LIVRE If, CHAPITRE IV
Enfin Thésée reparait ou revient au lever des pleïades en automne ; car c’est à cette époque, ou six mois après son départ, que Plutarque fixe le retour de Thésée à Athènes avec son vaisseau aux voiles noires (a). = {sort du labyrinthe victorieux, allusion à la route des signes du zodiaque et aux douze maisons du soleil. Car on se rappelle , qu'en parlant d’un pareil monument
en Egypte , qui servit de modèle au labyrinthe de Crète,
nous avons rapporté le passage de Pliné qui ditque c'était le palais du soleil(&). Ariadne, ou la couronne boréale qui, le matin , brillait devant le char du soleil [138] uni au serpentaire Thésée , était censée lui avoir servi de guide dans sa route, au moment où périt, le matin, Orion , fils de taureau, et où, le soir, le chœur des hyades et des pleïades se montre aux cieux, avant qu'on voie encore Orion. Les unes et les autres forment deux groupes de chacun sept étoiles. C’est au lever du matin de la belle Ariadne que se font les vendanges. De là vient la fiction qui lui donne , pour fruit de ses amours avec Thésée (c}, le prince Staphyle , ou grappe de raisin, et Oinopion où le buveur de vin, héros qui figure aussi dans la fable d’Orion, et qui régnait à Chio, lorsqu'Orion y périt, blessé par la piqûre du scorpion (d). On fêtait à Athe-
nes le retour de Thésée le 8 novembre, ou six mois
après son départ du taureau. Tous les huitièmes jours du mois lui étaient consacrés. C'est par la même raison que , dans les mystères d'Éleusis, le huitième jour était consacré à la célébration du Dieu d'Épidaure où d'Esculape, autre nom du serpentaire Thésée. Or , ces fêtes
NORRIS Dr
(a) Plut. vit. Thes., p. 10. — (D) Voy: ci-dessus, L 1, ce. 3. — (e) Plut. vit. Thes., p. 9, —{(d) Theon, Pytro : am
ae.
454 RELIGION UNIVERSELLE. | étaient celles de Cérès et de Proserpine, ou de Libera, nom qu'Ovide donne à Ariadne, lorsqu'il parle de la couronne de cette amante de Bacchus, placée aux cieux. Cette constellation monte avec les pieds de la vierge et avec le milieu de la balance , signe consacré à Vénus qui y a son domicile. Les habitans d’Amathonte disaient que Thésée, ayant été jeté par la tempête sur les côtes de Cypre (a), fut obligé de metire à terre Ariadne qui était grosse. Les femmes de l'ile la recueillirent, et mirent tout en œuvre pour la secourir dans ses couches; mais elle mourut , sans qu’on püt lui porter secours. On l'enterra avec beaucoup de pompe. Thésée arriva pendant le convoi ; et, pour immortaliser son amour et sa mémoire , il laissa aux habitans du pays une grosse somme d’argent, qui sert à lui faire célébrer un service solennel tous les ans, en septembre, ou au lever cosmique de la couronne boréale. Dans cette cérémonie , on met au lit un jeune garcon qui imite , du geste et de la voix, les femmes en travail. Le boïs sacré où l'on montre le tombeau de cette princesse s'appelle le bois de Wénus-Æriadne. "Thésée éleva deux statues à son amante , l’une d’un métal consacré à la planète Vénus , ou de cuivre , et l'autre d'argent, métal consacré à la lune : ce qui ferait croire qu’Ariadne est la lune d'automne qui naît au domicile de Vénus.
Plutarque parle de deux sortes de fêtes établies en honmeur de l’amante de Bacchus et de Thésée , ou de la belle Ariadne ; les unes gaies et accompagnées de toutes sortes de réjouissances , et les autres tristes et pleines de
deuil.
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(a) Plut. vit. Thes., p. 3.