LIVRE II, CHAPITRE I
qui soit jamais venue dans la tête d’un mortel, Aussi Lucain les appelle-t-il les sublimes autels des Dienx, aux pieds desquels on va acquitter des vœux. Les Sabéens, adorateurs du soleil, de la lune et des astres, pensaïent que les cendres de leur Dieu Agathodémon ou du bon génie reposaient sous ces monumens [ 118]; ce qui confirme notre opinion que ce tombeau était celui du génie bienfaisant de la Nature , du roi Osiris mis à mort par Typhon. |
L'’affectation mystérieuse que Diodore (a)suppose à Isis de cacher le véritable tombeau d’Osiris son époux, ou plutôt celle de ses prêtres , semble favoriser notre opinion sur la destination de ce monument que l’on disait’ être le tombeau d’un ancien roi, au lieu de dire sans mystère qu'il était celui d'Osiris et du soleil. Joignez à cela l'oubli de sa destination primitive, qui a dû naître pendant un laps de plus de vingt-cinq siècles. Telle est notre opinion sur l’objet religieux qu'avait la grande pyramide qui couvre le petit tombeau qu'on y retrouve encore.
Isis, après avoir donné la sépulture au corps de son époux (b), vécut sous les lois d’une austère continence, fit le bonheur de l'Égypte , et mérita elle-même de partager les honneurs immortels que la reconnaissance des hommes avait décernés à son époux. Elle fut aussi enierrée à Memphis (c) où l’on voyait, du temps de Diodore, sa chapelle dans un bois consacré à Vulcain , conséquemment près du lieu qu'habitait Apis ou le taureau sacré qui portait sur son épaule l'empreinte de la lune,
(a) Diod. , 1. r,c. ra, p. 24 — (6) Ibid., c: 15, p. 25: ©. 16, p. 31. — (c) Ibid, La, ce. 13, p. 29.
et qui, dit-on, était concu au moment où la lune répand sa lumière féconde et génératrice (a). Car Apis avait à Memphis une habitation sacrée, adjacente au temple de Vulcain (b), au rapport de Strabon. Ainsi elle avait son tombeau dans le lieu même où l’on montrait Apis ou le Dieu-bœuf, l’image vivante du taureau céleste dans lequel Io, devenue Isis, fut placée, et où la lune avait son exaltation. On lui donna divers noms, suivant Diodore. Les uns l’appelaient Jsis; les autres Cérès ; d'autres la Déesse thesmophore ou légistatrice ; d’autres Junon ; d’autres enfin, sans détour , l’appelèrent /a lune (c) ; et quelques-uns la désignèrent sous tous ces différens noms. C’est ainsi, ajoute Diodore, qu'Osiris fut appelé tantôt Sérapis, tantôt Bacchus, d’autres fois Pluton, quelquefois Æmmon et Jupiter , et souvent le Dieu Pan.
On voit par ce passage de Diodore, et on reconnaitra cette vérité dans la suite de cet ouvrage, que le soleil et la lune sont deux puissantes divinités qui jouent un grand rôle dans la mythologie, sous une foule de noms différens ; ce qui doit jusufier les explications que nous donnons de l’histoire d’un grand nombre de divinités par le soleil et par la lune, déguisés sous ces différens noms. Comme Sérapis était invoqué dans les maladies, on invoqua pareillement Isis, et on lui attribua la découverte de plusieurs remèdes utiles. Car toutes les fois qu’on veut attacher les hommes au eulte des Dieux, il faut qu’on leur persuade qu'ils doivent en attendre des biens, et surtout la santé. Jamais l'homme n'est si
Co Émile fous ln UE VESSAS
(a) Plut. de iside, p. 368. — (b) Strabo, p. 355. — (c) Diod., L. 7, “PSS LEP! Her it