‹ Origine de tous les cultes, ou religion universelleChapitre 163 sur 240 · LIVRE III, CHAPITRE If · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE If

retranchés sur trente degrés du bélier, nous placent à dix-neuf degrés ; donc le point dix-neuf du bélier était le lieu du soleil, le jour où la face boréale de la pyramide cessait de rendre de l’ombre à midi , le jour où le soleil était censé arriver à cinq degrés quinze minutes de déclinaison , ou au parallèle qui séparait l'empire de la lumière de celui des ombres, et où , sorti de son tombeau, Osiris ou le soleil ressuscitait. Or, c’est précisément à ce dix-neuvième degré du bélier que les astrologues anciens ont fixé le lieu de l’exaltation du soleil. Un accord aussi étonnant entre les successions de lumière et d'ombre à midi, dans la face boréale de la pyramide, avec les changemens qui, à cette époque, s'opéraïient dans notre hémisphère boréal par l'approche ou léloignement du soleil, annonce du dessein , et lie singulièrement la théorie mythologique d’Osiris et d’Isis, que nous venons d'expliquer , avec les effets produits par la pyramide qui couvrait un tombeau que nous croyons être celui d'Osiris ou du Dieu-soleil personnifié. Résumons.

En supposant que, par la descente d'Osiris où du soleil au tombeau et dans le coffre obscur de Typhon, on doive entendre, comme nous l'avons fait voir, son passage à la partie australe et inférieure du monde ; et, par le retour d'Osiris ou par l’exaltation du soleil, son retour vers les régions boréales et vers l'hémisphère supérieur ; comme ces deux points nous sont donnés dans les constellations, l’un par Plutarque au dix-septième degré du scorpion, l’autre par les astrologues au dixneuvième degré du bélier, il résulte que ces deux points n'étaient pas les équinoxes. Car ils ne sont pas diamétralement opposés , puisqu’au dix-septième degré du scorpion est opposé le dix-septième degré du taureau , et non

le dix-neuvième du bélier. Or, comme entre ce dix-sep-: uüème degré du taureau et ee dix-neuvième du bélier, ill y à vingt-huit degrés d'intervalle , il s'ensuit que l’équi-. noxe passe entre deux et au milieu ou au troisième degré du taureau. Autrement, depuis le dix-neuvième degré” d’aries jusqu’au dix-septième degré du scorpion, en comptant suivant l'ordre des signes , il y a six signes ou cent quatre-vingts degrés, plus un excédant de vingt-huits degrés. Cet excédant doit se partager des deux côtés ou en« deux parties égales. Or, c’est cette moitié de l’excédant qui détermine de chaque côté l’équinoxe, ou les deux“ termes distans de six signes ou de cent quatre-vingts de= grés. Conséquemment l’'équinoxe doit se trouver à dix | neuf degrés, plus quatorze degrés du bélier, ce qui donnes irente-trois degrés du bélier ; et, comme chaque signe n’a que trente degrés, c'est donc aux trois degrés du signe

suivant ou du taureau. Réciproquement, comme le point | dix-sept du scorpion se trouve à quatorze degrés plus loin | que l’équinoxe , c’est donc au troisième degré de ce même signe qu'il faut le chercher. Alors nous aurons pour | équinoxes le troisième degré des constellations du taureau et du scorpion, qui sont éloignés exactement de cents quatre-vingts degrés ou de six signes , et diamétralement 5 opposés. Nous avons donc la véritable position de lé quateur pour l’époque à laquelle le dix-septième degré dt | scorpion était le commencement de l'immersion du soleil dans l’ombre, et le point dix-neuf du bélier celui de som émersion. Or, comme ces points sont à quatorze jours de distance de l’équinoxe , l’un avant celui de printemps; l’autre après celui d'automne , il s’ensuit que le jour où l’on célébrait l'immersion, et celui où l’on célébrait l’émersion , autrement la mort et l’exaltation du soleils À

uen fn

LIVRE IT, CHAPITRE HIT. AOT étaient précisément les jours où la pyramide commencait à rendre à midi de l’ombre, sur sa face boréale, et où elle cessait d'en rendre. Car nous avons fait voir que , d'après les proportions de la pyramide et l’inclinaison de ses faces, ce phénomène arrivait tous les ans à quatorze jours précisément de l’équinoxe, c’est-à-dire , quatorze jours avant celui de printemps et quatorze jours après celui d'automne, époques qui répondaient au dix-neuvième degré de la constellation du. bélier , et au dix-septième degré de celle du scorpion, lorsque les points équinoxtaux étaient au troisième degré du taureau et du: scorpion. Cette époque remonte à plus de deux mille septcents ans avant l’ère chrétienne, c’est-à-dire vers les siècles où l’on chantait en Grèce les travaux d’Hercule, et où l’on peignaiten Perse [115] Mithra, monté sur le taureau. Nous avons eu soin, dans nos planisphères d'Osiris et d’Hsis , de marquer ces limites par des lignes qui partent du centre, et qui vont aboutir d’un.côté au dix-neuvième degré d’aries , lieu de l’exaltation du soleil ; et de l’autre ; au dix sepuème degré du scorpion, dieu du soleil an moment de son entrée dans le coffre ténébreux où l’enferme Typhon, -et qui: était censé ; suivant nous, déposé sous la base de la pyramide qui, servait de tombeau à Osiris: Tous les ans, quatorze ‘jours après l’équinoxe , ou àla pleine lune qui.suivait la néoménie qui arrivait le jour de l’équinoxe d'automne, l'ombre noireivenait l’enveloppér, semblable au crêpe noir que l’on étendait sur le bœuf d’or; qui représentait Osiris mort. : Une chose:assez remarquable , c'est qu'au quatorzième jour quisuit l’équinoxe d'automne, c'est-à-dire au jour même où l’on pleurait la mort d'Osiris dont les Grecs firent leur Bacchus, nos calendriers chrétiens marquent le martyre de St. Bacchusmorten Orient.

Page 1