‹ Origine de tous les cultes, ou religion universelleChapitre 229 sur 240 · LIVRE JIT, CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE JIT, CHAPITRE V

d'Anaphè (a). Les Argonautes continuent leur route et arrivent à l’île d'Égine où ils vont faire de l’eau. C’est là que finit le récit du poëte, parce que c’est aussi là le terme de Jeurs dangers et de leurs travaux : car un vent doux les porte le long des côtes de l’Attique et de l’Aulide au port de Pagase, d’où ils étaient parüs (b).

Ce poëme , comme on le voit, se renferme dans l’unité d'action qui en fait l’objet, et ne diffère de celui d'Orphée que dans les développemens et les détails ; mais le fond est absolument le même.

Valérius Flaccus a fait un poëme en huit chants sur le même sujet, dans lequel il n’a fait que répéter une partie des anciennes fictions auxquelles il a donné plus ou moins de développement, mais où il a également conservé l'unité du sujet. Le triomphe complet de Jason chez lui ne s'achève qu'à la fin du septième livre. Le huitième ne renferme que le rembarquement des Argonautes qui emmènent Médée , sans que le poëte entre dans de grands détails sur le retour ; maïs il y peint les regrets et les douleurs de Médée fuyante , et la poursuite de son père. Le pilote annonce qu'ils seront obligés de tenir une autre route dans le retour, et de remonter le Danube. {y parle de l'ile Peucé , ainsi nommée d’une uymphe sarmate , et des Alains à travers lesquels passent les Argonautes à leur retour. [ci on voit paraître Absyrthe frère de Médée, que son père avait envoyé à sa poursuite , et qui vient troubler la joie des deux amans prêts à devenir époux. Le combat s'engage entre la troupe de Jason et celle d'Absyrthe. Ici l’auteur peint les alarmes

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de Médée sur le sort du combat, quelle qu’en soit l'issue. L'ouvrage finit là, et l’unité d'action n’y est point altérée.

Tous. ces, trois. poëmes, et le récit de Diodore, qui contient, un précis des traditions grecques sur la fameuse conquête du. bélier à toison d’or, se réduisent donc à une action unique; savoir à l’arrivée du soleil au point équinoxial de printemps, annoncée, tous les ans par le dégagement des premières étoiles du bélier céleste, qui paraissait à l’horizon oriental, ou sur les extrémités de la Mer-Noire, des flots de laquelle semblait sortir le soleil, tandis qu’au couchant le serpentaire Jason paraissait descendre au sein des flots. Cette plage orientale,était la Colchide. Sur ces mêmes côtes orientales, où le matin avaient paru le bélier et Méduse , qui précédait le char du, soleil , on voyait monter le soir le serpentaire Jason qui conduisait le char de la nuit, et qui s'unissait à la pleine lune équinoxiale du printemps. C’est. donc ce fait astronomique , cet unique phénomène annuel, qu'on a chanté dans le poëme intitulé Argonautiques, où Conquête du bélier à toison d'or. Aussi ce fait astronomique entre-t-il dans le poëme d’Hercule partiellement, et ne figure-t-il que comme morceau épisodique d’un des chants du poëme, de celui qui a pour objet le neuvième travail d'Hercule. Dans les Argonautiques, il, est: un poëme entier qui a un sujet unique. Si l’on voulait le considérer comme un des chants d’un grand poëme sur Jason, ou sur le soleil chanté sous ce nom, il faudrait supposer que le reste de l'ouvrage serait absolument perdu, et que la suite des aventures de ce héros , ainsi que celles de Médée , ne seraient que de légers fragmens des autres chants [173 |

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