‹ Origine de tous les cultes, ou religion universelleChapitre 236 sur 240 · TOME · texte numérisé non relu

TOME

Gro NOTES.

[22] Hercule avait, comme Mitbra, son antre sacré. ‘T'el était celui dans lequel on l’honorait dans la Mauritanie Tingitane (a), à peu de distance de Tingi, ville que l’on disait bâtie par le géant Antée qu'avait tué Hercule. On montrait dans cette ville l'énorme bouclier de ce géant.

[23] Bélus porta en Assyrie le nom de Hiühres, qui est celui que les Perses donnaient au soleil, Mithra, leur grande divinité. Ce même soleil était aussi le Dieu des Assyriens, remarque Servius (b), qui voit la plus grande conformité entre le nom de Béluset celui du soleil, adoré dans toute cette contrée sous le nom de /el, d’où Hélios et Bel.

[24] Il ne faut pas croire, dit Plutarque (c), que chaque peuple, chaque ville, ait eu des Dieux différens ; que ceux des Grecs ne fussent pas ceux des barbares ; que ceux des peuples du nord ne fussent pas ceux des nations qui habitent le midi. Comme le soleil, la lune, les astres , le ciel, la terre et la mer, sont communs à tous les peuples, les Dieux le sont aussi. Mais les noms et les formes varient, à raison des dif'érentes institutions religieuses qui ont réglé le culte (4). Les uns les désignent par des noms plus mystérieux, les autres en termes plus clairs, et les produisent sous.des formes plus simples. Isis, ainsi que les autres génies connus des Égyptiens, sont des Dieux adorés par des peuples qui n’ont point de Nil, de Butos ni de Mem phis; et quoiqu'il n’y ait que trés-peu de temps qu'ils désignent ces divinités sous les noms que leur donne VÉgypte (e), il y a bien des siècles qu’ils en connaissaient la puissance et qu'ils les adoraient. |

[25] Une tradition de Cadix (f) portait que Théron, prince d'Espagne, ayant voulu forcer et piller le temple d'Hercule , la flotte de Cadix avait été à la rencontre de la sienne, et avait engagé le combat. La victoire fut long-temps balancée. Mais enfin les brigands furent vaineus, et ceux qui échappèrent à la mort rapportèrent, dit-on, que ce qui avait déterminé leur défaite, c’est qu’ils avaient apercu des lions sur la proue des vaisseaux de Cadix, et qu’aussitôt ils s’étaient sentis brûler eux et leurs vaisseaux, comme par l’action des rayons de feu, tels que ceux que l’on représente autour de la tête du soleil, Ceci sans doute est un conte, mais dans lequel on a conservé le symbole de l'Hercule ou du soleil adoré à Cadix, c’est-à-dire l’image du lion.

[26] On remarquera que les Égyptiens supposaient que le soleil varie ses formes , dans les diflérentes saisons et dans les douze signes.

thereto

(a) Pomponius Mela, c. 5. — (ë) Serv. Comm. in Æneid., 1. 1, v. 646. — (c) Plut. de lside, p. 377. —- (d) Ibid. , p. 378. -— (e) Ibid., p. 377. -— (S) Macrob. Sat., 1. 1, €. 20. |

NOTES. Gr:

{271 Les colonnes fameuses connues sousle nom de colonnes d'Hercule, ou les rochers Calpê et Abila, s’appelaient indistinctement colonnes d’Hercule ou colonnes de Saturne (a), autrement de Crône; on les appela aussi colonnes de Briarée (b).

[281 Aussi voyait-on en Laconie une statue antique d'Hercule, à laquelle sacrifiaient ceux qui passaient de la puberté à la virilité (oc).

[29] Lucien observe que ce fut principalement sa force que les Dieux récompensérent en l’admettant à leur séjour (d). |

[30] Samson, par sa force extraordinaire, passe pour être Hercule, dit saint Augustin (e). Hérodote (f) rapporte sur Hercule une fable fort semblable à celle de Samson, lorsqu'il ébranla le temple et fit périr les Philistins. L’étymologie du nom de Samson et ses aventures ont beau coup de rapport au soleil-Hercule. Sampsa était le nom du soleil, chez les Arabes, Baisampsa était une ville d'Arabie, dont le nom signifie Heliopolis. (Steph de urbib.) Isidore de Séville prétend (g) que le nom de Samson signifie force du soleil, c’est-à-dire qu’il le définit comme Macrobe définit Hercule. Jablonski interprète ce nom par homme ou genie solaire (4). Quoi qu’il en soit de l'origine du nom, on sait que Samson était de la tribu de Dan, ou de celle qui, dans le système astrologique des Rabbins, était casée sous le scorpion, ou sous le signe avec lequel s'élève l’Hercule céleste. I devint amoureux d’une fille de Thamnis. En allant la trouver (i), il rencontra un lion furieux qu'il mit sur-le-champ en pièces, comme Hercule, sans le secours d'aucune arme. Ainsi le premier exploit de Samson est, comimne celui d’Hercule, la victoire sur le lion. Syncelle dit de lui (j) : En ce temps vivait Samson, qui fut appelé Hercule par les Grecs. Quelques-uns prétendent néanmoins, ajoute-t-il, qu'Hereule vivait avant Samson; mais les traits de ressemblance subsistant, il s’ensuit que, si Hercule est le soleil, Samson n’est qu’une copie de ce héros de la Nature.

[31] On appelle aussi cette constellation le vautour, ce qui a fait dire, sans doute, qu'Hercule, dans le choix des augures, aimait surtout les vautours (4). On l’appelle vautour de Prométhée, et VHercule Zngénicu-

lus s'appelle aussi Prométhée. On retrouve ce vautour dans la fable d’O-

(a) Eusthat. Comm. ad Dionys. Perieg., v. 64. -- (b) Schol. ad Dionys., p. 34, Geog. Vet., t. 4. —- (c) Paus. Lacon., P- 06. --- (d) Lucian., t. 2. Charid., p. 1019. --- (e) August. de Civ. Dei, 1. 18, c. 19. -— (f) Herod., L. 2, c. 45. —— (g) Isid. Orig., L. 7, c. 6. Jablonski Præf, , p. 17. -— (4) Cedren, p. 84. — (i) Jud., c. 14, v. 6. — (j) Syncelle, p. 165. -— (k) Plut. Quæst, Rom., p. 286.

DT

Gr2 NOTES.

siris, que nous expliquons. On disait d’Hercule, près duquel est la constellation de la Iyre, qu’il était musicien, et que Chiron, ou le centaure, qui se lève avec la lyre céleste et avec Hercule, était son maître de musique (a).

[32] Cette distinction de classe entre les Hercules, est confirmée par Hérodote (b) qui loue les Grecs d’avoir établi de la différence entre le culte qu’ils rendaient à Hercule Olympien, Dieu immortel, et celui qu'ils rendaient à un autre Hercule, qui n’était que dans la classe des héros ; et on sait que par héros, souvent on entendit des imtelligences d’un ordre secondaire et d’an rang inférieur à celui des premiers Dieux. Philostrate (c) parle aussi de deux Hercules honorés à Cadix dans le même temple. Le premier avait deux autels, et le second n’en avait qu’un. Le premier était l’'Hereule égyptien, un des plus anciens Dieux de l'Égypte, et l’autre était, dit-on, le thébain, celui qu'Hérodote appelle Ze héros, ou qu’il classe dans un rang inférieur au grand Hercule, Dieu immortel. On disait que Ropalos (d), ou Massue, fils d'Hercule , avait sacrifié le même jour à son père, sous le double rapport de Dieu et de héros. C’est ainsi qu’on doit entendre ce que dit Hérodote (e), qu’Hercule était un des douze grands Dieux, ou des douze intelligences principales, qui présidaient aux douze divisions célestes, dont la première où le lion avait, pour génie tutélaire et pour paranatellon, la constellation d'Hercule, ou l’amas d'étoiles groupées sous le costume du soleil du solstice d'été.

[33] Alexandre le Myndien rapporte qu'Hereule avait pour compagnon un dragon, quand il attaquä le lion de Némée ; qu'Hercule même le nourrit à Thébes et le garda dans sa tenfe (f); tradition qui semble convenir à l’Hercule serpentaire.

[34] Entre Cléonée et Phliunte, on trouvait Némée et le bois sacré où les Argiens célébraient les jeux néméens (g), dans le lieu même où l’on prétend qu'était le fameux lion connu sous le nom de lion de ]Vémée. Ces jeux étaient des jeux véritablement cycliques, comme ceux d’Olympie, qu'avait institués Hercule, et ils avaient pour objet les périodes célestes. Il en était de même des jeux pythiens, établis en honneur du même Dieu-soleil, sous le nom d’”Apollon, chef des mouvemens différens des cieux et de l'harmonie des sphères ; du Dieu vainqueur des ténèbres et du serpent du pôle, qui les ramène tous les hivers.

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(a) Plut. de Musica, p. 1147. -— (b) Herod. , 1. 2, €. 44. —- (c) Philostrat. vit. Apoll.,1.5,c.r.-— (4) Phot. Codex 190, p. 477. --- (e) Herod., L 2, ©. 43. -— (J°) Photius Cod. 190, p. 476. —- (8) Strabon, 1. 8, p. 377.

[35] Il est bon d’observer que lhydre a sur son corps la coupe que Macrobe (a) appelle coupe de Bacchus ou du Dieu-soleil : car nous ferons bientôt voir que Bacchus est un des noms du soleil. On disait d'Hercule qu'il avait passé la mer dans la coupe du seleil, et cette fiction entrait dans le second chant de l'Héraclée par Pisandre (b).

[36] La balance est le domicile de Vénus; et Nonnus Yait naître les centaures de Jupiter et de Vénus, ou plutôt des sillons fécondés par Jupiter qui voulait s’unir à Vénus. La semence du Dieu imprégna da terre qui mit au monde les centaures (c). On vanta la Justice de ce centaure. {l est placé sous la balance ; on voit l'e‘igine du caractère que la fiction lui donne. C’est ainsi que la vierge, dans la main de laquelle fut autrefois placée la balance, s’appela Thémis.et d'ustitia.

[35] On peignait Hercule chez Pholus, couché et appuyé sur son coude, et tenant en main une coupe (d). Cette même coupe est dans les constellations sous l’hydre; elle s’appelait coupe de Bacchus (e),et coupe. d'Icare, ou du Bootès, qui plauta le premier Ja vigne, instrait par Bacchus (f) : souvent même on le peignait ivre et chancelant, comme Bacchus (g).

[38] Voyez Nonnus , 1. 14, w. 13 et suav.

[39] Les femmes étaient exclues de Ja cérémonie olympique. On precipitait d'un roc celles qui se hasardaient même de passer le fleuve (R). À Rome Jes femmes étaient également exclues des sacrifices d'Hercule ().

[4o] Où appela ce lieu champs Phlégréens, parce que le feu de la foudre y consuma les géans (j). Pallène, ville de Thrace, futainsinommée d’une fille de ithon. Elle donna aussi son nom à une péninsule habitée par les géans. Les Dieux secondèrent cé héros dans ce travail, en langant contre eux des feux et des foudres , pour aider à consumer cés méchans, dit Eustathe. On montrait (k) aussi en Campanie des champs Phlégréens; les géanstués par Hercule furent, dit.on(1), ensevelis sous l'île de Mycon.

[411 Au mois tybi, qui répondait aû mois où le soleil occupe cette partie du Zodiaque, des Égyptiens faisaient uné cérémonie, dans laquelle ils offraient des gâteaux sur lesquels était peint un cheval fluvia-

a sq mo

(a) Som. Scip., 1. 4. -—{(6) Athénée, 1. 41. {e) Dionys”, 192) "pe 71. = (d) Lucian, t: 2. Symp., p. 852. -— (e) Macrob. Som. Scip., 1. à, c. 12.---(f) Hyg., 1. 2.-— (g) Macrob. Sat., 1. 5, c: 11. --+(h) Paus. Heliac. 1, p. 152. ---(i) Macrob, Sat. Lt, c. 12. --- (j) Eustbat. ad Dionys. Perieg.; v. 330, -— (4) Ibid. , v. 358..— (1) Tbid., v. 525.

tile enchaîné (a). Le soleil parcourait donc le commencement des poissons alors, et la Vierge céleste se levait le soir : elle porte le nom d’/sis, etc.; on appelait cette fête le retour d’Isis de Phénicie.

[42] Piscibus exortis, quum pars vigesima prima , signator terræ lumen fulgebit, et orbi AËrius nascetur Equus, cæloque volabit, etc. Manil. 1 5, v. 631, etc. C’est ce mot Ærion, en grec, qui, par contraction, a donné le nom Ærion, on cheval Arion. Pégase faisait partie des haras du soleil (b).

[43] Strabon a très-bien remarqué, que de tous les historiens d'Alexandre, ceux qui ont le plus aimé la vérité, comme Aristobule et Ptolémée, n’ont pas dit un seul mot des Amazones. Leurs noms seuls, qui sont tous grecs , décèlent la fiction. Hippolyte, Lampeto, Penthesilée, Ménalippe, Antiope, sont des noms d'Amazones, et n’ont point du tout l'air d’être empruntés de la langue scythique.

[441 La fiction des Amazones à donné lieu à plusieurs traditions qui se sont conservées à Athènes, et qui ont ensuite passé dans l’lonie, peuplée de colonies athéniennes. Elles étaient fameuses dans l’histoire de Thésée, ou de l’Hercule athénien. Elles avaient fait une expédition contre Athènes (c), et avaient été ensuite au siége de Troie combattre contre les Athéniens et les autres Grecs. On montrait à Athènes le tombeau de la fameuse Hippolyte (d). En lonie, elles bâtirent , dit-on, le temple d'Éphése (e); on montrait dans tout ce pays des villes, des fontaines, et une foule d’établissemens que l’on prétendait être des monumerns du séjour de ces femmes singulières (f), qui, aux yeux de tout homme de bon sens, n’ont jamais pu avoir d'existence politique, que dans un roman.

[45] Tzètes (g), commentant les vers de Lycophron sur l’Hercule aux trois nuits, dit qu’il passa trois jours dans le ventre d’une baleine, et plongé tout vivant dans les flancs ténébreux de cet animal. Saint Cyrille, commentant le chap. 11 de Jonas, confirme cette tradition : il ajoute qu’il en sortit tout épilé, et il rappelle le passage de Lycophron. Théophilacte, dans son commentaire sur le même endroit du prophète Jonas, s'étonne que les Grecs ne veuillent pas croire au miracle de Jonas, tandis qu’ils croient bien à un semblable événement arrivé à leur Hercule. Sextus Empiricus dit que cette baleine est le monstre auquel fut exposée Hésione ().

(a) De Iside, p. 371. —- (b) Schol. ad Dion. Periceg., p. 39. Geog. Min., t. 4. -— (€) Pausan. Attic., p. 14. —- (d) Ihid., p. 39.—(e) Achaic., p. 207. Idem. Mess., p. 141. — (f) Eusthat. ad Dionys. Perieg., v. 828. — (2) Tzètes ad Lycoph., y. 33. —- (h) Sext. Empir. adv. Math., €. 12, p. 50.

46] Suivant Diodore, Osiris bâtit la Thébes d'Égypte; ce qui rapproche ces deux fables solaires.

[471 Héraclée fut bâtie par une colonie de Mégariens. Près de ce lieu est la Chersonése Achérusienne; c'est par-là, dit-on , qu’Hercule tira le Cerbère des enfers (a).

[48] On montrait aussi à Frézène (b) le lieu par où Cerbère avait été amené à la lumiére par Hercule. Les habitans d’Hermione avaient chez eux un semblable trou (c), ainsi que ceux qui habitaient le voisinage du cap Térare en Laconie (d). Peut-être est-ce la raison qui faisait chasser les chiens des lieux où l’on sacrifiait à ce héros , à cause, dit Plutarque, des peines incroyables (e) que lui donna son combat contre le Cerbére.

L491 Hercule ayant vaincu le fleuve Acheloüs, obtint pour récompense Déjanire , fille d'Oinée (f). Acheloüs avait brigué son hyÿmen, en se présentant sous trois formes; sous celle d’un homme à tête de taureau, sous celle du bœuf et sous celle du dragon. Quelques - uns ajoutent que ce fut la corne d’Amalthée, qu'Hercule enleva au fleuve Acheloïüs, et qu’il donna à Oinée, comme un gage de son mariage. Quant aux métamorphoses du fleuve sous trois formes prises du bœuf et du serpent, j'observerai que le fleuve d’Orion se lève avec le bœuf, et se couche au lever du serpent d'Ophincus, en mêmetemps que la chèvre Amalthée. Dans la fable de Phaëton, ces emblèmes se trouvent réunis , et forment le canevas de la fiction.

[bo] Pline (g) convient que le nom d’Hespérides, donné au jardin dont Hercule enleva les fruits, tire son origine, non pas des filles d'Hespérus, mais du couchant , Æesper, Yoccident. C’est de 1à que l'Espagne, située à la partie la plus occidentale de l'Europe, prit le nom d’Hespérie (h).

[51] Ainsi, dans le monument de Mithra ou du Dieu-soleil chez les Perses, on voit le scorpion au pied d'un arbre chargé de pommes. Le scorpion était le signe céleste qui répondait à l’automne, et celui qui, dans son lever, était toujours accompagné du dragon des Hespérides, qui monte en même temps que jui au bord oriental.

[52] Les Béotiens semblaient rendre la double idée dans l’offrande qu'ils faisaient à Hercule d’une pomme, dans laquelle ils enfoncaient

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(a) Eusthat. ad Dionys. Perieg., v. 791. -—- (b) Pausan. Corinth., p. 73. — — (ec) Ibid. , p. 78. —- (d) Pausan. Lac. , ». 108. -— (e) Plut. Quæst. Rom. , p.282. — (f) Strab., L 10, p. 458. --- (g) Plin., 1. 5, ce. 5.--(h) Sorv: Mneid., l. £, v 534. Macrob. Sat.,L 1, €. 3.

nc NOTES.

quatre bâtons en forme de-pieds, et deux au-dessus, en forme de COrnes, pour en faire une espèce de bélier (a), ou d’animal, un des plus agréables à Hercule.

[53] Pisandre, qui recomposa le poëme de l'Héracléide, était Rhodien (b), ou d’une île dont le Soleil était la grande divinité. H fit, sans doute, sur cet ancien poëme, ce que Nonnus de Panople fit sur les Dionysiaques, et ce qu’Apollonius de Rhodes et Valérius-Flaccus firent sur les anciennes Argonautiques, dont nous avons un extrait, connu sous le titre d’Argonautiques d'Orphée. f’oyez Suidas sur Pisandre.

[54] Praxitèle avait représenté à Thèbes la plupart des travaux d'Hercule (c). Quintus de Smyrne prétend que la série des douze travaux d’Hercule était figurée sur le bouclier d’Eurypile. Hs l'étaient sur une statue de Minerve à Lacédémone (4), sur le trône d’Amyclée (e), sur le coffre de Cypséle (f), et parmi les offrandes d’Hercule à Olympie. À Alyzia, près de laquelle était le port d’Hercule, ce Dieu y avait son temple. Là étaient représentés ses travaux par Lysippe. Ce monument fut dans la suite transporté à Rome (g). On avait pareillement sculpté, cans le temple de Cadix, l’histoire des douze travaux (4). A Titane, vile bâtie par Titan, frère du Soleil (G), était un magnifique temple d’Esculape ou du Dieu-soleil, qui prend les formes d'Ophiucus, appelé Esculape et Hercule ; et on y avait représenté sur Ja voûte Hercule et ses victoires, Cet Esculape s'appelait Gortynien , le même qui était adoré à Gortys en Arcadie (j). Or, cette Gortys passait pour avoir envoyé une colonie en Crète, qui fonda Gortynie, où l’on adorait le même Hercule serpentaire, sous le nom de Cadmus (4), lequel devint VHercuie crétois. Nous insistons sur ces rapprochemens et sur ces filiations de culte, parce qu’il en peut jaillir un grand jour sur celles des peuples.

155] Je passai pour bien bardi, lorsque je dohnai au public, dans une lettre du Journal des Savans, en février 1780, mon opinion sur Hercule , que je ter minais par ces mots : « Est-il le seul sur l'existence duquel on se soit trompé? Je pourrais... .. Mais il en est de la lumière de la vérité comme de celle du soleil, on ne doit la présenter aux hommes que par degrés , et attendre qu’un long crépuscule ait préparé

(a) Julius Pollux, 1. 2, c. 1. —- (b) Strab. , 1. 14, p. 655. — (c) Pausan. Bæotic., p. 290.-=- (4) Ibid. Lac., p. 99.--- (e) Ibid., p. 101.-— (f) Ibid., Heliac. 1, p. 165, 176. Strabon, 1. 10, p. 459. -— (8) Phiostr. Vit. Apoll., 1. 5, c. 1. —- (2) Pausan. Corinth., p. 55. — (à) Ibid. Arcad., p. 260. --- (j) Solin. — (X) Strab., 1. LR P: 278:

NOTES. ni. Gi leurs yeux à en soutenir l'éclat. » Claudite jam rivos, etc.; car dès-lors je sapais tous les fondemens des anciennes histoires merveilleuses, et j'indiquais d'avance la fable du Dieu-soleil des chrétiens, que j'avais déjà découverte, et que la révolution seule pouvait me mettre à portée de développer par la voie de l’impression en France,

[56] Hercule était un des descendans de Persée et d'Andromède, qui cont au nombre des constellations , et qui par leur coucher font lever l’'Hercule Zngéniculus.

[57] On voyait à L'arente deux statues colossales, dont l'ane representait Jupiter, et l’autre Hercule, La même ville avait ainsi présenté dans son sein l'image de la réunion des deux formes solaires (a).

On supposait aussi qu'autrefois Hercule était allé visiter l’oracle d'Ammon, et que c’est pour limiter qu'Alexandre fut consulter ce même oracle.

Au reste, Hercule, comme Ammon, rendait aussi des oracles (b) près du monñt Sambulos, aux environs du Tigre et de 'Euphrate. Hi donnait des avis à ses prêtres durant le silence de la nuit. Nous avons vu plus haut qu'il partageait aussi le trépied d’Apollon, Dieu des oracles. Une des faces de l'autel du devin (c) Amphiaraus représentait Hercule et Apollon unis. Hls l’étaient aussi dans le signe des Gémeaux (d), à l'influence duquel l’oracle de Didyme était soumis (e).

[58] Cette disparition ressemble fort à celle de ses vaches en Itake, et qui lui furent enlevées par Cacus pendant son sommeil.

[59] Dans la Chersonése Taurique ou Scythique, était la ville d'Héraclée (f), dans laquelle était le temple d’une vierge qui donna son nom au cap Virginal ou Parthénion , sur lequel était sa statue, Etait-ce la vierge céleste, ou la fameuse vierge dont Hercule fut amoureux, qu'on avait voulu consacrer ; ou était-ce Diane? .

[60] Cette doctrine était aussi celle des Stoiciens qui n’admeitaient qu'une divinité unique, dont les noms variaicnt à raison de ses opérations variées, dit Servius (£). :

[61] On remarque en effet qu'Osiris et Isis avaient, dans le culte égyptien, la même prééminence que le soleil et la lune ont dans la Nature. Ces deux divinités étaient communes à toute l'Égypte, comme J'action bienfaisante de ces deux astres l'est à l'Univers (A).

Le commentateur anonyme de Denis le Voyageur, sur le vers 2 16,

(&) Strabon, L: r7, p. 814 — (b) Tacite Annal., H 12, c. 13. —(c) Pausan. Atlic., p. 33. — (d) Hygin, 1 2. — (e) Luc. de Astrol., p. 993 — (f°) Strabon, ke, c. 308. — (g) Serv, Com. in Æneid., 1. 4, v. 638. — (}) Herod., L. 2, €. 42:

dit que les Éthiopiens donnaient au soleil le nom de Siris, à cause de son éclat brillant; nom qui fut donné pareillement à la plus belle des étoiles, Sirius, ou à la brillante du grand chien. Si cela est, on sent que les Grecs, ajoutant l’article o, durent faire Osiris, nom du soleil, la grande divinité de l'Égypte.

[62] Ce sont les cinq élémens, ou les cinq puissances de la théologie des Indiens. Peut-être répondent-elles aux cinq divinités, Osiris, Isis , etc.

[63] Ce sont là les Dieux célestes et éternels, ajoute Diodore (a) , » après avoir dit que le soleil , la lune et Les élémens mus par eux étaient autant de divinités en Égypte; ce qui est absolument conforme à notre théorie sur les Dieux, ou sur les causes physiques, considérées comme Dieux par les anciens, et comme Dieux dont le culte fait la base de la religion universelle. Diodore fait régner après eux des hommes qui portaient le même nom que les Dieux naturels, et à qui leurs vertus avaient acquis limmortalité. Ces prétendus personnages apothéosés , dont Diodore nous a conservé les histoires merveilleuses, ne sont autre chose que les héros des légendes sacrées, faites sur les Dieux naturels eux-mêmes. L’explication que nous allons donner de ces aventures merveilleuses, par les Dieux naturels, en sera une preuve complète.

[64] Le troisième jour des épagomènes , celui où l’on fixait Ja naissance de Typhon, était placé au nombre des jours funestes, et les rois, ce jour-là, s’abstenaient de rendre Ja justice (b).

[65] C’est ce que Jamblique appelle Les raisons de vie et de forme, qui sont en dépôt dans Isis (c).

[66] Les Egyptiens désignaient leur Typhon, ou le principe de désorganisation de la nature, par le nom de F’iolens ou de Seth (d), qui signifie cela dans leur langue. Ils donnaient le même nom à l’astre Sirius, connu par la violence des ardeurs solsticiales.

Iis donnaient encore à Typhon les noms de Bæbon, de Smy, qui désignent une violente contrariété, une opposition, un rebroussement ; ce qui caractérise parfaitement le mauvais principe Ahrimane, qui sans cesse contrarie Ormusd, et gâte son ouvrage (e).

Cette vérité philosophique, sur l'existence des deux forces contraires qui se choquent dans la nature, et sur les combats de la double ame de l'Univers, sera rendue plus sensible, dit Plutarque (f), par l'application que nous en ferons à la théologie égyptienne ou aux aventures

(a) Diod. Sic., 1, 1, ce. 8, p. 19. — (b) De Iside, p. 356. — (c) Jomblich,, e. 364 — (d) De Iside, p. 367, 371. — (e) Ihid., p.376. — (f) Ibid., p. 371.

d'Osiris, d’Isis et de T'yphon. C'est effectivement là le fond de ce roman théologique.

[65] Typhon était censé habiter le T'artare (a), le lieu où se choquent les élémens des corps en discorde, avant qu’Osiris, ou le principe du bien, y eût versé l’ordre et l’harmonie par son union à la matière. -

[68] La chaleur imprime le mouvement universel d’où résulte Ja vie, tandis que le froid, enchaînant tous les fluides, donne la mort. Typhon était donc ce principe d'inertie (b), qui entrave sans cesse l’activité de la nature mue par Osiris. En conséquence on lui consacra animal le plus contrariant et le plus tardif, l’âne, nous dit Plutarque (c);

C'était à Osiris, suivant Diodore (d), qu’on attribuait l’établissement du culte des bœufs, par honneur pour l’agriculture et pour les inventeurs du labourage.

[69] Typhon, ainsi que tous les géans, était né des flancs de la matière ou de la terre (e).

[50] Dans la fameuse inscription, gravée sur une colonne élevée en Arabie en honneur d'Osiris, ce Dieu se dit né de l'œuf, comme Phanès, et d’un germe dont la substance est de la nature de celle du jour (f).

Cy1] C’est sur ce principe qu'a été composé notre planisphère, destiné à expliquer les voyages d'Osiris. Nous avons consulté l'état général de la nature et de la végétation dans tout l'hémisphère boréal ; et nous n’avons rien désigné de particulier à l Égy pte, que les époques de la sortie et de la retraite des eaux de son fleuve. La végétation, d’ailleurs, y est en sens opposé à celle des autres climats, en grande partie. Ainsi les phénomènes météorologiques, et les opérations agricoles désignées sous chaque signe du planisphère, deivent s'appliquer à tout l'hémisphère boréal pris dans sa généralité.

[C2] On se rappellera ce que nous avons dit de Busiris dans la vie d’Hercule, et de ses amours avec les pleïades , et comment nous avons prouvé qu'il est Orion. Aussi avons-nous casé Orion dans Îles deux planisphères , avec les Atlantides, sous le taureau. Cet accord des deux fables, qui se réunissent à placer Busiris et ses aventures sous le lieu du passage du soleil aux signes supérieurs , et à les lier au taureau, et à un prince qui a des, cornes de taureau, prouve la vérité de notre

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(a) De lside, p. 374. — (b) Ibid., p. 376. — (c) Ibid., p. 363. —(d) Diod., L +, e. 55, p. 99: — (e) Apoll. Hesiod. Diod. 1. 26,6 10: = @f)t Diod., 171,

conjecture, qu’eflectivement Orion a été désigué sous le nom de Busiris dans ces deux histoires merveilleuses.

C’est à la suite de la défaite de Busiris qu’Hercule bâtit la Thèbes aux cent portes, dont ici on attribue la fondation à Osiris. Voilà donc un trait de rapprochement entre ces deux divinités. Il en est encore un autre, c’est qu'Hercule fut mis à mort par Typhon, comme Osiris, et qu'il ressuscita comme lui, Cet accord ne se trouverait pas dans deux fables, en apparence si diflérentes, si elles n'avaient pas poar objet le même être , le soleil. D’autres attribuent la fondation de Thèbes à Busiris lui-même, ou à un de ses descendans qui portait ce même nom (a). Il est à remarquer que la Thèbes de Grèce fut bâtie par Cadmus, dans lendroit où se couchait un bœuf qui avait le croissant de la lune sur son épaule; le même bœuf qui enleva Europe, et qui est placé au ciel sur Orion, dans le signe qui, suivant Nonnus (b) , monte aux cieux, et y brille au printemps, lorsque Cadmus concoit le projet de bâtir Thèbes. Toutes ces traditions sont bonnes à rapprocher; car c’est aussi sous le taureau qu'Hercule est censé bâtir Thèbes , dans l'histoire d'Hercule. Il n’y eut pas réellement de roi appelé Busiris, qui immolât des étrangers, observe Diodore (c); c'était , dit cet historien, le nom du lieu où fut enterré Osiris. Ceci nous reporte aux cieux prés d’Orion, ou près de la fameuse vache dans laquelle Isis renferma les membres de son époux, lorsqu'elle lui donna la sépulture , comme nous verrons ailleurs. |

[73] Ceci est un nouveau trait de ressemblance entre Bacchus et Osiris. Le lierre était consacré à Osiris (d): on l’appelait méme en Égypte la plante d'Osiris. On préféra la feuille de cet arbuste à celle de la vigne, parce que le lierre est toujours verd, et que da vigne se dépouille de ses feuilles, et n'est pas, commele lierre et le laurier, un symbole de perpétuité.

[74] On verra bientôt, dans l'explication des aventures d'Asis, que” ce furent les Pans qui habitaient Panople, quiles premiers s’aperçurent de la mort d’Osiris. ,

[751 On verra dans notre ouvrage, à l’article des Cyeles, que le débordement du Nil, qui arrive au solstice d’été régulièrement , au lever du matin de Sirius , et au lever du soir du verseau , a été chanté sous de nom de déluge de Dencalion. La position des cieux, pour cette époque allégorique, nous est donnée par Nonnus, et elle suppose que le soleil

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(a) Diod., 1. 1, ec. 29, p. 54. — (b) Nonnus Dionys, , 1. 3.— (c) Diod., 4-13 € 56, p.99. — (d) Ibid, €, 10 ; p. 2r

NOTES. Ga

était au solstice. Le poëme sur Osiris, connu sous le nom de Dionysiaques, s'accorde donc ici avec la légende d’Osiris, conservée par Diodore. Cet auteur mous apprend que le fleuve d'Égypte porta successivement les noms d’Océan, d’Aigle, d'Egyptus, et enfin de Nil.

[76] On observera que Synésius a intitulé l'ouvrage qui contient cette fable, ou plutôt que cette fable remplit tout entier : Livre de la Providence. Ce qui prouve bien qu'il s'agit d’y examiner la manière dont la divinité agit dans le monde, dans lequél se mélent les biens et les maux. Ainsi Plutarque expose la théorie des deux principes (a), en parlant de l'opinion sur la Providence, qu'il dit être une opinion très-ancienne, universellement répandue, et qui entre dans toutes les légendes religicuses.

[771 Plutarque observe qu’à la même époque où les Égyptiens célébraient des fêtes de deuil , les Grecs en célébraient aussi; et cela en automne , à l’approche des semailles, au lever du soir des pleïades, dans le même mois où l’on supposait que Fyphon avait renfermé Osiris dans un coffre. 1l parie , entre autres, des fêtes du deuil de Cérés qui venait de perdre Proserpine sa fille, que Pluton emmenait avec Jui aux enfers. Cette correspondance n’a rien d’extraordinaire ; car les Grecs empruntèrent leurs mystères et la plupart de leurs fêtes religieuses, des Égyptiens qui ont été les pères de presque toutes les religions (b).

[781 Plutarque (c) suppose pareïllement que Typhon, par leffet de sa malisnité naturelle et de la jalousie qu’il concevait de la félicité des hommes, troubla tout, et répandit les maux de toute espèce sur la terre et sur la mer, jusqu’à ce qu’il en eût été puni, et qu'Osiris et Isis eussent vengé la terre. Au contraire, il place Osiris et Tsis au nombre des bons génies , qui exercent une grande puissance sur la terre ét dans les cieux.

[301 Le signe énigmatique que le Dieu lui indique, c’est qu’au moment où le temps marqué par les destins sera arrivé, « les sceptres » de l'Égypte porteront élevées des griffes d'animaux Tres et les » oiseaux sacrés baisseront la tête. » C'était un symbole mystérieux, gravé sur les obélisques et sur les temples, mais dont il m'était pas permis de révéler le sens.

[8o] L'auteur ajoute qu'Osiris, dans sa retraite, s'était livré à la contemplation, et s'était fait initier aux mystères de tous les Dieux célestes ; en sorte qu’il avait profité même de son exil. Ceci nous rappelle une tradition és gyptienne (d) rapportée par Eudoxe, savoir, que

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(a) Plut. de Jside, p. 369. — (b) Ibid. , p. 378. — (ec) Ibid. , p. 361. — (d) Ibid., p. 376.

Jupiter avait aussi vécu dans la solitude, parce que ses jambes s'étaient tellement réunies, qu'il ne pouvait marcher, et que ce fut Isis qui lui rendit le jeu facile de ses mouvemens; allusion manifeste à la lenteur de son mouvement au tropique d'hiver.

[81] Dans le récit de Plutarque, Isis, après avoir mis aux fers Vyphon,nele tue pas (a); elle le remet même en liberté ; cé qui indigne Horus, son fils, qui craint de nouveaux outrages de la part de son ennemi. Cette fiction porte sur ce dogme-ci, que, dans la Nature, le principe du bien, en lutte avec celui du mal, peut le vaincre et l’enchaîner, mais qu’il ne le détruit pas entièrement. Le monde, dit Plutarque (b), forme un ensemble composé du mélange de facultés contraires, mais dont les forces sont inégales. La meilleure force a bien le dessus; mais elle ne peut extirper entiérement la mauvaise, qui est fortement enracinée dans ie corps et dans l'ame de l'Univers , où elle contrarie sans cesse le principe du bien.

[82] C'est ainsi que les prêtres, qui ont fait la légende du soleil adoré sous le nom de Christ homme, dont la vie devait servir de modéle aux autres hommes, l'ont peint humain, bienfaisaut, et enseignant par son exemple la morale, que, sous son nom, le prêtre voulait enselgner.

[83] Nunc Dea niligenâ (c) colitur celeberrima turbä.

VIrG.

Hoc alii signum Phariam dixere juvencam,

Quæ bos ex homine, ex bove facta Dea.

Ovin., Fast., 1. 5.

[84] La lune est la Junon des Argiens.

[85] C’est ainsi que Cadmus, chargé par son pére de chercher Europe, enlevée par Jupiter-taureau , bâtit une ville dans le lieu où il vit s'arrêter un bœuf, qui, comme Apis, portait sur l'épaule le croissant de la lune. Aussi Cadinus, dans les Dionysiaques de Nonnus, Liv. 3, v. 250, conte cette histoire d'Eo, comme une aventure arrivée dans sa famille.

(861 Les faces d’Isis et de Nephté (4) se trouvaient successivement placées au bas du sistre, au-dessous du lieu des élémens; ce qui dut être, si Isis désignait l’hémisphère supérieur, et si Nephté désignait

(a) De Iside, p. 358. — (b) Ibid., p. 371. — (ce) Ovid. Metamorph., 1. #, fab. 19. — (d) De Iside, p. 376.

Yhémisphère inférieur, comme le dit Plutarque (a). Elle agissait immédiatement sur les élémens, étant placée elle-même sur la ligne qui sépare l'empire de la lumière de celui des ténèbres, et le ciel, toujours constant, du monde élémentaire, toujours variable. Les nuances variées dela robe d'Isis exprimaient tout cela, suivant Pintarque (b). Osiris, au contraire, était, comme Ormusd, au centre de l'empire de la lumiére , hors des atteintes de la matière grossiére, qui aurait souillé sa pureté par un contact trop immédiat avec les éémens des corps mortels. De même la lumière du jour est une et simple; celle de la nuit est composée des émanations de mille feux divers, et des influences variées d’une multitude d’astres (c).

[87] Cet empire, que Typhon va exercer sur la terre que le bienfaisant Osiris avait embellie et enrichie de ses dons, et où Fyphon va porter le désastre et le ravage, a donné lieu , chez les Égyptiens , à cette ancienne tradition, qui portait que Thyphon autrefois occupa le domaine qui avait appartenu à Osiris (d).

[88] On pourrait peut-être chercher l'explication de cette opinior théologique dans ce préjugé physique sur la lune, rapporté par Diodore (e); savoir, qu’à la lune appartient le terrestre et l'humide , et que Yélément de la terre et de l’eau composent sa substance. Mais alors Plutarque aurait dà dire, de cette divinité, et non de ces divinités.

[89] En effet, Isis, dans la théologie égyptienne, était regardée comme la partie de la Nature où se déposaient tous les germes de fécondité, qui du soleil et de tout le ciel découlaient ensuite sur la terre, La lune était la limite du principe actif et du principe passif, à la nature desquels elle participait également. C’est elle qui courait sans cesse recueillir les germes de bien, qui résident dans la partie supérieure du monde : elle s’attachait à la poursuite du soleil, ou du Dieu bienfaisant qui embellit la Nature, et que les spiritualistes plaloniciens appelaient l’image du bien suprême où de Dieu (f); le soleil étant le premier bien dans le monde visible, comme la divinité invisible l’est dans le monde intellectuel. La lune, placée sur les confins de la lumière et des ténèbres, dont elle éprouve les vicissitudes dans ses phases, tient aux deux principes; mais elle s’attache de préférence au bon, après lequel elle court éternellement. Ainsi Isis, dans Ja théologie des Égyptiens spiritualistes, s’attachait à la recherche du bien: elle se prétait à son action ; elle en recevait, elle en sollicitait les heureuses influences,

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(a) De Iside, p. 368. — (4) Ibid., p. 382. — (c) Ibid., p. 384. — (d) Ibid., p.367. — (e) Diod.,1.1,e.7,p. 15. — (f) De Iside, p. 372.

pour les verser ensuite dans la matière en génération, et lui donner les formes dans ses diverses organisations. C’est ainsi que la métaphysique abusa des idées physiques, et les transporta dans ses explications sur sis, Osiris et Horus (a). Pour nous, nous tenons au sens physique, qui est le véritable, au moins dans l'opinion de ceux qui font concourir la lune avec le soleil au grand ouvrage des générations sublunaires, et qui la regardent comme le principe passif, relativement au Sole, dont elle transmet l’action féconde à la terre.

[oo] Plutarque dit qu’Osiris avait laissé cette couronne chez Nephté (b) : et plus loin il ajoute que Nephté désigne le rivage de la mer (c), les parties extrêmes de la terre baignées par cet élément, que les Égyptiens regardaient comme appartenant à Typhon, et qu'ils le désignaient par le nom de Typhon ; tandis qu’ils donnaient le nom d’Osiris à l’eau bienfaisante da Nil (d). Si cela est, si par Nephté on doit entendre le ‘rivage de la mer, Pallégorie estsensible, Car alors la couronne d’Ariadne se trouve au couchant sur le bord de la mer. Mais Nephté est-elle le rivage de la mer? C’est la question à décider. Je préférerais l’autre tradition, rapportée par le même Plutarque (e), qui appelle Isis Phémisphère supérieur , et Nephté l'hémisphère inférieur, où passe le soleil; alors, c'est Vénus et Proserpine qui EE successivement d’Adonis.

[or] Diodore, parlant du culte des chiens en Égypte, dit (f) que le Dieu Anubis était représenté avec une tête de chien, et que le chien était le gardien d’'Osiris et d’Isis, conséquemment du soleil et de la lune ; ce qui justifie ce que Clément d'Alexandrie dit des chiens qui étaient conduits dans les processions égyptiennes. Ils étaient censés garder les limites du moavement du soleil et de la lune, ou les tropiques : aussi les trouvons-nous placés près du tropique. D’autres auteurs, ajoute Diodore, pensent qu’isis se fit accompagner de chiens ( c’est donc Diane), quand elle se mit à la recherche d’Osiris, et qu'ils l'avaient utilement servie, et que c’est pour cela qu’on les conduit en pompe dans les fêtes d’Isis.

{921 J'observe que, prés de la Colchide où les Égyptiens eurent des établissemens, il y avait un fleuve appelé ffeuve Jsis, duquel, dit Arrien, s'élevait un vent très-fort le matin (2).

[93] Nous regardons le cône d'ombre de la terre comme le coffre

(a) De Iside, p. 373. — (b) Ibid., p. 356. — (c) Ibid., p. 366. — (d) Ibid., p. 364. — (e) Ibid., p. 368. — (f) Diod., L 1, c, 55, p. 97. — (g) Arrian. Peripl., P. 7:

En NOTES, 625

aprés lequel court Isis ou la lune. Lorsque le soleil est dans les signes inférieurs, il répond successivement à tous les signes supérieurs, dont le dernier est la balance, où est Typhon et le pore d'Érymanthe, autrement l’ourse-chien de T'ÿphon. Ils entourent alors la pleine-lune, au commencement de la petite période de quatorze jours , durant laquelle la lune se dégrade, jusqu’à ce qu’elle se soit réunie à Osiris , dans les signes supérieurs. Là est le renouvellement de la Nature, de l’ordre, de la génération des êtres , et lé siége du bien et de lalumiére.

[941 Le nombre dix-sept, qui est celui du jour du mois où Typhon fut mis dans ce coffre obscur (a), la lune étant.en opposition ou pleine, fat un nombre maudit, que les Pythagoriciens même comptaient parmi les nombres du sinistre augure.

[95] Typhon, principe-ténèbres, était peint sous l'emblème d’un grand dragon. De ]à l'origine de l'opinion , dans laqueile sont certains peuples, que dans les éclipses du soleil et de la lune, c’est un grand dragon qui dévore ces astres, On trouve des traces de cette opinion dans la tradition sacrée des Égyptiens sur Typhon, qui avait dévoré un œil G’Horus, qu'il avait ensuite rendu au soleil; allégorie, dit Plutarque (b), relative à la June éclipsée, et qui reparaît ensuite illuminée par le soleil, avec qui elle est en opposition ; car on appelait la lune et le soleil les yeux d’Horus (c).

C6] 11 est à propos d'observer que, dans le fameux monument de Mithra, dont nous donnerons ailleurs l'explication, c’est aux testicules du taureau, dont le sang féconde la terre au printemps, que s'attache lé scorpion de lPéquinoxe d'automne, signe sous iequel Typhon fait périr Osiris. Ainsi le taureau Mithriaque, et le taureau, dont Osiris prend la forme, sont tous deux privés des organes dé la génération par le même scorpion, ou sous le même signe céleste. Ce rapprochement est intéressant à faire.

Réciproquement, au printemps, Horus reprend sa force, et défait Typhon. On exprima cette idée par une image d’Horus (d), qui serrait les testicules de Typhon, et détruisait les sources du moi que ce génie répand dans la matière. On disait, sous une autre figure, que Mercure, celui qui donne à Isis le casque de taureau, et qui préside au mouvement de la lune, avait coupé les nerfs de T'yphon pour en faire les cordes de sa lyre, qui est placée dans les constellations , ét qui se lève le soir, à l’époque à laquelle je soleil parcourt le bœuf ou le taureau (e).

(a) De Iside, p. 367.— (0) Ibid., p. 373. — (c) Ibid. p. 372. — (à) Ibid., p. 373. — (e) Ibid. , p. 382.

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