TOME li. A
de la vie et de l'intelligence des autres êtres, puisque la cause ou la divinité doït avoir éminemment en elle ce que l’effet n’a que dans un degré fort inférieur , ce qu'il n’a que par elle et qu'il ne tire que d'elle.
Théophraste donnait la divinité au ciel, par cela même qu'il y reconnaissait un principe de vie éternelle (a), et qu'il le supposait animé. Simplicius , d’après la doctrine d’Aristote qu'il commente, ne veut pas qu'on voie dans les astres des corps inanimés, mais il soutient qu'ils ont la vie et l'intelligence en partage , -et qu'ils agissent.en conséquence. Ji les croit éternels dans le sens le plus étendu (b) , n'ayant jamais été faits et ne devant jamais être détruits, exempts de changement et d’altération , impassibles et affranchis de toutes les affectons malheureuses qu'on éprouve ici-bas: c’est-à-dire , qu'il leur donne tous les caractères de la divinité (c). I prétend que tous les corps célestes ont le mouvement par eux-mêmes , comme tous les animaux ; qu'ils sont effectivement des êtres animés et divins, dont l’acuvité éternelle ne peut être arrêtée par rien ; ce qui convient à des Dieux. Aussi Aristote prétendait-il que chaque astre (d) avait une intelligence immortelle qui présidait à sa marche, et voyageaitavec lur durant toute sa révolution. Ce n'était, comme nous l'avons déjà remarqué , qu’une conséquence du principe de ce philosophe (e), qui pensait que le ciel et les astres étaient animés ; qu'ils renfermaient dans leur propre vie le principe de leur mouve-
ment et de leur activité , et qu'ils n'étaient pas simplement
(a); Procl. in ‘im., p. 177. — (b) Simpl. in Arist.çde Cæl., 1. 3, p. 339: — (oc) Ibid., hib. 2, p. go. — (d) Arist: Metaphys., 1. 12, c. met 8. — (e) Plut. de Placit, Philos., 1. 2, c. 3.