RP PP
(a) V. 54°. — (b) V. 566. — (c) V. Goo. — (d) V. 608.
Cependant Argus , arrivé dans l’appartement de sa mère , la priait de solliciter les secours de Médée, en faveur de Jason et de ses compagnons. Déjà la jeune princésse s'était d’elle-mème intéressée au sort de ces héros, mais elle craignait le courroux de son père. Un songe, dont le poëte nous décrit tous les détails , la force de sortir de son silence (a). Après avoir quelque temps hésité, et fait quelques pas pour aller trouver sa sœur, Médée rentre de nouveau chez elle, tombe sur son lit, s’abandonne à la douleur, et pousse des gémissemens. Une de ses femmes va en informer sa sœur, qui ellemême était occupée avec ses enfans des moyens d'intérésser Médée au succès de ces étrangers (b). Celle-ci vole à son secours , et elle la trouve plongée dans la plus vive douleur, les yeux baignés de larmes, se meurtrissant la figure dans son désespoir. Elle lui demande les motifs de son agitation violente; elle suppose que c’est l'effet des reproches de son père , dont elle se plaint elle-même ; elle annonce le désir qu'elle aurait d’être bien loin de cé palais, elle et ses enfans (c).
Médée rougit, et la pudeur l’empèche d’abord de répondre; enfin elle rompt le silence, cédant à l'empire de l'amour qui la subjugue. Elle lui témoigne ses inquiétudes sur le sort des fils de Phryxus, que leur père Aëtès menace de faire périr avec ces étrangers ; elle lui fait part du songe qui semble présager ce malheur (4).
Elle parlait ainsi, pour sonder les dispositions de sa sœur, et pour voir si elle ne lui demandait pas son appui pour ses fils. Chalciopé effectivement s'ouvre à elle; mais,
(a) V. 635. = (db) V. 668. — (ec) V. 680. — {d) V. 69.