‹ Origine de tous les cultes, ou religion universelleChapitre 27 sur 240 · LIVRE Il, CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE Il, CHAPITRE VII

des Manichéens , ont été imaginés à cause des douze signes du zodiaque et des douze mois auxquels ils président. Effectivement, dans la cabale des Juifs, chacun de ces sept archanges préside à une planète. Le père Kirker nous en a conservé les noms et la distribution qui en a été faite dans le système planétaire [10]. Cesont ces sept grandes puissances qu'Avenar nous dit avoir été préposées par Dieu au gouvernement du monde , ou les sept anges chargés de la conduite des sept planètes. Ils répondent aux sept chefs ousiarques qui, suivant Trismégisie (a) , président aux sept sphères. Les Arabes et les Mahométans les ont conservés il n’y a de différence que dans les noms. Les Coptes ou Égyptiens modernes les ont aussi. Chez les Perses y chaque planète est présidée par une intelligence ei surveillée par un génie placé dans une étoile fixe. L’astre Taschter surveille la planète Tir ou Mercure. Le Tir ressemble beaucoup à l'ange Tiriel 2 que les cabalistes appellent l'intelligence de Mercure. Haftorang est chargé de la planète Behram ou de Mars ; Venant de la planète Anhouma ou de Jupiter. L'astre Satevis est chargé de la planète ‘Anahid où de Vénus. Mesch, qui est au milieu du ciel, est chargé de la planète Kevan ou de Saturne. Les noms de ces astres sont aujourd’hui des noms d’anges chez les Persans modernes (b). Haftorang est un ange qui prend son nom des étoiles de l’ourse. Venant fait les fonctions de Pluton. Hyde confond leur Taschier avec l'ange Michel (c). El est cerain au moins que Michel présidait à la planète Mer-

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(a) Trismeg. in Asclepio. — (8) ZLend-Avest., t. 3, p. 356, — (e) Hyde, * de Vet. Pers. Relig., p. 181, |

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cure , suivant les cabalistes, comme Taschter présidait à la même planète, suivant la cosmogonie des Perses. Mais il peut y avoir eu à cet égard diversité d’attribution entre les anges et les planètes. Néanmoins on ne peut méconnaître les rapports généraux établis entre les anges des planètes et les fixes ou les constellations, dans les différens attributs donnés aux sept grands anges : car il n’en est aucun qui n'ait son origine dans nos constellations.

L'ange ou plutôt l’archange qui, dans la théologie des Chrétiens ou des Juifs, foule aux pieds le dragon (a) ou le diable peint sous ceite forme; enfin le fameux saint Michel-Archange était peint avec une tête de lion, comme l’Hercule céleste est vêtu de la peau de cet animal , et foule le fameux dragon du pôle, Pithon, qu'il tient écrasé sous ses pieds. La singularité des rapports augmente, quand on fait attention à la position de l’Hercule céleste , qui monte au ciel avec le signe de la balance, à l’époque même où nous fêtons saint Michel , à la fin de septembre, et quand l’on se rappelle que saint Michel fut représenté tenant une balance à la main [x 1|,tel qu'il apparut au curé de Siponte(6). fl portait aussi les attributs d’un guerrier, qu'il empraniaii du signe suivant, auquel Hercule répond en grande partie , et qui était le domicile de Mars. I devint l'ange belliqueux des catholiques, leur héros de diamant. L'Hercule grec dont il prit les attributs, qui défit le dragon des Hespérides , celui qui avait son siége près de l'arbre fameux par ses pommes fatales, est placé sur

{a) Origen. Contr. Cels., 1.6, p. 304, — {b) Beaus., 4. 2, p. Ga5. 5 ? I { ) 7 2

LIVRE 11, CHAPÎTRE VII. at les limites équinoxiales qui fixent le passage des ames aux enfers. Or, on se rappelle la dispute de saint Michel pour le corps de Moïse (a), que lui disputait le diable. C’est lui qui, comme Minos, pèse les ames.

Après l'archange à tête de lion vient Uriel, archange à tête de bœuf ; puis Raphael à tête humaine et à corps de serpent , espèce de monstre amphibie , et Gabriel à figure d’aigle (4). Ces quatre formes , lion, bœuf , homme et aigle, sont celles de quatre constellations qui ont fourni les quatre animaux de l'Apocalypse , et ceux des quatre Évangélistes. Quant aux trois autres archanges , l’un à tête d’ourse, nommé Tautabaoth , l'autre à tête de chien, comme Mercure , et nommé Erastaoth, enfin le dernier à tête d’äne et appelé, du nom grec Onos, Onoel, on ne peut pas douter qu'ils n'aient également pris leurs attributs des animaux célestes, puisqu'on sait que le chien, Pourse ét les ânes sont au nombre des constellations. L’âne fait partie du cancer ; le chien est au midi, et l’ourse au nord du même signe. Nous avons déjà vu cette dernière constellation donner son nom à l'ange Haftorang , un des sept grands anges chez les Perses. Si une de nos constellations a donné son nom et sa figure à un grand ange, pourquoi les autres constellations n'auratentelles pas fourni les noms et les attributs d’autres anges , surtout quand on réfléchit qu'il n’est aucune de leurs formes qui n'ait son type dans les constellations. Car l’homme , le dragon, le bœuf , le lion , l'aigle, Le chien,

(e) Epist. S. Jud. , v. 9. — (2) Origen, Contr. Cels., L 6, p. 304.

l’ourse et l’âne sont ‘autant: d'animaux célestes sous lesquels sont rangés divers groupes d'étoiles [12]; et nous avons vu que chez les Perses (a) chaque planète était mise sous la surveillance d’une étoile fixe ou d'une constellation. Aïnsi, l’astre Sirius, suivant la doctrine des mages , avait été établi surveillant des cieux (b). |

Dès qu’une fois les étoiles eurent été regardées comme autant d'intelligences, soit Dieux, soit anges, les formes ‘astrologiques , qui servaient à les grouper , furent appliquées aux intelligences; et devinrent comme les corps visibles qu’elles prenaient pour se montrer aux hommes. Aïnsi Mercure chien, Bacchus bœuf et lion successivement, Jupiter serpent, ou bélier, ou cygne, ou aigle ravissant. Ganymède, Callisto devenue ourse, Bacchüs âne, sont des métamorphoses qui partent du même principe qui enfanta, chez les Juifs et chez les Chaldéens, des anges à tête de lion, de.bœuf, d’aigle, d'ourse ; d’âne-et de chien. Les formes des anges, comme celles des Dieux, furent empruntées des constellations où ces intélligences étaient censées avoir établi leur siége dans le monde. On ne saurait, sans cette clef, expliquer toutes ces monstruosités qu'on trouve à chaque pas dans les figures des anges et des Dieux : avecelle toute la monsiruosité s’évanouit.

On doit en dire autant des sept intelligences que les gnostiques plaçaïent dans leurs septicieux, et parmi lesquelles on trouve des génies à tête de porc (c) et à tète d’ane, tels que leur Sabahoth qui gouvernait le septième

(a) Zend-Avest., €. 2, p. 356. — (b) Plut. de Iside, p. 570. —

(ec) Epiphan, adv. Hæres, ce. 26.

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