‹ Origine de tous les cultes, ou religion universelleChapitre 182 sur 240 · LIVRE JI!, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE JI!, CHAPITRE IV

zène à Athènes, sans que les brigands et les monstres, qui infestaient les routes , pussent l’effrayer. Il n’y vit au contraire qu'une occasion de signaler sa valeur. Les combats de ce héros ne forment pas une suite aussi marquée que ceux d'Hercule. Néanmoins, dans le peu de traits qui nous restent de cette histoire allégorique, -on observe des rapports assez frappans avec les tableaux du ciel. Comme Hercule, Thésée triompha de la laie de Crommyon | 133 |, sanglier aussi redoutabie que celui de la forêt d'Érymanthe. Ce combat est le troisième de ceux qu'on lui attribue (a), comme la victoire d’'Hercule, sur le sanglier d'Erymanthe, est aussi son troisième travail. Dans le second travail, qui répond à la vierge Érigone, fille d’Icare, Thésée triomphe d’un géant appelé Synnis, qui avait une belle-fille appelée Périgone : la ressemblance des noms est trop marquée pour ne pas y voir Érigone fille d'Icare, qui est désigné ici comme un géant, ou la constellation du second signe auquel répond le second travail d'Hercule. L’épithète de ployeur de pins, que la fable donne à ce géant, caractérise assez une constellation venteuse [134]. Columelle , en parlant du coucher de lareture (b), qui en fait parie, marque, Ce jour-là, g oerand vent. D'ailleurs, les amours de Thésée avec cette Périgone on Érigone, fille de Synnis, dont il a un fils nommé Ménañppe, prouvent que cette Périgone est Érigone, ou la vierge céleste, appelée aussi Cérès, qui, de ses amours avec Neptune, eut le cheval Arion (c), ou le Pégase, que d’autres traditions appellent HMénalippe, et qu’elles font

(a) Diod. Sic., 1. 4, c. 59, 3 3. — (b) Columelle, 1. 11,6 2, p. 43a — (e) Pausan. Arcad. 255.

fille de Chiron, placé à la suite de la vierge et sous la balance (a). Cette fiction vient de ce que le coucher de la vierge Cérès, où d'Érigone, et celui du centaure font toujours lever le Pégase. Ainsi, la mère de Ménalippe ou du cheval céleste étant Cérès, ou la vierge Érigone dans une tradition, et dans l’autre Périgone, il est clair qu'Érigone et Périgone deviennent le même être. Or, Érigone a pour père Icare ou le bootès, et Périgone Synnis. Donc, si Érigone et Périgone ne sont que la même constellation, le ployeur de pins, Synnis, devient IÎcare ou le bootès, et le venteux arcture qui en fait partie, et qui monte avec lé signe auquel répond le second travail d’Hereule. D'où il suit que le second travail d'Hercule répond au second de Thésée; avec cette différence qu’au lieu de lJ’hydre, qui est au-dessous de la vierge ou au midi, on a pris, dans la fable de Thésée, le bootès qui est au-dessus et à son nord. | Le premier travail d'Hercule est le passage du soleil sous le lion, marqué par le coucher de l’Ingéniculus qui est représenté dans la sphère armé d’une massue. Le premier combat de Thésée est son combat contre un guerrier redoutable, armé d’une terrible massue ; guerrier que les uns appellent Périphête, d’autres Corynetès, à qui on donne le surnom de porteur de massue (b). Thésée le combattit, le tua; et ravi d’avoir gagné cette massue , il la porta toute sa vie, comme Hercule porta la peau du lion qui fut la matière de son premier triomphe. On voit donc que, dans la fable

(a) Hygin, L. 2, c. 19. German., c. 1. Erath., c. 18. — (b) Diod. Sic. , L. 4, c. 59, p. 309. Apollod. , 1. 5.

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