‹ Origine de tous les cultes, ou religion universelleChapitre 17 sur 240 · LIVRE IT, CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE IT, CHAPITRE VII

ÿls étaient dépositaires chacun pour leur part. Telle est la série des conclusions qui conduisit les hommes à placer des intelligences divines dans toutes les parties de ia Nature.

* Cette conséquence n’a pas échappé à l'interlocuteur du dialogue de Cicéron (a) sur la nature des Dieux,

dont nous avons rapporté les raisonnemens plus haut. D'après cette connaissance, nous dit-il, que nous avons de la divinité du monde, nous ne pouvons nous empêcher de l’attribuer aux astres qui en font partie, qui sont formés de la partie la plus noble et la plus pure de la substance éthérée , sans aucun mélange de matière de nature étrangère , qui renferment essentiellement la chaleur et la lumière, et à qui il est impossible de refuser le titre

’êtres animés et d’êtres doués de sentiment et d’intetligence..… Car le feu , qui brille dans les corps célestes , est un élément actif, principe de vie, de végétation et de conservation des corps vivans et animés , feu qui fait germer les plantes et épanouir les fleurs , et entretient ceite chaleur vitale qui fait respirer les animaux. Le soleil , qui est composé d’un pareïl feu, est donc animé lui-même , ainsi que tous les autres astres qui brillent dans les plaines brûlantes de l'éther que nous nommons autrement le Ciel. Les astres, nés au sein de cet ‘élément infiniment subül, et qu’une activité éternelle tient en mouvement, doivent nécessairement partager Ja mobilité active de sa nature ;, et'emprunter d'elle le

sentiment et l'intelligence qui en est la suite nécessaire ;

d'ou 1l résulte pareillement (b) qu'on ne peut s’em-

(a) Cicer. de Nat. Deor., L2, ec. 14 et 15. — (b) Ibid., c. 16.

La

pècher d'en faire autant de Dieux. Il est probable même que l'intelligence qui est dans les astres est d’une nature supérieure à celle des autres êtres , comme l’est la région dans laquelle ils vivent. L'auteur croit trouver dans l’ordre du monde , dans la régularité et l'harmonie des mouvemens des astres, autant de preuves du señtiment et de l'intelligence dont les corps célestes sont doués , puisque ces mouvemens ont tous les caractères d'un mouvement libre et spontané. Il conclut de là qu'ils sont des Dieux, c'est-à-dire, des causes actives , éternelles, animées et intelligentes , par l’action desquelles sont produits les effets passagers dont nous sommes témoins et dont nous faisons partie ; car c’est là ce que nous avons dit caractériser la divinité et remplir l’idée que doit présenter ce mot.

Voilà donc la voûte céleste peuplée d’une foule d'intelligences éternelles ou de Dieux, de génies célestes ou d’anges , suivant d’autres théologiens , qni tous partagent la divinité d’Uranus leur père, et qui lui sont associés dans l'administration de l'Univers, et surtont dans l'empire qu'il exerce sur la nature sublunaire et sur l'homme. Ainsi se composa la cour céleste et s’organisa le système universel d'administration du monde, dont le soin fut confié à des intelligences de différens ordres et de dénominations différentes. Rien me s’exécuta plus par des moyens physiques ; tout dépendit de la volonté et des ordres d’agens intelligens. Le conseil des Dieux régla les destins des hommes , et décida du sort de la Nature entière soumise à leurs lois et dirigée par leur sagesse.

Nous voilà arrivés au moment où la théologie prit la forme qu'elle avait, lorsqu'avant Homère, én Gréce ,

Page 1