LIVRE Il, CHAPITRE V
sa couronne fut placée aux cieux. La gloire qui vous attend n'est pas moindre, si vous rendez à la Grèce cette foule de héros.
Médée, qui l'avait écouté les yeux baïssés, sourit doucement à ce discours ; elle le regarde, et veut lui répondre sans savoir encore par où commencer son discours, tant ses pensées se pressent et se confondent. Elle tire de sa ceinture la drogue puissante qu'elle y avait cachée. Jason s’en saisit avec joie ; elle lui eùt donné son ame tout entière s’il la lui eût demandée, tant elle était éprise de la beauté de ce jeune héros dont le poëte mous fait ici une charmante peinture. Tantôt ils baissent l’un et l’autre les yeux vers la terre ; tantôt ils se regardent en face. Enfin Médée prend la parole et lui donne des avis utiles pour assurer le succès de son entreprise (a). Elle lui dit que, lorsqu’Aëtès son père lui aura remis les dents du dragon, qu'il doit semer dans les sillons, il attende l'heure précise de minuit, pour faire un sacrifice seul et en particulier, après qu'il se sera lavé dans le fleuve. Elle lui prescrit toutes les cérémonies de ce sacrifice dont Hécate est l’objet. Elle lui dit ce qu'il doit faire et ce qu'il doit éviter pour que ce sacrifice soit agréable à ja Déesse, et qu'il en obtienne Île succès qu'il en doit attendre. Elle lui enseigne ensuite l'usage qu’il doit faire de la drogue qu'elle fui à remise, et dont il doit frotter ses armes et son corps pour le fortifier et le rendre invulnérable. Elle l’engage à s’armer d’un courage intrépide (b). Elle lui donne encore un autre moyen pour détruire Îes guerriers qui naîtront des
CPE ERNST EP
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bre RELIGION UNIVERSELLE,
denis du dragon, qu'il aura semées; c’est de lancer adroiiement une grosse pierre qu'ils se disputeront entre eux; | et alors il les attaquera avec succès. C’est ainsi, lui ditclle, que vous réussirez à enlever la riche toison , et que vous la porterez en Grèce, ou partout ailleurs où il vous pltira aller, si enfin votre intention est de courir encore les mers. En achevant ces mots , elle arrose ses jones de larrres que lui arrache l’idce que ce héros va se séparer d'elle et regagner des régions lointaines. Elle baisse les veux et garde quelque temps le silence qu'elle rompt bientôt; elle lui presse la main, en lui disant : « Au moins , lorsque vous serez retourné dans votre pairie , souvénez-vous de Médée , comme elle se souviendra de Jason ; et dites-moi , avant de partir, où vous comptez aller (a). Jason, touché de ses larmes et déjà percé des traits de l'amour, lui jure de ne l'oublier jamais , s’il est assez heureux de retonrner dans sa patrie, et si Aëtès ne lui suscite pas de nouveaux obstacles. Comme elle lui avait demandé quelques instructions sur les lieux où il RE retourner, ou sur la Grèce, il entre, à cet égard , dans quelques détails sur la Thessalie où régna autrefois Deucalion qui éleva des autels aux douze grands Dieux. Il lui dit que là est Tolcos sa patrie ; ii lui parle aussi d'Ariadne, sur laquelle Médée lui avait fait des questions; et il manifeste le désir d’être aussi heureux que Thésée (b).
Ce vœu, formé par la tendresse, redouble le trouble de la princesse ; et d’un ton douleureux, elle se plaint qu'Aëtès ne soit pas aussi bien disposé que Minos , et
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