‹ Origine de tous les cultes, ou religion universelleChapitre 174 sur 240 · LIVRE LI, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE LI, CHAPITRE IV

inystères. Les Phytalides le purifièrent avec toutes les cérémonies accoutumées; et, après avoir fait un sacrifice pour se rendre les Dieux favorables, ils le logèrent et le régalèrent dans leur maison. Ce fut là le premier bon accueil qu’il reçut dans son voyage. |

Il trouva Athènes en général remplie de troubles et de dissensions , et, en particulier , la maison royale dans le plus grand désordre. Médée , l'amante de Jason, s'étant sauvée de Corynthe , avait cherché un asile chez Égée (a), et vivait avec lui dans un honteux commerce, lui promettant que, par la vertu de ses enchantemens, elle le rendrait père. Cette femme, avertie de l’arrivée du jeune Thésée et de ses desseins, avant qu'Égée eût le temps de le reconnaître, sut si bien manier l'esprit de ce prince déjà affaibli par les années, et que les différens partis qui régnaient dans Athènes avaient rendu timide et soupçonneux, qu'elle lui persuada d’empoisonner son fils dans un festin qu’il lui ferait comme à un étranger. On alla donc, de sa part, inviter Thésée. Quand il fut dans la salle, il ne jugea pas à propos de déclarer qui il était; mais, voulant donner occasion à son père de commencer cette reconnaissance , dès qu’on eut servi, il tira son épée, comme pour couper les viandes. Égée , reconnaissant tout-à-coup cette épée, renversa d’abord la coupe où était le poison, fit ensuite beaucoup de questions à Thésée ; et, après l’avoir embrassé , il convoqua sur-le-champ une assemblée générale où il reconnut son fils devant tous les Athéniens qui le reçurent avec une très-grande joie, à cause de sa

valeur. On prétend que le lieu où la coupe fut renversée

AS et + DS D ER

(a) Apollod., 1 1.

est le même que l’on voit aujourd’hui dans le quartier appelé Delphinium , et qui est enfermé de murailles. De là vient que le Mercure qui est à la porte orientale de ce temple s'appelle /e Mercure de la porte d'Égée. Les fils de son frère Pallas , de ce Pallas qui, suivant Sophocle , donna naissance à des géans , avaient jusquelà espéré succéder au trône d'Égée, qu'ils croyaient sans enfans. Mais Thésée ayant été reconnu pour le véritable héritier du royaume, ils ne purent supporter qu'Égée : qui n'était, disaient-ils, que le fils supposé de Pandion , et qui ne descendait point des Érechthéides , non -seulement ne se contentàt pas de régner, mais qu'il voulüt encore faire tomber le sceptre entre les mains d’un étranger et d’un ineonnu. Ils prirent donc les armes , et, s'étant partagés en deux bandes , ils allèrent droit à la ville, et se mirent en embuscade pour surprendre leurs ennemis. Ils avaient avec eux un Aéraut nommé Léos, du bourg d’Agnos, qui découvrit à Thésée tout ce secret : celui-ci les attaqua brusquement et les tailla en pièces.

Thésée, ne pouvant souffrir l’oisiveté, et voulant d’ailleurs atürer l'amour du peuple, alla contre le taureau de Marathon (a), qui infestait toute Ja région de Tétrapole ; et, l’ayant dompté et pris tout en vie, il le conduisit à travers la ville (b), et le sacrifia ensuite à Apollon Delphinien. Ce taureau est celui que subjugue l’Apollon des Perses ou Mithra.

Quelque temps après arrivèrent à Athènes les ambassadeurs du roi Minos, qui venaient pour demander

(a) Esocrat. Helenæ Laudat., p. 437. — (b) Pausan. Attic, , p. 26:

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