations. En eflet, si le taureau céleste est la forme sous laquelle se montre le soleil, lorsqu'il donne la fécondité à la terre par le moyen de la lune, il s'ensuit que son ame ou la partie active et intelligente

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(&) Plat. de Iside, p. 368. — (b) Hbid., p. 39.

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