‹ Origine de tous les cultes, ou religion universelleChapitre 25 sur 240 · LIVRE 11, CHAPITRE VII. Gt · texte numérisé non relu

LIVRE 11, CHAPITRE VII. Gt

logistes du culte de la Nature répondaient aux Chrétiens qui leur reprochaient d’adorer le soleil, la lune et les astres, que Ce n'était point aux corps visibles de ces divinités qué s’adressait leur culte, maïs aux intelligences qui y résidaient, et que l’on pouvait considérer comme autant de portions de la divinité unique, répandue par toute la Nature, et qui agissait dans ses différentes parties où elle était invisible (a). Ils défiaient leurs adversaires de leur prouver que le soleil , la lune, les astres et toutes les parties les plus actives et les plus apparentes de la Nature, ne fussent pas des Dieux réels, ou des causes animées et douées d'intelligence et de raison, et d'une nature supérieure à celle de l’homme (b).

Les Égyptiens donnaient aux astres , si on en croit le rabbin Mor-fsaac (c) , non-seulemeni la vie et l’intelligence, mais encore la libre volonté dans leurs mouvemens et dans l'exercice de leur puissance, telle qu'elle | convient à des Dieux. Kirker (d) détaille assez bien comment ces Dieux, dans le système égyptien, ou les intelligences célestes placées dans les astres , étaient censées agir sur la nature sublunaire , et du haut du trône sur lequel on les croyait élevées , comment elles dirigeaient vers la terre l’activité des astres et le cône de lumière , dont la base était au ciel et le sommet touchait la terre. | |

L’astrologie elle-même et tout le système de la fatalité reposaient entièrement sur l'existence présupposée des astres animés et intelligens , comme l’a très-judicieuse-

(a) Euseb. Præp. Ev., L. 3, c. 13, O. 121. — (b) Athan. Cont. Gent., p. 28. — (ec) Kirker OEdip., t. 1, p. 192. — {d) Ibid. , t. 2, p. 200.

ment observé Saumaise (a). Il fallait nécessairemen: qu'on regardât les astres, non-seulement comme des êtres animés , mais même comme des Dieux , pour qu'ils pussent, non pas simplement prédire , mais produire mème et arranger les destinées différentes des hommes. suivant des lois fixes et invariables , et donner à toute læ Nature cet ordre immuable qui résulte de la combinaisom des mouvemens des divers corps célestes. Si on ne regarde: pas, dit Saumaise, les planètes comme autant de divinités , on ne peut pas leur attribuer raisonnablement l'empire: que l’astrologieleur accordait sur toute la Nature. Or, il est certain qu'elles ont été regardées comme autant de: divinités par les premiers inventeurs de la science des: astres , et qu'on avait cru qu’en leurs mains était remis: le soin de régler la marche des causes qui produisent les événemens d’ici-bas ; c’est-à-dire , qu'on leur attribuait la fonction qui appartient aux Dieux ou aux causes éternelles (b). Des êtres qui influent sur la formation de l’homme, sur ses mœurs , sur son caractère, sur ses vertus ou ses vices , sur ses actions , et sur tous les événemens de sa vie, n'ont pu être regardés par lui que comme des arbitres souverains de son existence et de toute sa destinée, c’est-à-dire comme des Dieux dont la sagesse dirigeait tout dans l'Univers. Aussi, ajoute Saumaise , tous ceux qui ont reconnu dans les astres cette puissance active et nécessitante , ne les ont jamais regardés que comme des Dieux. Il y a eu autrefois des écoles fameuses d’astrologie, chez les Chaldéens , chez les Égyptiens et même chez les Grecs, et aucun des

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(a) Salmas. Ann, Clim. Præf., p. 32.— (b) Ibid. p. 33.

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