TOME I, ; fo
La mort du bœuf Apis réjouissait Typhôn, ou le génie du scorpion se réjouissait de la mort de l'animal qui représentait le taureau céleste d'Osiris.
[oz] Plutarque, en expliquant comment Isis recueille les débris du corps d'Osiris, qu’elle renferme dans cette vache de bois dont parle Diodore, suppose que les germes de bien , qui sont répandus dans la matière organisée, sont un écoulement du ciel et des astres (a), qui appliquent à la matière les différentes formes des corps. Dans le ciel, ces formes y sont constantes et durables; mais dans la matière elles y varient à l'infini, et modifient les élémens sous mille figures. C’est [sis qui les rassemble et les recueille, lorsqu'elle travaille à la reproduction des êtres, et qu’elle met au jour de nouveaux Corps ; c'est précisément ce qui arrive au printemps. En automne, au contraire, elle les avait gardées en dépôt, et tenues cachées sous un voile que le Dieu du printemps lève, au moment où il met au jour les nouveaux trésors de la Nature. Ces débris de la force active sont dans la lumiére du soleil, que recoit la lune, laquelle devient de rouveau féconde au printemps, au retour de la chaleur.
[98] Les Paphlagoniens, au lieu de faire mourir et ressusciter le soleil, supposaient que leur Dieu était enchaîné , et dans des entraves pendant l’hiver (2), et qu'au printemps il était délié et reprenait une marche libre. Les Phrygiens disaient qu’il dormait l'hiver, et s'éveulait au printemps. Les Juifs disaient aussi, qu’au sixième travail où au septième signe, Dieu était entré dans son repos, après avoir organisé les plantes et les animaux, et placé l'homme dans un jardin de délices.
[991 Les habitans de Lycopolis étaient les seuls qui mangeassent de la brebis, parce qu’ils adoraient le loup (c).
[100] Une tradition égyptienne portait que ‘Lyphon s'était soustrait aux poursuites d'Horus (d), métamorphosé en crocodile. J'observerat que cet animal se trouve peint dans le planisphère égyptien de Kirker (e), sous le signe du scorpion que le grand Orion fait toujours coucher, et qui était l'empire de Typhon, et le lieu du ciel où le chef des ténèbres enfermait Osiris dans ce coffre fatal. Il est donc certain que le crocodile était une constellation en aspect avec le scorpion, ou un de ses paranatellons. La sphère persique parle aussi d’un crocodile qui était au nombre des constellations, et qu’elle fait monter avec le
SR
(a) Plat. de Iside, p. 374. — (b) Ibid., p. 378. — (c) Ibid., p. 380. — (d) Ibid. p- 371. — (e) OEdip., t.2, part. 2, p. 206. |
signe des poissons (a). Serait-ce le monstre marin que nous appelons la baleine ? seraït-ce le poisson austral ou le dauphin?
Quoi qu’il en soit, ses rapports avec le signe du scorpion sont constatés par la sphère égyptienne, et conséquemment sa liaison avec Typhon chef des ténébres et génie violent, et à ce titre appelé Seth le violent (b). Aussi peignait-on l’homme del et violent par un crocodile, dit Hor-Apollon (c). Cet animal pet renversé désignait le cou- FRE suivant le même auteur. Certain jour de l’année, on donnait la pre aux crocodiles , et on les jetait dehors, vis-à-vis le temple d’Apollon. C’est ainsi qu'aux approches de l’équinoxe de printemps, les Perses détruisaient toutes les productions d’Ahrimane.
Cror] Si Nephté est l’hémisphére inférieur dans lequel est le soleil, alors le signe qu’occupe le soleil, lorsque la lune est pleine au cancer, est le capricorne dans lequel effectivement le planisphère de Kirker peint Anubis, ou un homme à tête de chien, tel qu’on représente le fameux paie c'était le domicile de Saturne. C’est peut-être ce qui
a fait dire que le leu ou l’homme à tête de chien, Anubis, était le Dieu Saturne (d).
[ro2] Il est bon de remarquer que, dans le mois Tybi, qui était le second avant Phamenoth, ou avant celui auquel on célébrait la réunion d’'Osiris à la lune, conséquemment celui où la lune était pleine (e), au signe de la vierge appelée Zsis, on faisait en Égypte une cérémonie en mémoire du retour de cette Déesse, qui revenait, dit-on, de Phénicie ou de Byblos. On représentait sur les gâteaux sacrés, offerts à la Déesse, un cheval fluviatile enchaîné. Alors, en effet, se lève Pés ou le cheval céleste, qui fait jaïllir l’eau du verseau et de la fontaine d’Hippocrène.
[103] Voilà cé qui fit dire qu'Isis ayant rassemblé ies membres épars de son époux, tué par Typhon, les renferma dans une vache faite de bois (f), qu’elle couvrit d’une étoffe légère, faïte de byssus, et que la ville de Busiris a pris de là son nom. Nous avons parlé plus haut de Busiris qui fonda Thèbes, et dont l’histoire se lie au taureau équinoxial, où est le siége de la vache {o. Plutarque parle aussi du cercueil de bois (2) dans lequel était le corps d’Osiris, lorsque cr le trouva et le mit en morceaux.
Cro4]: Cette vérité est confirmée par Plutarque (h), lorsqu’ dl nous dif que les courses du soleil, dans son cercle, s ’appelaient recherches
(a) Scalig. not. ad Manil., p. 347. — (b) De Iside, p. 371. — (c) Hor.-Apoll., L r,c.64, 66. (d) De Iside, p. 366. — (e) Ibid., p. 371. — (f) Diodor., Lx, €. 54, p. 96. — (g) De Iside, p. 354. == (h) Ibid., p. 372.
d’'Osiris , et que les sept tours ue l'on faisait faire , au solstice d’hiver, autour du temple à la vache sacrée, désignaient les révolutions célestcég ou les changemens qui s’opérent dans le mouvement des astres, qui engendrent les saisons, à chaque septième signe, c’est-à-dire d’un équinoxe ou d’un solstice à l'autre.
[105] Cet affaiblissement de la lumière solaire était exprimé par une fiction faite à l’occasion d’une fête qui se célchrait, tous les ans, quinze jours après l’époque à laquelle on fêtait la grossesse d’Isis (a), qui allait devenir mére d'Harpocrate ; on appelait cette fête la naissance des bdtons du soleil, pour désigner, dit Plutarque, l’affaiblissément de Ja chaleur et comme la vieillesse de la lumière de cet astre, qui déjà à bésoin dé soutien. Au contraire, on avait fêté trois mois auparavant la naissance des yeux d’'Horus (b), au moment de la conjonction du soleil ét de la lüné, qu’ou appelait les yeux d’Horus, sous le trône duquel on placait les lions. Horus ou le fils d’Isis passait pour avoir été le premier qui eût sacrifié au soleil.
Cr66] C'est donc à tort que Plutarque (c) dit d’'Horus, qu'il est cé monde qui se reproduit sans cesse, et qui, dans sa durée perpétuelle, éprouve des renaissances et des morts ; ce qui est vrai de la végétation annuelle, qui se reproduit avec la durée éternelle des siècles, L’enten< dve ainsi, ce serait prendre l'effet pour la cause, laquelle réside dans le soleit, dont l'action créatrice se renouvelle au printemps.
On donnait à Horus le nom de Æaimin, ou de visible, dit Plutarque (4), nom qui convient parfaitement au soleil, et même à Orion, la plus brillante de toutes les constellations.
[io:] On attribua aussi à Menès, ancien roi d’ Égypte, h découverte du blé (6), du pain et des autres alimens, dont on faisait honneur à His. Ce nom de Aenès ressemble fort à celui de la lune , appelée #ené par les Grecs. TE
Lro8] Ce but politique et moralnous paraît évidemment marqué dans la fable libyenne sur Bacchus, 6ù on Hit que ce Diewayant consulté Ammmon ‘on père sur les espérances qu’il'pouvait conceveir de ses expéditions (f), celui-ci répondit, « que €’était en faisant du bien aux » hommes qu’il obtiendrait l’immortalité. » Ceci nous décèle l'intention dé ceux qui disaient que lés Dieux avaient été des hommes qui, par des services signalés, avaient été élevés à ce haut rang.
[roo] Plutarque voit, dans ces histoires merveilleuses et dans les