‹ Origine de tous les cultes, ou religion universelleChapitre 206 sur 240 · LIVRE III, CHAPITRE V. 52ÿ · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE V. 52ÿ

l'aleyon voltigeant sur la tète de Jason annonça par ses chants aigus le retour du calme. Mopsus qui l’entendit,

et qui était instruit dans l'art d'interpréter le cri des oiseaux , réveilla Jason qui était couché sur des peaux de bélier (a). I lui dit qu'il est à propos qu'il aille sur le mont Dindyme solliciter la faveur de la mère des Dieux; que la tempête va enfin cesser ; que cela lui est annoncé . par le cri de l’alcyon qui, PAPA son sommeil, a voltigé autour de sa tête (b).

. Cette nouvelle remplit de joie Jason qui s'empresse dé se lever et d’en faire part à ses compagnons. Une partie de l'équipage gagne le port à l’aide de la rame : on découvre dans le lointain et obscurément le détroit du Bosphore , les roches de Mysie et les ; plaines qu'arrose l’Æsépus. Les Argonautes trouvent un vieux tronc de bois de vigne, qu'ils taillent , et dont ils forment une statue de Cybèële. Ils placent ce simulacre sur le sommet de la montagne, dans un lieu ombragé de hêtres (c); à côté ils rassemblent des pierres et dressent un autel qu'ils couronnent de feuilles de chêne, arbre consacré à la Déesse. Îls invoquent Cybèle, adorée sur les sommets du mont Dindyme ,) et qui préside à à la Phrygie, [ls invoquent aussi Tityas et Cyllénus, génies familiers de la Déesse, et chefs des Dactyles qui forment son cortége. Ici le poëte fait la description des cérémonies de ce sacrifice , et des danses qu'avait ordonnées Orphée en honneur de la Déesse. On y voit toute la jeunesse danser armée au son des cymbales et des tambours. Cybèle paraît sensible à ces hommages , et témoigne sa bienveillance par plu-

(a) V. 1099. — (b) V. 1098. — (c) V. 192 TOME If,

Een F pui

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sieurs prodiges que le poëte décrit, entre autres , en faisant jaillir une fontaine du sommet d'un rocher aride , à laquelle on donna dans la suite le nom de fontaine de Jason (a).

Les vents enfin s’apaisèrent sur le matin , et les Argonautes profitèrent du calme pour sortir du port à l’aide de la rame , qu’à l’envi l’un de l’autre ils faisaient mouvoir en redoublant d'efforts. Le vaisseau vole sur la plaine liquide avec tant de légèreté, que de char même de Neptune n'aurait pu l’atteindre. Ils gagnent du côté de l'embouchure du fleuve Ryndacus, et du tombeau d'Ægéon (b). Hercule lui-même prenden main la rame; ses efforts font trembler le vaisseau. La violence de la mer et la force qu'oppose Hercule à l’impétuosité des flots, font briserla rame par le milieu; une partie reste dans la main de ce héros, tandis que l'autre partie flotte sur les eaux qui enentraînent les débris (c).

C'était environ l’heure à laquelle le laboureur fatigué revient des champs chercher sous sa cabane la nourriture et le repos. Les Argonautes approchaient du golfe Cianée et du mont Arganthon. Les Mysiens qui habitaient ces rivages , pleins de confiance en la bonne conduite des Argonautes, les reçurent avec amitié, et leur fournirent tout ce dont ils avaient besoin. Tandis que tout l'équipage se livre à la joie du festin que leur servent leurs hôtes ; Hercule s'éloigne du rivage et va dans la forèt voisine pour y trouver une rame propre à sa main (d). Après avoir cherché quelque temps, àl découvre un sapin qui parut lui convenir. 1l dépose son

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(a) V. 1149. — (b) Ve 1165. — (c) V, 1150, — (d) V. 1189.

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