LIVRE LI, CHAPITRE IV. EE
ce héros en Lydie les encouragea à reparaître, et à recommencer leurs incursions sur le territoire de la Grèce, depuis qu’il n'y avait personne qui püût les punir ni les réprimer. Voilà pourquoi tous les chemins par où l’on pouvait aller du Péloponèse à Athènes étaient très-dangereux. La crainte de ces dangers engageait les parens de Thésée à lui conseiller de prendre route de mer. Mais il y avait déjà long-temps que la gloire et la vertu d'Hercule avaient secrètement enflammé le courage de Thésée. IL conçuit le projet de marcher sur les traces de ce héros , et d’imiter ses glorieux exploits (a). Il éprouvait, dit Pluiarque , les mêmes agitations et le même travail d'esprit que souffrit, long-temps après lui, Thémistoele, quand il disait que les trophées de Miltiade ne le laissaient pas dormir. L’admiration que lui donnait la gloire d'Hercule faisait que les actions de ce héros lui revenaient la nuit en songe, et qu’elles le piquaient le jour d’une noble émulation , et excitaient en lui un violent désir de limiter.
La parenté qui existait entre eux (b) piquait encore sa jalousie ; car ils étaient fils des deux cousines germaines , sa mère Æthra étant fille de Pithée, et Alcmène fille de Lysidice. Or, Lysidice et Pithée étaient tous deux enfans d'Hippodamie et de Pélops. Il pensait qu'il serait honteux pour dui qu'Hercule eût cherché par toute la terre des brigands, pour les combattre et en purger le monde (c), et que, pour lui , il évitât même ceux qui se présentaient sur son chemin. Il eût rougi de ne présen-
(a) Diod. Sic., L 1, c. 59, p. 303. — (Bb) Euripid. Heraclid. , v. 208. — (c) Pausan. ka p. 44. Lucian, t. 2: Jup. Frag,, p. ae Bis Accus, p. 327,