‹ Origine de tous les cultes, ou religion universelleChapitre 130 sur 240 · TAVRE III, CHAPITRE IT · texte numérisé non relu

TAVRE III, CHAPITRE IT

resta sans récompense. Îl chercha à vaincre la résistance des caractères les plus pervers, à force de bienfaits ; il osa même se flatter de pouvoir gagner par là son frère et son parti : en cela seulement il se trompa. Car la vertu, Join d’éteindre l'envie, ne fait que l’allumer davantage. Aussi ses vertus etses succès afligèrent profondément son frère qui pensa mourir de la douleur qu’il ressentit au moment où il le vit monter sur le trône. L'auteur entre ici dans le détail de toutes les marques qu'il donna de son désespoir et de sa violente frénésie (a). Son épouse partagea ses fureurs et son désir de la vengeance, ne pouvant souffrir Fhumiliation dans laquelle elle se croyait plongée par l'élévation d’Osiris au trône.

Synésius nous fait la peinture de ses mœurs lubriques et de son caractère ambitieux qu'il oppose à la modestié de l'épouse d’Osiris. Celle-ci vivait retirée dans son palais avec Horus son fils. La femme de Typhon releva le courage abattu de son mari en lui faisant chercher des distractions dans les plaisirs et dans la volupté, ou plutôt dans la débauche (b), pendant qu’elle s’occupait ellemême de projets d’usurpation et de vengeance. L’occasion sen présenta à elle dans la connaissance qu'elle fit de l'épouse d’un général scythe qui commandait les armées en Égypte. Elle lui persuada avec beaucoup d’adresse. qu'Osiris avait concu des soupçons sur la fidélité de son époux (c) ; qu'il avait formé le projet de lui ôter le commandement , de le rappeler et de le faire punir ensuite , lui, sa femme et ses enfans. L’'artifice réussit. Cette étrangère crut aisément ce qu'on lui disait, et

(a) Synes., 1. 1, de Provid., p. 105. — (b) Ibid., p: ro7. — (c) Hbid., p. 108.

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