LIVRE II, CHAPITRE V
ainsi que la chèvre, au départ du soleil vers nos régions boréales, à l’équinoxe de printemps , qu'il annonça pendant plusieurs siècles, de même que Persée, par son lever héliaque, ou par son dégagement des rayons du soleil, dont il précédait immédiatement le char. 1 a joué un grand rôle dans toutes les fables cosMOgOniques. Îl y figure sous le nom de Phaëton, fils du soleil et conducteur de son char; sous celui de Mvyrtle, cocher d'OEnomaüs ; sous celui de Cillas, cocher de Pélops (a), fils d’une des sept pleïades Dione, et qui épousa une autre pleïade, Hippodamie, dont il eut Thyeste. Sur le tombeau de ce dernier était représenté le bélier (b), ou le signe céleste, vers l'extrémité du quel sont placées les pleïades : ce bélier Thyeste avait aussi une toison d'or. Lucien (c) ajoute qu'il représente celui des constellations , dont on attribue la découverte à Thyeste. Ce tombeau, surmonté d’un bélier, était à côté du temple de Persée (d), ou du frère d'Æëtés, placé sur le bélier céleste à côté du cocher. Tous ces rapports astronomiques et mythologiques nous font croire que l’Æëtès possesseur du bélier est un être de mème nature que Thyeste [148], fils de la pleïade Hippodamie, possesseur de ce même bélier, sous un autre nom, dans une autre fable. La conquête de ce bélier sera faite lorsque le soleil arrivant vers le lieu du ciel où sont les pleïades , à l'entrée du taureau, il se trouvera en conjonction avec la chèvre et le cocher. Son char à l’aurore sera alors précédé du bélier, qu'il amène avec lui lorsqu'il repasse dans notre hémisphère a ed nee de on a à de ON DS D
(a) Hygin, fab. 85. — (b) Pausan. Corinth., p. 6o. — (ec) Lucian. de Astrolog., p. 987. — (d) Pausan. Corinth. , p. 60.
et lorsqu'il s’avance vers les contrées boréales du monde, jusqu'à ce qu'il regagne l’équinoxe d'automne, terme de ses voyages sur nos régions, Ce terme ‘était marqué par son union au serpentaire, appelé Jason (a), lequel s'unissait alors au soleil, dans son passage aux régions boréales, et fixait son départ vers les. contrées lointaines, jusqu'à son retour au bélier et à l’équinoxe, que ce même Jason annonçait par son lever du soir. C'est lui qui fixait lé commencement de la dernière nuit, que terminait l'aurore du premier jour du printemps, qu'annoncaient le bélier et le cocher avec la belle étoile de la chèvre.
IL était précédé dans sa marche par le vaisseau céleste, appelé encore aujourd’hui le vaisseau des Argonautes , ou le navire Argo, vaisseau de Jason. D’autres l’appellent le vaisseau d'Osiris, celui dont Canopus était le pilote. Tous les mythologues et tous les astronomes anciens (b) sont absolument d'accord sur ce point, savoir, que ce vaisseau est celui qui est chanté, sous le nom de navire Argo, dans les ‘poëmes faits sur l’expédition prétendue de Jason. Callimaque le fait construire à Actium, près du temple d’Apollon que les Argonautes élevèrent à ce Dieu à leur départ. Columellé en fixe le lever (c) vers le milieu de mars , trois jours avant l’arrivée du soleil à l’équinoxe de printemps, la veille même du‘jour où l’on fêtait Anna Perenna, ou le retour de l’année éternellement renouvelée à la suite du lever de la couronne. d’Ariadne, placée sur le ser-
(a) Cæsius, Cælum Astron. —=(b)}Procl., c. 16. German. Cæsar., e. 33. Hygin, 1. 2, c. 38. Theon, p. 143, 168. Hipp.;1. 1,,c. 5. — (c) Columelle, E 11, €. 2, p. 436.