‹ Origine de tous les cultes, ou religion universelleChapitre 2 sur 240 · LIVRE IT, CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE IT, CHAPITRE VI

mettant de l'activité et de l’ordre dans les élémens , se mêlant à tout, organisant tout, mouvant tout, vivifiant et conservant tout, voilà l’Univers-Dieu que les anciens ont adoré comme la suprème cause et le Dieu des Dieux.

Tout le monde connaît ces beaux vers du sixième livre de l’Énéide, dans lesquels Virgile a consacré la doctrine de Pythagore, et conséquemment celle des Égyptiens, ses maîtres, sur l'ame et sur l'intelligence du monde (a); source d'où nos ames et nos intelligences particulières sont émanées, ainsi que la vie de tous les animaux. Le poëte fait descendre son héros aux enfers pour y visiter Anchise, son père. Celui-ci lui fait passer en revue les ames des,héros qui doivent un jour illustrer l'empire romain. Pour donner de la vraisemblance à sa fiction , il lui explique les principes de la doctrine des pythagoriciens sur la préexistence des ames, sur leur origine et sur le sort qui les attend après la mort ; dogmes qui faisaient partie des leçons que l’on donnait aux initiés, comme nous le ferons voir dans notre Traité des mystères et des initiations.

Ce sont ces sublimes vérités qu'Anchise révèle à son fils dans les enfers. « Il faut que vous sachiez, mon fils, lui dit-il, que le ciel et la terre, la mer, le globe brillant À la lune, et tous les astres, sont mus par un principe de vie interne qui perpétue leur existence; qu’il est une grande ame intelligente répandue dans toutes les parues du vaste corps de l'Univers , qui, se mêlant à toui, l’agite par un mouvement éternel. C’ést cette ame

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(a) AEneïd., 1. 6, v. 724, etc.

qui est la source de la vie de l’homme, de celle des troupeaux, de celle des oiseaux, et de celle de tous les monstres qui respirent au sein des mers. La force vive qui les anime émane de ce feu éternel qui brille dans les cieux, et qui, captif dans la matière grossière des Corps , ne $y développe qu'autant que le permettent les diyerses organisations mortelles qui émoussent sa pointe et amortissent son activité. » Le même poëte (a), dans ses Géorgiques, voulant expliquer l’indusirieuse sagacité des abeïlles, dit : « Qu'’elles possédent nne portion de ce feu éther qui constitue la substance divine appelée ame du monde ; qu'en effet la Divinité pénètre toutes les parties de l'Univers, la terre , les vastes mers , l'immense étendue des cieux; que l’homme , ainsi que tous les animaux, les bestiaux de toute espèce, les animaux féroces ; que tout ce qui naît et respire tire de cette ame immense le souffle qui l'anime ; qu’à la mort de chaque animal, ces germes de vie particulière, ces portions du souffle universel retournent à leur principe et à la source de vie qui circule dans la sphère étoilée; » c'est-à-dire, dans cette partie de l'Univers que nous avons appelée la cause active, qui organise la matière sublunaire , en \ versant les semences de vie et de mouvement qui Jui appartiennent, et qui constituent la virilité d'Uranus, époux de Ghé, ou du ciel, époux de la terre.

Servius, commentateur de Virgile, développant les principes philosophiques qui sont contenus dans ces vers ; dit que le grand tout est composé de cinq choses ; savoir, des quatre élémens et de Dieu. Or, il est clair que les

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(a) Virgil. Georg. , L 4, v. 240.

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