TOME II. D
ter à sou père que des marques de reconnaissance qui ne portaient point encore le sceau de la gloire, au lieu de lui prouver son extraction par de grands exploits et par des actions immortelles. Plein de ces sentimens élevés, il se mit en chemin, résolu de n’atiaquer personne, mais de repousser courageusement tous les outrages et toutes les violences qu’on lui ferait.
Ici commence le récit des combats de ce héros (a), dont nous ferons bientôt voir les rapports avec la marche du soleil et de l’année. Comme il passait par les terres d'Ipidaure, Périphétès , ou Corynétès , qui avait une massue pour armé (b), et qui, à cause de cela, s'appelait porteur de massue, eut l’insolence de mettre la main sur lui etde l'arrêter. Théséele combattitet letua [127]. Ravi d’avoir gagné cette massue , il la porta toujours, comme Hercule porta la peau du lion. Cette peau, dit-on , servait à faire connaître l'énorme grandeur de la bête qu'Hercule avait tuée ; et la massue que portait Thésée faisait voir, ajoute Plutarque , qu’elle avait pu être prise dans les mains de Périphétès , mais qu’elle était devenue impreñable entre-les siennes.
De là , traversant l’isthme de Corinthe, il punit Synnis, le ployeur de pins (c) de la même maniére que ce géant avait fait mourir plusieurs passans. Ce Synnis (d) avait une grande fille, fort belle, nonimée Périgone , qui avait pris la fuite, voyant son père mort. Thésée courait de tous côtés pour la chercher, mais elle s'était ca-
(a) Hygin, fab. 38. — (b) Diod. Sic., 1. 1, c. 59, p. 303. Apollod., 1. 3, sub finem Suid. voc. Thes. Hesych. voc. Coryn. et Periph. Isocrat. Helenæ Laudatio, p. 439. — (e) Pausan. Corinth., p. 44. — (d) Hesych. voc. Synnis.