LIVRE IT, CHAPITRE II
de l’homme couvert du bonnet phrygien , placé près du taureau équinoxial , dans le monument de Mithra, gravé dans M, Hyde. On peignait ainsi la fécondité donnée à la terre, comme on peignait la cessation de cet astre fécondant par le scorpion qui dévorait les testicules du mème taureau. Car ces deux emblèmes se trouvent réunis dans le même monument. De cette action du soleil résultent l’ordre et l'harmonie du monde, qui se manifestent dans toute la durée du passage de cet astre dans les signes supérieurs. C'est sans doute ce qui a fait prendre Orus par Plutarque (a) pour l’ordre qui naît dans le monde , de l’action combinée du principe actif et du principe passif de la Nature. Il n’est point l’ordre, le bien et la fécondité qui se reproduisent tous les ans au printemps , et qui sont un effet; mais il est, comme l'indique Élien (b), la cause principale de cet ordre, de cette fécondité et de l'abondance qu’on doit attendre chaque année ; tel est le caractère du Dieu du printemps. Voila pourquoi les Grecs ont toujours vu en lui leur divin Apollon, vainqueur de Python, comme Orus l’est du serpent, et le Dieu qui distribue les belles saisons et la ravissante lumière, enfin le Dieu des beaux jours qui résultent de l’action du soleil et de la lune sur la Nature. C’est ce bel ordre contre lequel lutte sans cesse Typhon, et qu'il réussit enfin à troubler, mais que le Dieu du printemps, fils d'Osiris et d’Isis, réuni au taureau équinoxial, vient à bout de rétablir. Harpocrate était le jour, fruit du soleil dans sa vieillesse (c). Orus est le jour, fils du soleil dans sa jeunesse, et dans le
(a) De Iside, p. 554. — (b) AËlian. de Animal. 1. D C. 10. — :
{e) De Iside, Plat. , p. 355, 372.
556 RELIGION ÜNIVERSÉLLE.
printemps de la Nature. C’est ce beau soleil des longs jours qui, arrivant au solstice d'été occupé par le lion, donna lieu de représenter le jour solsticial sous le nom d'Orus , placé sur un trône àu bas duquel étaient couchés des lions (a). De là vint qu’on dit qu'Orus était le nom du soleil et du Dieu qui règle les heures et les saisons. C’est ainsi que Plutarque (8) prétend qu'Orus est la force divine qui préside au mouvement du soleil. L'inscription de l’obélisque égyptien, dont Ammien Marcellin (c) a donné la traduction , lui accorde l’épithète de maître des temps. La vérité est qu'Orus est la lumière, ÆAor, comme l'indique son nom, maïs la lumière dans son éclat, dans son siége naturel et dans son. plus bel empire , telle qu'elle est lorsque le jour a repris la supériorité sur les nuits, au printemps. C’est ce jour, fils du soleil, ou d'Osiris et d’Isis, que l’on célébrait au printemps, au moment du renouvellement de la Nature , et qui a des rapports si naturels aveé le soleil , qu'il a été pris pour le soleil Iui-même. Orus , si l’on veut, sera le soleil, mais considéré comme source de lumière, et . régnant aux cieux où il tient le sceptre de l'harmonie des différens corps qui nous distribuent la lumière [ 106]. Orion fut son astre familier, parce qu'Orion est placé aux cieux de manière à fixer les Limites de la durée des beaux jours , se levant avec le taureau , etse couchant au lever du scorpion. C’est là sans doute la raison qui Va fait appeler l’astre d'Orus, et qui l’a fait regarder comme une des formes célestes que prenait le jour , lors-
qu'au printemps il était réintégré dans tous ses droits
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(a) Hor. Apoillo., L 1, c. 17. — (b) De Iside P. 37. — (c) Ammiar Marc. AElian.