‹ Origine de tous les cultes, ou religion universelleChapitre 134 sur 240 · LIVRE III, CHAPITRE If · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE If

de cette fable sacrée comme appartenant au secret des mystères, et qu'il n’a osé en dire davantage. Il s'est étendu plus librement sur la partie morale et sur le tabieau des caractères supposés des deux frères ennemis, dans lequel il s’est plu à exposer le contraste des vertus et des vices quimettentune différence immense entreles bons et les mauvais princes. Car on remarque en général que les anciens n'avaient pas qu'un seul but dans leurs fables sacrées, mais qu'ils tendaient à plusieurs, mélant beaucoup d'idées morales aux allégories physiques et cosmiques. La partie morale devenait la lecon du peuple [82], et la partie physique ou savante était pour les prêtres et les théologiens qui cachaïentla science de la Nature sous ce voile. Les Égyptiens proposaient à ious les siècles le modèle d’un bon roi dans leur Osiris, et le tableau d’un mauvais prince dans leur Tyvhon; et, pour donner plus de force à leur doctrine, ils enseignaient au vulgaire que ces princes, de caractère si différent , avaient véritablement existé, et que le premier, par ses vertus, avait mérité l’immortalité et la reconnaissance de tous les siècles. Annoncer au peuple que ce n’était qu'une fiction théologico-astronomique , c'était rompre le charme de l'illusion , et manquer le but moral et politique que l’on se proposait d'atteindre. Mais les savans n'ignoraient point que cet Osiris était le soleil fécond et bienfaisant, de qui la terre tenait tous les biens dont elle jouissait. Ce secret, échappé des sanctuaires, à passé jusqu'à nous, et a été conservé par les historiens qui, comme Diodore, Diogène-Laerce et Plutarque , nous disent qu'Osiris est le soleil et Isis la lune. L'examen que nous venons de faire de la vie du premier nous a confirmé la vérité de leurs témoignages. Celui que nous

allons faire des aventures de la seconde prouvera qu'ils ne nous Ont pas trompés davantage sur cette dernière.

Nous observerons seulement en finissant que, dans Synésius , la retraite du soleil loin de nos climats a été désignée allégoriquement sous le nom d’un exil semblable à celui d’Æpollon, lorsqu'il fut chassé du ciel pour avoir tué les Cyclopes qui forgeaient la foudre du Dieu à tête de bélier, ou de Jupiter qui reprend ces mêmes foudres au printemps, après qu’elles lui ont été ravies par Typhon, ou par le principe du mal et des ténèbres. Au contraire, dans Diodore et dans Plutarque, et dans les mystères de l'Égypte, cet éloignement était censé être une mort pour la Nature ou pour la terre qui n'éprouvait plus l’action bienfaisante du soleil ; et son retour vers nos climats était appelé insurrection. Nous parlerons dans la suite des fêtes de deuil et de joie qui eurent lieu à ces différentes époques du mouvement du soleil, et on y verra que la fiction de la mort tragique d'Osiris fat généralement répandue , et qu’elle fut la base des cérémonies religieuses des Égyptiens et de tous les autres adorateurs du soleil. Nous allons bientôt avoir lieu d’en parler dans notre examen de la vie d’Isis et de ses courses. Mais cette théorie recevra tout son développement dans notre traité de la religion solaire, telle qu’elle a été adoptée par les Chrétiens , et telle qu'elle existe encore chez eux. Nous y renvoyons le lecteur. Passons maintenant à [sis.

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