‹ Origine de tous les cultes, ou religion universelleChapitre 239 sur 240 · RER RE IT VE ER RSR EE · texte numérisé non relu

RER RE IT VE ER RSR EE

(a) Herod. , 1. 2, c. 130, 134. — (b) Dionys. Perieg., v. 259. — (c) Eusthat. Schol., ibid, — (d) Diod., 1. 1, e. 40, p. 73.

[ur7] Nous observerons qu’on attribuait à Mithra la consécration des obélisques qu’il fit élever dans la ville du soleil, et que l'on faisait honneur de la construction de cette grande pyramide, ou tombeau d’Osiris, à un roi appelé Chembès (a) où Chemmis, nom qui est le même que celui de la ville où se trouve Isis, au moment de la mort de son époux, comme on l’a vu plus haut.

[118] Si l'on en croit les Arabes, les pyramides renfermaient sept chambres qui portaient chacune le nom d’une planète (b). Dans chacune de ces chambres était une idole ou taliemanr ; l’une de ces idoles, comme Harpocrate, avait la main appliquée sur la bouche.

[119] Plutarque (c) convient queles fables des Grecs sur les géans et sur les Titans, sur la lutte d’Apollon contre le dragon Python, sur l'exil de Bacchus, sur les courses de Cérés, et autres semblables événemens, ne différent en rien des aventures tragiques d’Osiris et de ses combats contre L'yphon ; et que toutes ces fictions rentrent dans la théorie des bons et des mauvais génies, et tiennent au système généralement reçu par toutes les théologies, sur le bon et sur le mauvais principe. C’est même à cette. occasion qu’il donne un précis de la théologie ancienne sur les génies, dont plusieurs étaient déchus de leur dignité primitive, et en subissaient la peine, comme nos mauvais anges, après leur chute; car c’est absolument la même idée théologique.

[120] On attribuait à ce prince la construction d’une des trois pyramides (d). Chemmis avait construit la grande, Céphron une seconde, et Mycerinus les autres. On y voyait gravé son nom de Mycer, ou Méchir, sur la face boréale. Ce nom est celui du mois qui précédait Véquinoxe de printemps, et Phaménoth, où l’on célébrait l’ingressus Osiridis dans la lune, au moment où le soleil passait dans l'hémisphère boréal, et où la pyramide ne devait plus rendre d'ombre. C’est 1ci V'occasion de se rappeler le passage de Diodore sur Esis, et sur la vache de bois dans laquelle elle rassemble les débris du corps de son époux.

[121] Lorsque vous entendez, dit Plutarque (e), les histoires merveilleuses que les Égyptiens font sur leurs Dieux ; lorsqu'ils vous parlent de leurs courses, de leurs démembremens el d’autres aventures de cette espèce , il faut bien se garder de prendre ces choses à la lettre, et de croire qu’elles se soient ainsi passées ; leur style, comme leurs images, tout est allégorique. Croire qu’effectivement la divinité, qui par sa nature est heureuse et immortelle, éprouve ces déchiremens et ces

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(a) Diod., L. 1, c. 89, p. 72. — (b) Kirk. OEdip., t. 2, part. 2, p. 301. = (c) Plut, de Iside, p. 360. — (d) Diod., 1. x, ec. 4r. — (e) De Iside, p. 355.

aventures tragiques, est une erreur abominable contre laquelle il est inutile de prévenir le lecteur. On ne doit avoir que de la haine pour ceux qui auraient des opinions aussi barbares et aussi impies sur la divinité. Je ne sais ce que penserait Plutarque d’un Dieu crucifié. Au reste, il ne faut pas s’imaginer que ce ne soit que des fictions vagues et sans aucune espèce de fondement. On doit les comparer à l’arc-enciel (a) qui se; oue sur le nuage, ct qui n’est que l’image du soleil, dont les rayons éprouvent diverses réfractions dans ce nuage. Ces allégories réfléchissent une lumière dont il faut chercher ailleurs le foyer et la source véritable. Toat le cérémonial égyptien, généralement symbolique, prouve que le génie allégorique a présidé à toutes ces histoires.

C122] Comme les premiers hommes s’attristérent sur l'éloignement du soleil en hiver, et priérent cet astre de hâter son retour vers eux, et de ne pas les livrer aux horreurs d’une nuit éternelle, ils pleurèrent aussi le dépouillement de la nature, qui était une suite de cette absence ; et en déposant dans le sein de la terre les semences d’une nouvelle récolte, ils pricrent le ciel et la terre de s'unir encore pour féconder ces nouveaux germes et pour leur rendre de nouvelles moissons (b). Tel fut le premier objet des fêtes de deuil, célébrées en Grèce en l'honneur de Cérès et de Proserpine. La mysticité les tourna ensuite vers un autre but plus relevé, et qui tenait à la théorie des ames.

[1257 Plutarque dit formellement qu'il y avait un poëme appelé la T'héséide , où les exploits de Thésée étaient chantés. Aristote , dans sa Poétique, parle aussi de la Théseïde et de l’Héracleïde (c). Cette fable se lie à celle de Jason ; car Plutarque suppose que Médée, lorsque Jason l'eut quittée, se réfugia chez Egée, et vécut dans un commerce illicite avec lai (d). Elle voulut même engager ce prince à empoisonner le jeune Thésée lorsqu'il arriva, avec son épée et ses chaussures ,) Pour se faire reconnaître ; ce qui s’accorde assez si Médée est Méduse, placée prés de Persée, qui se lève au coucher de la coupe.

Cr241 L’Hercule céleste porte aussi le nom de Z'hésée ; il est précédé de la lyre, appelée lyre d’'Hercule où de Thésée, et de la couronne boréale, appelée couronne d’Ariadne. Sur le coffret de Cypsèlé, on les trouve exactement groupés ainsi. On y voit T'hésce qui tient une /yre, et Æriadne qui tient une couronne (e).

[125] Thésée défit dans la suite les Amazones en cet endroit, et on y éleva un temple à Mars ( K

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(a) De Iside, p. 358.— (4) Ibid. , p+ 379. — (c) Ariost. Poetic., ce. 8. — (d) Plut. vita Thes,— {e) Pausan. Heliac, 1, 166. — (f) Ibid. Corinth., p. 75.

[126] Sur la route d'Hermione à Trézène, on trouvait la source du fleuve Hylycus, autrefois Taurius, et la pierre nommée pierre de Thésée, parce que ce héros l’avait soulevée pour y prendre l'épée et les chanssures qu’y avait cachées Egée (a). Avant cela, on l’appelait l’autel de Jupiter Sthénius ou le Fort (b). Un monument en bronze, placé dans la citadelle d'Athènes, retraçait cette aventure de Théstée, qui n’avait alors que seize ans (c). On y avait aussi représenté sa victoire sur le taureau céleste, connu dans les fables sous le nom de taureau de Marathon, et qu'Hercule avait dompté en Crète, avant de l’amener dans le Péloponèse et dans l’Atlique, où il tua Androgée, fils de Minos. Nous avons une épigramme grecque sur la statue de ce héros domptant, comme Mithra, le taureau de Marathon (d).

[125] On voit ici une allusion au solstice, et au coucher de l'Ingéniculus porte-massue. Hercule prenait, pour symbole de son premier travail, la peau de lion, emblème du premier signe. T'hésée prend la massue, emblème de la force solaire à cette époque. Le soleil s'arrête au solstice, et l’{ngéniculus porte-massue est tué, c’est-à-dire se couche. Thésée était peint avec une barbe pleine (e), telle que celle que l’on donnait aux cfligies du soleil solsticial, suivant Macrobe ( f).

[1281 On remarquera que Ménalippe était fille du centaure Chiron, et que tous les héros ici nommés tiennent à la famille du centaure.

[1201 C’est ponr cela qu’on chantait dans cette cérémonie : « Divine » branche, tu portes des figues et du froment; le miel délicieux et » l'huile célitaiée découlent de tes rameaux sacrés ; et les vieilles trou- » vent en toi ce doux nectar dont elles s’enivrent et qui les endort. » C'étaient là les principales productions de l’Attique.

[130] On choisissait un certain nombre de jeunes garçoss, pris dans les plus nobles familles de chaque tribu , qui avaient tous leur père et leur mère vivans. Ils portaient à la main des branches de vigne avec leurs raisins, et couraient depuis le temple de Bacchus jasqu’à celui de Minerve-Scirade, qui était au sr de Phalère. Celui qui arrivait le premier buvait une coupe de vin où lon avait mêlé du miel, du fromage, de la farine et de l'huile. Ils étaient suivis d’un chœur conduit par deux jeunes hommes habillés en femmes, et qui chantaient les louanges de ces jeunes garçons. Les femmes les accompagnaient portant sur leur tête des corbeilles ; et l’on choisissait pour cet emploi les plus

(a) Pausan. Corinth., p. 95. — (à) Ibid., p. 76. — (c) Ibid. Atiic., p. 26. — (4) Epigram. Græe., 1. 4, Epig. 19. — (e) Lne., t. 2. Cynic., p. 971. — (f) Macrob. Sat., 1.1, c. 18.

riches de la ville : toute la troupe était précédée par un héraut qui portait un bâton entouré de rameaux.

[131] On avait gravé les tableaux diflérens des événemens de cette guerre (a) sur le bouclier de Minerve et sur le piédestal de la statue de Jupiter Olympien.

[132] Trésène était voisine d’Epidaure , ville fameuse par le culte d’Esculape (b) et de ses serpens , ou de la constellation appelée Le 1f'erpentaire et Thésée. Ceux de Trézène se vantaient d’avoir eu les premiers chez eux le fameux Horus ou lApollon égyptien (c), à qui les Égyptiens consacrent Orion qui se couche au lever du serpentaire. Ceux d’Épidaure sacrifiaient au cocher céleste qu’ils appelaient Æippolyte, fils de Thésée (d). Ils ui avaient planté un bois sacré et élevé une statue. On voyait dans la même enceinte le temple du soleil et d’Apollon, dont le cocher Heniochos, comme Phaëton dont Hippolyte éprouva le sort, conduisait le char vers nos régions. On allait consacrer ses cheveux dans son temple. On dit que Thésée, dans sa jeunesse, s’assujettit à cette même pratique , et qu’il alla consacrer les siens à Delphes , à Apollon, et que le lieu où il les déposa s’appela T'héséis.

[1337 D’autres disent qu’il combattit le sanglier de Calydon; d’autres, tels que Strabon, liv.8, que cette laye était mère du sanglier de Calydon (e).

134] Germanicus , sub finem , compte Arcturus , Orion et les chevreaux au nombre des constellations qui excitent les vents impétueux et les orages.

C1357 On personnifia la massue sous le nom de Corynètes, comme on l’a personnifiée sous celui de Ropalos, compagnon d’Hercule. On fit même allusion à la peau du Lion que porte l’{ngéniculus, en supposant qu'Hercule étant venu à ‘Trézène (f) chez Pithée , avec la peau du lion , tous les enfans de Trézène eurent peur, croyant qu’il avait avec lui un véritable lion. Le jeune Thésée seul n’eut pas peur ; mais, au contraire, il s’arma pour le combattre. à |

[136] Le combat contre Procruste est le sixième , et 1l doit répondre au capricorne , /{Veptunia proles. On disait Procuste fils de Neptune (Hygin , fab. 38).

Sciron serait-il le centaure ou Pégase-Sciron ? Ce qu'il y a de certain, c’est que dans la généalogie de la nymphe ÆEndéide, Plutarque dit qu’elle est fille de Chariclo et de Sciron; et Apollodore, de Charielo et

ee mr ne |

(a) Pausan. Attic., p. 15. — (b) Ibid. Corinth., p. 71. — (c) Ibid., p. 68, 70. — (4) Tbid., p. 74. — (e) Natal, Com., L. 7, c. 9, p. 730. — (ff) Pausan. Attic. 26.

de Chiron; ce qui ferait croire que Sciron et Chiron sont le même nom, différemment prononcé. Le caractère d'homme juste que veut lui rendre Plutarque, s'accorde assez avec l'opinion reçue sur le centaure Chiron, célèbre pour sa justice, à cause de la balance. Cependant Sciron pourrait étre le vent qui souffle sous la division de la balance, au lieu du lever du centaure , et que l’on appelait Sciron, comme on peut le voir dans notre planisphère sur Hercule. Il n’est pas étonnant qu’un vent impétueux soit représenté comme un athlète terrible qui précipitait dans la mer ceux qui n'avaient pas la force de lui résister. Voilà cette espèce de lutte qu'il proposait à tous les étrangers qui passaient dans la route escarpée qui va de Mégare à Corinthe, près des roches Molurides où il soufllait, et où l’on dit qu’il habitait ( Pausan. Attic. pag. 43). Une tortue était en bas qui déchirait ces malheureux. Alors se couche la lyre placée sur le centaure (Testudo). Columelle (liv. 11, cap. 2, pag. 428) nous dit qu’au 10 des kalendes de septembre, T'estudo fidis se couche et excite de violentes tempêtes. |

Strabon, liv. 1, pag. 28, dit que, pour lAttique, le vent du couchant, Zéphyr, souflle du côté des roches Scirroniennes; ce qui fait qu’on les appelle les vents Scirroniens ou de Sciron. Arrien dit que c’est le T'hrascius qui s'appelle $'ciron. Hesychius, que le vent S'ciron s'appelle Argestès (a). Pline, liv. 2, chap. 47, parle du vent Sciron comme d’un vent qui est contigu à l’Argestès, et qui n’est connu que des Athéniens. Voyez aussi Suidas et Strabon, 1. 9, pag: 391, sur les vents Scirroniens. Ils disent que ces vents sont violens et excitent des tempêtes.

[137] J'observe que ce taureau est celui qui naît des amours de Jupiter-serpent avec Proserpine. Or, Jupiter-serpent prend les formes du Thésée-serpentaire. Le but allégorique de la monnaie et celui du fameux vers sur la génération du serpent et du taureau, sont les mêmes.

[138] La fable suppose (@) que Minos, ayant refusé à [Thésée de le reconnaître pour fils de Neptune, lui dit qu'il ne le reconnaîtrait qu’autant qu'il lui rapporterait, du fond de Îa mer, (emmam , une perle qu'il portait au doigt, et qu’il jeta au fond des eaux. Thésée plongeant la rapporta avec une belle couronne que lui donna Amphitrite, et que Neptune plaça aux cieux en mémoire de cet événement. On voit ici évidemment une allusion au coucher de la couronne boréale,

(a) Hesych. voc. Sciron. — (b) Pausan. Attic., p. 15.

dont la plus belle étoile s'appelle Gemma , la perle, à la suite de laquelle se couche le serpentaire , T'hésée , et qui revient sur l'horizon avec ce même Thésée, sur le serpent duquel elle est placée. La fiction est toute simple, et ne présente aucune difliculté dans son explication. La couronne boréale, d’ailleurs, porte le nom de couronne de Thésée, et sa belle étoile, le nom de Margarita, ou de la perle (a).

C159] On remarquera que le combat des Amazones qui entre dans la fiction sur T'hésée et sur Hercule, deux héros qui représentent le soleil, faisait aussi partie du combat de Bacchus (b), qui n’est encore que le Dieu-soleil, sous un autre nom et sous une autre forme, comme nous allons le faire voir bientôt.

.Li401 I fit son alliance avec Pirithoüs, suivant Pausanias, dans lAttique, en un lieu voisin du temple de Sérapis. Or, Sérapis est Esculape, et Esculape est le serpentaire (c).

Des amours de Thésée avec Hélène naquit Démophon (d). Ce nom est an de ceux de Triptolême, le premier des gémeaux qui joue un rôle dans la fable de Cé:ès, qui nourrit un fils de prince, appelé Démophon (e). D’autres le font naître de ‘l'hésée et de Phèdre, ou même d’Antiope, mère des gémeaux, Amphion et Zéthus.

[141] La Thessalie à dans son voisinage la Thrace, qui est bornée par la Mer-Noire, à l’extrémité orientale de laquelle ‘est la Colchide. Orphée, chantre de Thrace, passe pour avoir communiqué aux Thessaliens la poésie et les chants sur le soleil du printemps, dont le lever était précédé du bélier qui semblait naître à l’orient de la Mer-Noire, et des régions où les Thraces plaçaient la Colchide, tandis qu’on voyait descendre au couchant Jason dans les eaux de la mer qui baigne les côtes de la T'hessalie. Aussi paraît-il que le chantre nommé Orphée était placé dans un pays qui a l’une de ces mers à l’orient; c’est le Pont- Euxin; et l’autre au couchant; c’est celle qui baigne les ports de la Thessalie, et au sein de laquelle s'embarqua Jason pour aller à la conquête du bélier qui brille aux cieux le matin, vers les régions orientales où l’on placait la Colchide.

[142] On dit, en effet, que Pélias voulant faire périr Jason dés son berceau (f), les parens de celui-ci l’enfermérent dans un coffre et le portérent dans l’antre de Chiron pendant l'obscurité de la nuit, et qu’ils confièrent au centaure son éducation. Chiron lui apprit l’art de la médecine; ce qui lui fit donner le nom de Jason. On sent bien que ceci

(a) Hygin, 1. 2. — (b) Pausan. Achaic., p. 207. — (c) Nat. Com. 1. 7, €. 9, p. 730. — (d)Ibid., p.730. — (e) Apoll. Plut. vit. Thesei, —(f) Nat. 1. 6, c. 8.

n’est qu’une allusion au serpentaire, appelé Jason et Esculape, Dieu de la médecine. il sortit de cetantre pour labourer près du fleuve Anurus: allusion à la saison du labourage, à laquelle (a) il préside par son lever d'automne. Aussi en fait-on un homme instruit par Cérés dans l'art de cultiver la terre. Le nom de Médée pharmacienne, qu’il épouse, confirme encore l’allusion au guérisseur Jason ou Esculape, nom du serpentaire. à

C1431 La difiicuité de réunir dans une seule case tous ces paranatellons, nous les a fait reporter sur la case opposée; car ôn sait que le paranatellon d’un signe peut l'être aussi du signe opposé; puisque ja: mais un signe ne se lève et ne se couche, que le signe opposé ne se lève et ne se couche également, ee qu’ils ne puissent, par conséquent, avoix des paranatellons communs. C’est donc pour prévenir la confusion , que nous avons partagé en deux groupes les paranatéllons du soir et du matin, du premier jour et de la première nuit de l'équinoxe de printemps.

[1.44] D’autres appellent Aigialeus ou Alaiga le fils d’Aëtès, le frèré de Circé et de Médée, que nous venons de voir appelé Absyrthe dans la tradition la plus commune.

[145] Certaines traditions font Aëlés frèré dé la pleiaue Pasiphaë, placée sur le taureau céleste, au-dessus duquel est le cocher : d’autres lé font fils d'Antiope, de cette Antiope mère d’Amphion et de Zéthus on des gémeaux , et au tombeau de laquelle on allait prendre de la terre tousles ans, lorsque le soleil parcourait le taureau céleste. Of lui donne pour épouse Idya, fille de l'Océan, commie ls pleïades ; d’autres Astérodie, également fille de l'Océan ().

On Pop ones que les rayons d'Hypérion ou du soleil, père des héliades (c); étaiènt déposés dans des appartemens dorés, dans la ville d’'Aétès. Odyss. pag: 500. |

[1467 Sur des monumens de Pégiise d’Issoire, où sont gravés les douze signes , on remarque Phryxus et Hellé sur le bélier.

[r45] Les Arabes appellent cette belle étoile Aioth ou Al-Aioth avec l'article. Riccïoli, pag. 17:

[148] Thyes, Thyas em hébreu, signifie hireus, caper, aries, dit

Buxtorf, pag. 859.

[140] Le constructeur de ce vaisseau était Argus, fils de Danaüs , suivant Hygin (d). Aussi Germanicus l’appelle-t-il le vaisséau de Da-

uaüs (e).

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(a) is 1. 2,— (b) Nat. Com., 1.6, c. 7, p. 569.— (c) Strabon, L. 1, ps 47. —(d) Hygin, fab. 14. —(e) Germ. Cæs., p. 35.

[150] On trouve dans Hygin, fable 14 (a), la longue nomenclature de tous les Argonautes, et on voit que ce sont, pour la plupart, les héros qui figurent avec le plus d'éclat dans l’ancienne mythologie et dans la prétendue histoire des siècles héroïques ; ce qui lie essentiellement ce poëme à tous les poëmes anciens qui composent la mythologie, ou les traditions sacrées de la Grèce : d’où résulte la nécessité de les reporter tous vers une même époque. Or, cette époque est celle où le lion était le premier signe solsticial, auquel répondait le premier mois de l’année, qui commencait au solstice d'été, comme nous l'avons fait voir dans les travaux &’Hercule. Donc toute cette histoire héroïque remonte là; c’est-à-dire, à 2500 ans avant l’ère chrétienne; époque qui précède de plus de 1500 ans l’âge où l’on fait vivre Homére.

[151] On remarquera que, dans le poëme de l’Héracléide, ce troi-

LA

sième chant répond à la balance qui monte toujours en opposition avec le bélier, ou lorsque celui-ci sè couche ; conséquemment durant le neuvième travail d’Hercule, celui-là même où l’auteur de l’Héracléide place le départ d'Hercule avec Jason, pour la conquête de la toison d’or.

[152] C’est ce centaure et sa panthère qui nous servent, dans la fable d’Osiris et dans celle d’Isis, à expliquer les formes sous lesquelles Osiris revient à la vie, et aide Horus dans son triomphe (b).

[153] On voit que, dans la fiction de ce songe, on représente Jason par un astre tombé du ciel qui s’unit à Médée, et qui l'amène avec lui sur les flots de la Mer-Noire, loin de la Colchide. Voilà le sens du présage.

[1541 S'il est permis de former des conjectures sur Médée, nous sommes tentés de la placer dans la fameuse constellation de Méduse ou de la Gorgone, que porte Persée son oncle, frère d’Aëtès, et qui est placée sur le bélier céleste. Aussi dans les médaïiles de Méduse, on voit la tête de Gorgone avec des serpens, surmontée d’ailes et des cornes du bélier. On dit de Méduse qu’elle fut, comme Médée , une enchanteresse ou magicienne, et que ce fut Persée qui, de son nom, nomma la Médie (c). On dit pareillement que ce fut Médus, fils de Médée , d’autres Médée elle-même qui donna son nom à la Médie. Dans les deux fables’, Persée et Médus, Médée et Méduse jouent un rôle (d) : leur voisinage du bélier semble lavoir rendu nécessaire. Aussi, Méduse ou Médée facilitent la conquête du bélier, sur lequel est immédiatement

placée la Gorgone (e).

} (a) Germ. Cæs., fab. 173; et Apoll., 1. 1. — (à) Voy. ci-dessus, L 5, c. 1. — (ce) Gedrén., p. 22. Chron, 91, ete. — (d) Diod., 1.4, ce. 180, p. 299. — (e) Herod., 1/7, 062;

NOTES... 63g

[1551 Tous les ans on célébrait , dans différentes fables, la défaite du grand dragon ou du serpent Python, du génie, ou de l’astre malfaisant qui amenait l'hiver, dont le terme était l’équinoxe de printemps, à l'entrée du soleil au taureau, au lever héliaque du bélier à toison d’or. Voïà l’origine de la fiction qui suppose qu'avant de conquérir la fa- . meuse toison, Jason eut besoin de dompter des taureaux qui soufflaient des feux; ce qui ne convient qu’au taureau céleste; et de triompher du terrible dragon, dont la défaite entrait dans tous les chants sur le triomphe que le soïeil remportait à l’équinoxe sur les ténèbres de l’hiver et sur le mauvais principe Typhon, dont le serpent Python, le dragon des Hespérides ou le dragon du pôle, étaient la forme astronomique. Tel est le sujet de ce point de la fiction. Ce dragon est appelé par Théon (a) le dragon de Cadmus; et ceux qui disent que Jason, labourant les champs que sillonnaient les taureaux qui vomissaient des flammes, sema des dents de dragon (b), disent qu’elles étaient celles du gardien de la toison, suivant les uns, et celles du dragon de Cadmus, suivant d’autres. Hygin, dans son récit, parle aussi de la tâche qu’Aëtès imposa à Jason, savoir de labourer avec des taureaux qui vomissaient des feux, et de semer des dents de dragon, d’où naissaient des hommes armés, comme dans la fabie de Cadmus, lesquels s’entretuaient ensuite. Le récit d’Apollodore s'accorde avec celui d'Hygin dans cette partie-(c). Voyez Apollod. Liv. 1:

[156] Diodore-suppose (d) que Circé avait été marice à un prince scythe, roi des Sarmates; qu’elle avait empoisonné son mari, et que s'étant emparée du trône, elle avait commis beaucoup de eruautés qui la firent chasser. Eile alla s'établir dans une île déserte de l'Océan, avec des femmes de sa suite. D’autres disent qu’elle se retira sur un promontoire d'Italie, appelé cap Circé, et qu’elle y vint, non de la Sarmatie, mais du Pont. Médée apprit d'elle et de leur mère Mécate l'art des poissons. a

[157] Noël le Comte (e) fait remarquer cette prodigieuse variété dans la route que les différens auteurs des poëmes ou romans, faits sur Pexpédition de Jason, font tenir aux Argonautes dans leur retour. Il men faut pas davantage à un homme de boñ sens pour reconnaître qu’il ne s’agit pas d’événemens historiques.

[158] C’est une circonstance bonne à remarquer que l’on fait périr Absyrthe dans les mêmes pays où l’on pleurait tous les ans, suivant Plu-

(a) Theon, p. 113. — (b) Natalis Com., p. 6, c. 8, p. 585. — (c) Hygin, fab. 22, — {d) Diod., L 4, c. 173, p. 189. — (e) Nat. Com, 1. 6, c. 8, p. 586, 587.

tarque, la mort de Phaëton ou du cocher céleste , qui purié les deux.

ñhoms d’Absyrthe et de Phaëton, y

[159] Le poëte Apollonius était d'Alexandrie : il eut pour père Silléus, et pour mère Rhodé. fl étudia à Alexandrie sous le grammairien Callimaque. 11 passa ensuite à Rhodes, après avoir composé ce poëme. Il se méla de l'administration et fit le métier de sophiste. On prétend qu’il retourna depuis à Alexandrie, et qu’il succéda à Eratosthène dans la fonction de garde de la biblisthéque: et qu'après sa mort, il fut en2 terré avec Gallérin que son maître.

[160] Les uns font venir le nom d’Argo de celui qui avait construit ce vaisseau, Phérécyde dit que ce nom venait d’Argus, fils de Phryxus. On prétendait que c’étaitie premier vaisseau long qui eût été construit.

On lui donna aussi le nom de vaisseau de Danaus parce que Danaüs la- -

vait construit pour se sauver des poursuites d'Egyptus son frère.

C161] Pélias était fils de Neptune et de T'yro, fille de Salmonée, qui :

avait été élevée chez Créthéus, frère de Salmonée. Elle était devenue amoureuse du fleuve Énipée (a), dont Neptune prit la formé pout obtenir ses faveurs. Elle devint mère de deux enfans, Nélée et Pélias, dont elle accoucha secrètement, et qu’elle exposa. Devenus grands, ils se séparèrent. Nélée bâtit Pylos en Messénie. Péfias habita la Thessalie, et usurpa les États d’Eson, père de Jason, et fils de Créthéus qui régnait à Lolcos. Pélias, jaloux de savoir quel serait son successeur, interrogea l’oracle d’Apollon qui l'avertit de se garder de l'homme qui se présenterait à lui un pied nu et l’autre chaussé. 11 ne comprit pas d’abord Je sens de cet oracle ; mais il eut occasion de le Comprendre dans la suite, lorsqu'immolant un taureau à Neptune sur le rivage, il invita un grand nombre de personnes à cette cérémomie, et éntre autres Jason. Celui-ci, qui aimait à cultiver la terre, vivait à la Campagne. Il la quitta pour se rendre au sacrifice ; et en passant le fleuve Anurus, il perdit une chaus :

sure. Arrivant ainsi uu pied nu devant Pélias, celui-ci se ressouvint"

de l’oracle, et songea dès ce moment à en prévenir l'effet.

[162] Orphée, à qui lon attribue le poëme des Argonautes, dont.

ñous avons donné plus haut l’analÿse, était fils d’Apollon et de Calliope, suivant les uns; et suivant d’autres, fils d'OEagrus et de Polhymnie(b).

Hérodorus distingue deux Orphées, dont l’un fut de l’expédition des

Argonautes. Phérécyde, dans son livre sixième, prétend que ce fut Philammon, et non Orphée, qui fut de cette expédition. Philammon était père de Tamyris (r), fameux chantre. L’Herçule céleste porte les

sl

(a) Apollod., 1. 1. — (b) Scholiast. Appollon., v. 23. == (€) Pausan. Messen. , p. 143.

RCE

noms d’Orphée et de ‘f'amyris (a) ; ce qui rentre dans la même idée, et nous oblige de chercher dans Ja même constellation le chantre qui fut de l'expédition des Argonauies, que l'antiquité place aux cieux prés de la constellation de la lyre. Ce même Philammon était, comme Orphée, chef d’initiation (b). On prétend que le motif qui engagea Chiron à conseiller à Jason d’inviter Orphée à l'accompagner , c'est qu'il ne pouvait, sans son Secours, passer près de l’île des Sirènes (c). Car il était réservé au seul Orphée de leur imposer silence par la force d’une harmonie infiniment supérieure à celle des chants de ces monstres perfides.

[163 et 164] 1l est bon d'observer que le travail du sanglier d'Erymanthe répond au troisième travail d'Hercule, et conséquemment au lever de l’extrémité de la balance et du commencement du scorpion; c’est-à-dire à la partie du ciel, qui monte au moment du départ de la sphère à Pouverture de la nuit qui précède l’équinoxe de printemps, chänté dans ce poëme de la conquête du bélier. On sera peut-être surpris de voir Hercule, qui est le soleil, figurer dans cette fable avec Jason qui est aussi le soleil. Mais on doit faire usage ici d’une distinction établie déjà plus haut dans notre poëme sur Hercule (d) ou dans l’'Héracléide, entre Hercule-soleil et les images qui le représentent au ciel. Jason, le héros du poëme, est le soleil dont l’image est au serpeñtaire; mais cette image elle-même porte les noms d'Hercule : l’{ngéniculus porte aussi le om d’Hercule. Un des gémeaux porte encore le no d’Hercule. Ainsi on compte trois images d'Hercule au ciel. C’est comme constellation qu'il figure ici dans le poëme sous son nom d’Hercule; et non comme soleil. Car sous le rapport de soleil, il se romine, et il est réellement Jason, le chef véritable de l’entreprise.

[165] On faisait Chiron, ainsi que les autres centaurss, fils d'Ixior , suivant Suidas, dans son histoire de Thessalie (e). {xion est le nom de l'Hercule {ngeniculus, qui se lève avec Chiron (f). Mais l’auteur de la guerre des géans prétend que Saturne, s'étant métamorphosé en cheva!, eut commerce avec Philyra fille de l'Océan, et que de cette union naquit Yhippocentaure Chiron. Sa femme fut Chariclo. Chiron était le plus humain et le plus juste des centaures. 11 éleva Jason à qui il apprit la médecine, science qui Jui fit donner son nom de Jason, qui veut dire

guérissant ou médecin.

(a) Hygin, 1. 2, c. 7. — (b) Pausan. Corinth., p. 79. — (c) Scholiast, Apollon adv., y. 23.-—(d) Voy. ci-desbuat 129 "er —<(e) Schol. Apollon adv., v. 554. — (f) Hygin, !. 2, €. 7.

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