‹ Origine de tous les cultes, ou religion universelleChapitre 207 sur 240 · LIVRE IU, CHAPITRE Y · texte numérisé non relu

LIVRE IU, CHAPITRE Y

are, ses flèches et sa peau de lion. Il travaille d'abord à l'ébrancher avec sa puissante massue; puis, faisant usage de toutes ses forces, il le saisit entre ses mains, le pousse et l’arrache avec toutes ses racines (a).

Ce travail achevé, le héros reprend son are, ses flèches et sa peau de lion, et se prépare à regagner le vaisseau. Cependant le jeune Hylas s'était éloigné , cherchant une fontaine, afin de procurer au héros l’eau dont il aurait besoin à son retour. Le poëte dit jei quelques mots sur la manière dont Hercule avait formé à son service le jeune Hylas , après l'avoir enlevé à Théodamas * son père, qu'il avait tué dans le pays des Dryopes. Laissant tout-à-coup cette digression ,» 1l nous ramène à Hercule qui cherche Hylas près la fontaine où :5l était allé lui puiser de l’eau (b). Là était le séjour de nymphes qui célébraient sur ses bords des danses en l’honneur de Diane, Une de ces nymphes, sortant du fond de l'onde pure, aperçoit le jeune Hylas. Elle est éprise de ses grâces naissantes ct de sa beauté, À peine ce jeune enfant s'était çourbé pour puiser de l'eau, qui déjà se précipitait en murmurant dans son vase, que la nymple amoureuse lui passe son bras gauche sur e‘cou, pour lui donner un baiser , et de la main droite l’attire à elle, et l'entrain au fond des eaux. Hylas pousse nn cri qui ne fut entendu que du seul Polyphème, qui s'était avancé au-devant d'Hercule, impatient de son retour (c)-:Po- Iyphème vole vers la fontaine au cri de cet enfant , mais inutilement. Il se désole ; il se lamente sur le sort du malhéureux Hylas ; maïs ses plaintes sont sans effet.

532 HÉLIGION UNIVERSELLE.

A prend le parti de retourner, et, dans la crainte de quelue embuscade pour lui-même, il marche en tenant à sa main son épée nue. Il rencontre Hercule qui le reconnaît à la lumière de la lune ; il lui raconte la perte qu'il vient de faire du jeune Hylas, dont il ignore le sort, mais dont il a entendu les cris, soit que des brigands l’aient enlevé, soit que des bêtes féroces l’'aient dévoré (a).

Ici le poëte nous décrit la douleur d'Hercule dont le sang bouillonne dans les veines ,' tandis que son front se couvre de sueur. Il jette aussitôt le sapin qu'il portait ; il se met à courir, tel qu’un taureau furieux que pique un taon. Bientôt, fatigué de la course, il s'arrête; puis il s’élance de nouvéau!, et fait retenir l'air du nom d’'Hylas qu’il appelle en vain (0).

Cependantl’étoile du matin paraissait déjà sur le sommet des montagnes, et un vent frais commençait à se lever lorsque Tiphys avertit les Argonautes de se rembarquer et de profiter du vent. On obéit, on lève l'ancre, et déjà le vaisseau, dont le vent enfle les voiles , côtoyait le cap Posidion. L’Aurore au teint de roses, brillait aux ‘portes de l'Orient, semant sur ses pas La lumière et la rosée , lorsqu’enfin les Argonautes s’aperçurent de l’absence d'Hercule qu'ils avaient abandonné sur le rivage : le trouble , l'embarras et les regrets de tout l'équipage, et surtout de Jason , sont ici décrits. Ce dernier essuie les reproches du bouillant Télamon qui l’accuse d'avoir cherché adroitement à se débarrasser d’un héros dont la gloire éclipsait la sienne (c). I luï dit qu'il s’est en-

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