LIVRE III, CHAPITRE IT
sante d’Osiris se conserve pure et incorruptible. Car Osiris, suivant Plutarque (a), est le Dieu bienfaisant. Entre autres idées que présente son nom, il exprime principalement celle d’une force active, ou productrice et bienfaisante. Il avait un autre nom, savoir celui d'Omphis , qu'Hécatée traduisait par Îe mot bienfaisant.
Nous avons vu jusqu'ici que tous Îles ‘caractères que lui donnent les traditions sacrées et les explications de Plutarque , ainsi que Îles divers attributs de ce Dieu , concourent à établir cette double idée sur Osiris, et à peindre sous ce nom le Dieu -soleil, considéré sous les rapports de Dieu créateur, de deriourgos universel, de chef des productions et des reproductions ‘étérneiles qui ont lieu ici-bas', ‘enfin de Dieu ’souvéraiiemtent bon ‘et bienfaisant. Fel,-en éfet, le soleila di paraître à tousiles hommes. Lea LaetovI ral
Si on veut encore d’autres antorités ‘qui confirment nôtre assertion , savoir que le fimeux Osiris dés Égypüens n'était que-le sôleil , ‘et qu'Esis sün'épotise n'était que la lune , nous ‘en rapporterons:quélqiies-nnés , afin qu'ilne reste aucuñle espèce’de doute sir eette vérité. Elle doit nous servir de’base pour expliquer leurs ven türes par les mouvémens ét'par lés apparèticés célestés considérées dans léurs rapports avec a Végétation et avec les périodes ‘de bien étde mal qui partägent la durée de la révolutionqué mésuretit lé’soléiliet la/Lfrie. En effet , s'il estüune fois bien rèconnu qu'Osiris et Isis ne soient que les déux premiérstagéns déla Natüre, il s’en
suit nécessairement que toute leur histoire se réduit à
UE : sit AkA
(a) De Iside, p. 368.
des allégories physiques et cosmiques, et qu'il faut l'expliquer par le jeu apparent des causes naturelles. Or, cette vérité est encore attestée par d’autres auteurs que ceux que nous avons déjà cités.
Diogène Laërce (a) nous dit que les Égyptiens. adoraient, comme Dieux, le soleil et la lune sous les noms d'Osiris et d’Isis, et qu'ils étaient persuadés que rien ne naïissait sur la terre que par l’action combinée des diftérens feux qui brillent dans les astres; qu'ils les représentaient par des figures d'animaux. Ceci s'accorde parfaitement avec ce que dit Plutarque (db), que le bœuf sacré, connu sous le nom d’Apis, était l’image d'Osiris:; ét avec ce que dit Lucien (c), qu'il étäit la représentation vivanie du,taureau céleste, à l'influence astrologique duquel'il était soumis. Ces astres agissaient sur la matière universelle dont étaient formés les quatre élémens qui entraient dans l’organisation des différentes espèces d'animaux, suivant l'opinion des mêmes Égyptiens ; AU rapport de Diogène Laërce. Suidas (d) atteste également que les divinités ; adorées en Égypte. sous. les noms d'Osiris et d'Isis ,, sont léssoleil-et la lune. Macrobe: (e) prétend aussi qu Osiris est le Dieu-soleil honoré sous ce nom en Égypte , et il À ajoute une description-du sym+ bole sous lequel on désignait..la; puissance de ‘cette divinité; On mettait une espèce, d'œil au-dessus d’uri scéptre. Cet emblème , dit Macrobe, représentait Osiris ou le soleil, qui, du es des cieux, exerce sa puissance rôyale et porte ses regards sur toute la Nature, Aussi
(a) Diog. Laert. Præm., p. 7. — (b) De Iside , P. 362. — (c) Lucian
de Astrol. , p. 986. — (d) Suid. in voce doyuæ. — (e) Macrob. Saturn. , léttrar:
LIVRE IT, CHAPITRE II, 289 l'antiquité a-t-elle appelé le soleil l’œiZ de Jupiter (a). Sextus Empiricus dit pareïllement des Chaldéens qu'ils comparaient le soleil à un roi et à l’œil droit (b). Martianus Capella nomme aussi le soleil l'œil du monde ; et parmi les différens noms de Dieux qu'il lui donne, il l'appelle le puissant Osiris qu'on adore à Memphis (c), conséquemment l'époux d’Isis dont le bœuf de Memphis était l’image. Il lui donne encore le nom de Sérapis ; adoré en commun avec Isis sur les bords du Nil, et dont le culte se rapportait, dit Macrobe (d), au soleil révéré sous un autre nom et sous une autre forme. Parmi la foule des noms que l’oracle de Claros, cité par Eusèbe, donne au soleil, on retrouve aussi celui d’ Osiris, roi des astres et du feu éternel (e), qui engendre l’année et les saisons, et qui dispense les pluies et les vents, et ramène l'aurore et la nuit. Dans les chants que les Égyptiens adressaient à Osiris , ils invoquaient, dit Plutarque (f), le Dieu qui siége dans le soleil et qui s'enveloppe de ses rayons, c’est-à-dire la force invisible et éternelle qui modifie le monde sublunaire par le moyen du soleil. Ainsi, David dit de Dieu qu'il a placé dans le soleil ses pavillons brillans.
Îl paraît donc constant, par le témoignage de toute l'antiquité à qu'Osiris et Isis, si fameux dans la théologie égyptienne , se réduisent au soleil et à la lune , OU aux deux causes visibles des générations sublunaires > qui, d'après les principes de la théologie égyptienne (g),
(a) Plut. de Iside, p. 391. — (b) Sext. Emp., 1 5, p. DAS 20e (c) Martian: Capell. de Nupt. Phiol., 1.2, c.2.— (d) Macrob. Sat, l: 1, c: 20. — (e) Euseb. Præp. Ev., 1. 3, c. 15. — (f) De Iside, p. 372. — (g) Euseb. Præp. Ev., L 3, c. 4.