‹ Origine de tous les cultes, ou religion universelleChapitre 29 sur 240 · LIVRE I, CHAPITRÉ VIL · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRÉ VIL

dont il tient en main la peau. On pourra pareïillement rapporter les autres archanges aux constellations dont ils portent les attributs, telles que l'ourse, le chien et ‘âne. Ce dernier archange , par sa forme, a pu donner lieu de débiter ce qu'ont dit quelques auteurs (a), que dans le sanctuaire du temple des Juifs on avait trouvé une tête d’ane (b). Cet animal céleste était consacré à Bacchus, et il avait, dit-on, servi aux Juifs à découvrir des sources d’eau dans le désert, comme le bélier céleste avait servi au même usage à Bacchus (c) qui lui avait consacré un temple , par le même esprit de reconnaissance qui avait guidé les Juifs dans la consécration de l’efligie de cet animal. Le culte de Bacchus était particulier aux Arabes, peuples voisins de la Judée , et dont les mœurs et les usages avaient beaucoup d’analogie avec ceux des Juifs. Il n’est pas étonnant qu'iln’y en eût aussi beaucoup entre leurs symboles religieux , et c'est peut-être cette ressemblance qui a fait croire à quelques auteurs que les Juifs adoraient Bacchus (d). Ce Sabahoth à tête d’âne , qu'imaginèrent les gnostiques, fut peut-être aussi confondu avec le Bacchus Sabazius des Grecs, qui empruntèrent ce Dieu des Orientaux.

Ces figures d'animaux données aux anges où aux inielligences qui surveillaient les planètes , sont entuèrement dans le génie des Chaldéens et des Perses. Taschier, qui, dans la cosmogonie des Perses , a la surveillance de la planète Zür, prenait trois corps comme Geryon [13], savoir , celui d’un jeune homme , celui d’un taureau et

(a) Tacit. Hist., L 5, e. 3, 4. — (b) Tertuilien Apologetic. — (ce) Hygin., L 2, Germanic., c. 10, — (d) Facit, Hist., L 5, c. 1.

celui d’un cheval (a). Il s’unissait à chacun de ces corps: pendant dix jours, ou en changeait à chaque décan ,, puisque le décan à sous son inspection dix degrés. Ill donnait la pluie (b) pendant trente jours et trente nuits 4 dix jours sous chacun de ses trois corps. Il enlevait. aussi l'eau [14] par le secours de l’Ane à trois pieds. On l'invoque trois fois avec le soleil (c), à cause de ses iroïs corps, avec les trois autres astres surveillans , savoir , Satevis, Venant et Haftorang , dont nous avons parlé plus haut. Ce dernier paraît à Hyde être l’ourse (d) qui, comme Haftorang , garde le nord. Ce sont ces quatre étoiles qu'Ormusd , suivant la cosmogonie des Perses, a, placées aux quatre coins du ciel (e) , pour veiller sur les autres étoiles fixes, et qu'il a établies comme sentinelles aux quatre points cardinaux du monde. Taschter garde l'est; Satevis l’ouest : Venant le midi, et Haftorang le nord. Elles ont aussi ; comme nous l'avons dit, la surveillance des quatre planètes , Mercure ;» Vénus, Jupiter et Mars.

Les Hébreux avaient également des anges qui gardaient les quatre coins du monde » Comme on le voit dans l’Apocalypse (f), ouvrage composé des lambeaux d'Ézéchiel et de Daniel.

La surveillance des quatre parties du monde, attribuée à des intelligences célestes » Est une suite de celle que l’astrologie avait assignée aux planètes sur les quatre coins du monde. Jupiter avait le septentrion , Vénus le

Page 1