LIVRE II, CHAPITRE VII
midi, Saturne l’orient , et Mars l’occident (a). Excepté Saturne , qui remplace ici Mercure , ce sont les mêmes planètes que celles que président Taschter , Satevis , Venant et Haftorang chez les Perses , et qui sont les quatre sentinelles des quatre coins du monde. Les astrologues attribuaient aussi aux planètes, placées en sentinelles aux quatre coïns de l’horizon , la surveillance des vents qui soufllaient de ces différentes parties du monde ; fonction qu'ont les quatre anges de l’Apocalypse (2). Ainsi , on a mis les anges ou les intelligences des planètes au lieu où l’astrologie mettait les planètes elles-mêmes. La distribution est la même, et on voit aisément que le système astrologique a dirigé le système religieux et toute la distribution des anges dans le monde. Aux mots planète , signe et étoile , substituez ange , et vous avez l’origine des anges et de leurs fonctions dans l’ordre du monde.
Les astrologues (c) avaient divisé l'Univers en climats et en régions, soumises à l’action d’une planète ou d’un signe. On les a métamorphosées en autant d’anges, chargés du soin de telle partie du monde ou de tel ou tel empire (d), en substituant toujours l’ange ou l'intelligence de la planète à la planète elle-même (e). Ainsi, les livres sacrés des Juifs admettent un ange tutélaire de la Perse (f), un ange tutélaire des Juifs, etc. On distribua aussi aux cinq planètes les cinq zones qui composaient le département de chacune d'elles. Sa-
(a) Tetrabibl. Ptolom., L. x, c. 19; L. 9, c. 3. — (b) Apocalyp., c. 7, V. 1. — (c) Euseb. Præp. Ev., L 6, c. 10, p. 278. — (d) Manilius Astron., 1. 4, v. 740, 803. — (e) Haly de Judic. Astr., pars 8, c. 33. — (f) Hyde Vet. Pers. Relig., ©. 20, p. 273.
Le: RELIGION UNIVERSELLE.
turne présidait à la zone glaciale (a). La première zone? tempérée était sous l'inspection de Jupiter ; la zone tor-ride sous celle de Mars; la seconde zone tempérée ap— partenait à Vénus , et la zone glaciale du pôle austral à Mercure. On peut en faire autant de génies ou d’anges: tutélaires des zones. Il en fut de même des douze in-telligences des douze signes du zodiaque, qui se chan-gèrent, chez les Égyptiens, les Grecs et les Ro-mains , en douze grands Dieux, dont Manilius (b) nous; a donné les noms avec ceux des douze signes qui leur: correspondent. J'en dis autant de nos douze apôtres oui génies , qui forment le cortége de l'intelligence divine: qui brille dans le soleil, dans cet astre que Platon ap-pelle le fils unique de Dieu , seul semblable à son père... Les Manichéens , dans un de leurs cantiques , louaienti! le Dien suprême qu'ils représentaient comme un très-grand roi (c), portant un sceptre éternel , ayant la face: toute rayonnante , et le front ceint d’un diadème de: fleurs. Ils lui donnaient, comme à Janus , souvent quatre: faces, et le peignaient environné de douze puissances , ou! de vertus du premier ordre, formant des concerts , COUvertes de fleurs qu’elles jetaient sans cesse au visage du! père. Saint Augustin dit que les Manichéens parlèrent ! de ces puissances, comme de douze divinités (d). Au-. dessous d’elles était une multitude d'habitans du ciel, : des escadrons de Dieux, des cohortes d’anges. Ces douze puissances ne sont autre chose que les douze intelligences qui forment le cortége du Dieu-lumière , peint
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(a) Eratost. Uranalog. Petav., t. 3, c. 2, p. 144. — (b) Manil. Astr., 1. 2, v. 439. — (c) Beausobr. , t. 2, 1. 0, c. 2, \ 3, p. 617. — (d) August, Cont. Faust., 1. 15, c. 5.