LIVRE HI, CHAPITRE HI
tre d'Orus, parait aux cieux. Ainsi, ces fables se tiennent et ont le dans Ovide, après que Lycaon a même objet.
été changé en loup, arrive le dé-
luge, et Apollon vainqueur tue le
fameux dragon Python qui est au
pôle.
Une correspondance aussi complète et qui porte sur taut de points de ressemblance , entre les tableaux de cette allégorie et ceux du ciel, ne permet point de douter que le prêtre, auteur de cette légende sacrée ; n’ait fait autre chose que peindre les courses de Ja lune dans les cieux, sous le titre de courses d’Isis ; d'autant plus que nous avons déjà prouvé qu'isis était la lune. Car il faudrait dire , ou qu’isis n’est pas la lune, ce qu'on ne peut pas dire , ou qu'Isis étant la lune, les courses d’Isis ne sont pas celles de la lune ; ce qui impliquerait manifestement contradiction. Donc les voyages d’Isis, comme ceux d'Osiris, n'expriment que les courses des deux asires ; soleil et lune , dans les champs de POlympe. Taniôt ils s'unissent dans la partie supérieure du monde, pour y maintenir ce bel ordre que présente la Nature dans les six mois du printemps et de l'été [104]; tantôtils se trouvent séparés, et la lune, lorsqu'elle donne ses plus longs jours ( car la lumière de la pleine lune est bien le jour de la nuit}, se trouve seule dans l’hémisphère supérieur, tandis que son époux est dans l’hémisphère inférieur où sont les courts Jours , et qui est le siége des ténèbres que les anciens placaient vers le pôle inférieur.ou austral. Il est vrai qu’à chaque nouvelle lune ; cette planète rejoint le soleil dans les signes inférieurs : mais alors il est sans force ; la durée du jour sur l’horizon n'est pas longue, et il n’en résulte presque rien pour le bien de la Nature [1051]. Cette vérité a été rendue par
l'auteur de cette légende, lorsqu'il dit qu'isis eut commerce avec Osiris dans les enfers ; mais que lenfant qui naquit de cette union fut faible et sans énergie, privé d'une partie de ses membres, et qu'il vint au monde au milieu des ténèbres du solstice d'hiver (a). C'était le
faible Harpocrate , fils d’'Isis et de Sérapis , ou du soleil :
inférieur.
Orus , au contraire , à qui Lyphon, chef des ténèbres, voulut contester. sa légitimité (), fut déclaré véritable fils d'Osiris et d'Isis. C'était, en eflet, ce jour qui éclaire la Naiure depuis l’équinoxe de printemps jusqu’à l’équinoxe d'automne , lorsqu'Osiris répand sur nous les flots de sa lumière et a chaleur féconde, et qu'il donne à la terre ses plus longs comme ses plus beaux jours. Aussi est-il confondu par Plutarque avec cette heureuse température de l'air (c) qui tend à nourrir et à conserver toutes les productions de la terre. Telle est celle que prend l'air, à l’équinoxe de printemps, lorsqu'il est imprégné des germes de fécondité que lui communique le soleil. De là vint qu'Orus fut souvent représenté , comme Priape, avec totis les caractères les mieux prononcés de la virilité, ou du génie fécond du printemps. On lui donnait des ailes pour mieux peindre la rapidité du mouvement du soleil, qui est la plus grande possible aux équinoxes, soit que l’on considère son mouvement journalier, soit qu'on ait égard à son mouvement annuel en déclinaison. Suidas (d) dit que la'statue de ce Priape est celle du Dieu appelé Orus par les Égyptiens. L’attiiude dans laquelle il nous le peint ressemble fort à cellé
AR RRRRE EH en, ) u : MRERe 7 GNT ARS FAT TL PRES CU
(a) Plat. de Iside, p. 377. = (4) Ibid. , p. 358. — (e) Ibid., p. 366. 2=
(d) Suidas in voce Priap.