‹ Origine de tous les cultes, ou religion universelleChapitre 135 sur 240 · POÈME ÉGYPTIEN SUR ISIS OU SUR LA LUNE · texte numérisé non relu

POÈME ÉGYPTIEN SUR ISIS OU SUR LA LUNE

La LUNE, comme nous l’avons déjà dit (a), fut associée par les anciens au soleil dans l'administration universelle du monde ; et c’est élle qui joue le rôle d’Isis dans la fable sacrée , connue sous le titre d'Histoire d’Osiris et d’Isis. Les passages que nous avons rapportés de Diodore, de Plutarque et de Diogène Laerce et d’autres que nous pouvons y joindre encore, ne doivent déjà laisser aucune espèce de doute sur cette proposition fondamentale de notre explication. Et quand cette vérité sera bien démontrée , nous conclurons que les courses d’Isis sont nécessairement celles de la lune, lorsqu'elle n’agit plus avec le soleil dans l’organisation générale des êtres, et qu'elle se trouve abandonnée à ses seules forces, jusqu'à ce qu’enfin elle ait retrouvé l'époux qui versait en elle les semences de la fécondité qu'elle transmettait à la terre. Or, comme la lune ne fait de courses que dans le ciel, ce sera dans le ciel que nous étudierons l’histoire de ses voyages, et que nous chercherons les différens personnages et les animaux qu'elle rencontre sur sa route ; car tout cela découle de cette première vérité

op

(a) Voy. ci-dessus 1, à, ec. 3.

bien démontrée, savoir que la lune était la fameuse Isis, épouse du bienfaisant Osiris.

Porphyre, dans Eusèbe (a), nous dit qu'Isis est la lune ; Chérémon (b), que c’est par le soleil et la lune, et par leur mouvement comparé au zodiaque et aux astres paranatellons , qu'on doit expliquer leur histoire. Abneph , historien arabe, assure que , de l’aveu de tous les savans orientaux, Osiris est le soleil, Isis la lune. Outre ces autorités et celles que nous avons citées dans la vie” d'Osiris , nous ajouterons que l’Isis égyptienne avait des attributs et des qualités qui caractérisent évidemment la lune.

Diodore de Sicile (ce) dit que l’on donnait à Isis le. nom d'ancienne , pour désigner l’ancienneté, ou plutôt l'éternité de son existence; et que les cornes dont on parait son front étaient celles de la lune croissante, et du bœuf Apis qui lui est consacré en Égypte. Eflectivement le bœuf ou le taureau céleste est spécialement consacré à la lune , parce que cette Déesse , dit Horus Apol- Ton , a son exaltation dans ce signe.

Plutarque (d) observe également qu'Isis et la lune étaient représentées par la même image ; que les cornes qui paraïent son front étaient celles du croissant de la lune; que ses habits noirs retraçaient l'obscurité du disque lunaire, et la partie ombrée de cet astre dans les phases voisines de la nouvelle lune et dans son occultation ; que la lune était invoquée pour les plaisirs de l'amour, auxquels présidait Isis. Tous ces traits, communs à Isis et à la lune , prouvent bien que c’est la même divinité

(a) Euseb. Præp. Ev., 1. 4, c. 9. — (b) Porph. Epist. ad Anneb. — €) Diod., L 1, ce. 7, p. 15. — (d) Plut. de side, p. 372.

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