‹ Origine de tous les cultes, ou religion universelleChapitre 117 sur 240 · LIVRE 11, CHAPITRE IT · texte numérisé non relu

LIVRE 11, CHAPITRE IT

de la force universelle, qui a son siége dans ce signe, était représentée par le bœuf sacré ou par Apis, image vivante de cette constellation suivant Lucien, et conséquemment aussi l’image de l’ame du soleil ou d'Osiris (a). En effet, le soleil ou Osiris empruntait la forme du signe où il se trouvait tous les ans au printemps, dans sa conjonction avec la lune au mois Phamenot , selon la tradition rapportée par Plutarque (b).

C'est cette conjonction du soleil avec la lune de léquinoxe du printemps, sous le taureau, qui fit exiger, parmi les caractères distinctifs d’Apis, qu’il eût sur son épaule une marque qui représentât le croissant dela lune. C'est également cette action féconde des deux astres qu'on chercha à exprimer quand on voulut qu’Apis eût des testicules d’une grosseur extraordinaire , et sur son corps une foule de marques différentes qui caractérisassent la faculté génératrice. Par la mème raison, dans les autres images d’Osiris, ou dans celles qui le représentaient sous les traits et sous la figure d’un homme, ce Dieu était toujours représenté en érection et dans l'attitude qui annonce le développement de cette faculté féconde de notre virilité. Tel, dans le monument de Mithra , on voit un génie à bonnet phrygien dans une semblable attitude, et placé à côté du fameux taureau mithriaque qui était en Perse ce qu'était Apis en Égypte.

On renconire partout , dit Plutarque, des statues d'Osiris où ce Dieu est représenté sous la figure d’un homme en forte érection , pour désigner sa force féconde

(«) De Iside, p, 362, — (2) Ibid., p. 368.

et nourricière (a). N'est-ce pas là le caractère que Diodore , d’après les Égyptiens , donne aux deux astres qui exercent leur empire sur les élémens soumis à la génération, et qui forment la température des saisons et de l’année , c'est-à-dire au soleil et à la lune, les deux premières causes ou divinités de la théologie égyptienne ? Aussi Plutarque (2) convient-il que plusieurs savans prétendaient qu'Osiris était le soleil, et qu'Isis était la June.

Plutarque ajoute (c) que le voile de couleur de feu qui couvrait les statues d'Osiris, désignait le corps visible du soleil dépositaire de la force du bon principe. IL s’indigne contre ceux qui plaçaient Lyphon dans la sphère du soleil, attendu que Typhon n’a rien en lui de lumineux , ni de salutaire , i1en qui tende à l’ordre et à la généralion ; au contraire, tout chez lui tend au désordre et à la destruction’des êtres. La sécheresse , les vertts malfaisans , la mer, les ténèbres , tout ce qui dans la Nature a une qualité nuisible et destructive, est censé une opération de Lyphon (d). L’ane récalcitrant, le crocodile, l’hippopotame Jni étaient consacrés. Tous les animaux malfaisans , les plantes venimeuses, tous les événemens malheureux lui étaient attribués, comme à la cause universelle de tous les maux (e). Ce sont ces deux forces opposées et contraires qui se mèlent dans la Nature où dans le monde sublunaire, dans lequel se choquent les deux principes, avec avantage néanmoins de la part du bon principe qui, en dernière analyse, préyaut toujours. C’est de lui que nous vient l'intelli-

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(a) De [side, p. 39r. — (b) Ibid., p. 3972. — (c) Abid., p. 351.—

(d) 1bid., p. 36. — (e) Ibid., p. 351.

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