LIVRE Ill, CHAPITRE NT
pu comprendre les écarts de la lune, qui résultent de l'inclinaison de l'orbite de cette planète sur l’écliptique, et qui font dévier sa déclinaison jusqu'à cinq degrés quinze minutes environ, c’est-à-dire, à quelques minutes près, de la même quantité dont le plan prolongé des faces de notre pyramide s’écarte du plan de l'équateur. Au contraire , la pyramide égyptienne , dans les proportions qu’elle a, laisse , entre le cercle de l'équateur et le éercle de déclinaison australe par lequel se prolonge sa face boréale, un intervalle du ciel égal à celui qui comprend les plus grands écarts de la lune, relativement à la route du soleil. D'où il résulte que la lune étant en conjonction ou en opposition , le jour des équinoxes, quelque grande que fût sa latitude et la déclinaison qui en résultait, elle ne sortait pas des limites tracées dans le ciel par le prolongement de la face de la pyramide, et qu’elle passait avec le soleil, ce jour-là , dans lhémisphère supérieur et lumineux dontle terme était alors non l'équateur, mais le parallèle à l'équateur, qui est à cinq degrés quinze minutes de déclinaison australe. En donnant ainsi une étendue à l'hémisphère lumineux, un peu plus grande que celle de l'hémisphère ténébreux, on satisfaisait aux inégalités de la lune, et on conciliait les variations de cette planète avec la marche réglée et constante du soleil. Or, comme ïl fallait quatorze jours environ au soleil pour franchir ces cinq degrés quinze minutes en déclinaison avant l’équinoxe, et quatorze jours après, il en résultait un excédant de vingt- - huit jours de la durée du règne de la lumière sur celui des ténèbres. Je ne sais si c'est là ce qu'indique cette tradition qui donne vingt-huit ans de vie ou de règne à
598 RELIGION UNIVERSELLE. | k Osiris (a); ce qu'il y a de certain, c’est qu'en partageantt en deux également cet excès de durée qu'a le règne de: la lumière sur celni des ténèbres ) Nous aurons deuxt durées de quatorze jours chacune , l’une qui précède Péequinoxe de printemps, et l’autre qui suit l'équinoxe: d'automne. Comme Île soleil fait alors un degré de lon-gitude par jour , il s'ensuit que les points de son orbite: où il se trouvait, lorsque la pyramide rendait de l'ombre: et lorsqu'elle cessait d’en donner, sont placés à qua=torze degrés en decà des deux équinoxes ; donc les deux: équinoxes se trouvent placés quatorze degrés plus loin: en longitude. Supposons actuellement que la descente: d'Osiris au tombeau ou dans l'ombre répondit au dix-. sepüème degré du scorpion, et que ce jour-là notre py=ramide commençât à rendre des ombres; c'était qua-torze degrés plus haut ou au troisième du scorpion que : devait être l’équinoxe. Donc l’équinoxe opposé était au! troisième degré du taureau , précisément an point où les anciens astrologues fixaient l’exaltation de la lune: Par: conséquent, puisque la pyramide cessait de rendre des ombres quatorze jours avant l’équinoxe , c'était donc à quatorze degrés de longitude en decà que devait répondre le soleil, lorsque la pyramide ne donnait plus d'ombre à midi, et que sa face boréale était toute éclairée comme allait l'être l’hémisphère boréal dans lequel le soleil passait. Ce point, distant de quatorze degrés du troisième, est le dix-neuvième degrédu bélier. Car, trois degrés du taureau retranchés , plus onze degrés du bélier à ôter, nous donnent bien quatorze degrés. Mais onze degrés, ER DEEE ee SRE
(a) Plut. de Iside, p. 444.