TOME II
dont nous avons parlé et à leur tête paraît Ormusd , comme le soleil à fa*tète de notre semaine. |
On trouve’ à la fin des livres zends (a) le si -rouzé ou la prière des ‘trente jours , office qui se récite en l’honneur des esprits célestes qui président aux trente jours ‘du mois. Ty alle grand et le petit si- rouzé ; ou le grand et lé peut office (b). On ‘trouve chaque: jour intitulé du nom de son ange. Nous: avons gardé une partie de cés anciens géniés que nous avons distribués dans nôtre calénärier , sous lés noïiis d’angées, d’ärchänges ‘et de
Saints , auxquels , dans Ta Suite, nous avons agrégé des hommes "morts martyrs où prédicateurs de ‘là sécte chrétienne. Ines pas/jusqu’'à Toraison dés’trente jours es Ja superstition du peuple n'ait propagée jusqu'à à ROUS ; car ‘nous avons aussi nôtre si-rôuzé.
HT ÿde , dans son chapitre roièt son chapitre so , “entre dans de ‘dérails assez “étendus sur lés ‘anges dé mois eus dés jours dû Mois , pour qu'on puisse fes éomparer à nos anges , à nos saints ét aux divinités grecques Et TO- * mainés (C), ét y apercevoir des traïts’asséz frappans ‘de réssemblance , pour nie pas douter que ce‘ne soit'la même théorie astrologique ‘sous ‘une forme différente. Cétte rémarque n'a-pas échappé à N. Fréret (d), quand il dit que chacun des dotize mois, chez lés Perses, ‘porte le nom d’un ‘génie où d’une divinité"subaltérne , dônt’ces peuples avaient inie idée peu différente de ‘celle que les Juifs, tés Chrétiens et les Mahiométans ‘ont de leurs
anges: -N. Fréret aurait dü dire, de l'idée d’après la-
(a) Zénd-Avest.,"t. 2, p. 315, 325. — (b) Ibid. , p. 325, 393. — c) Beausob., t, 2, 1 9, ©. 2, p. 623. —"(d) Acad. Anscri. , +. 16, ) : p (d) p. 234.
LIVRE IT, CHAPITRE VI. 05 quelle ces sectaires ont imaginé leurs anges qui, réellement, ne sont rien autre chose que les anges des Perses, et des Chaidéens, qui ont passé. dans ces sectes religieuses nées en Orient [16] où-la théologie des anges était établie depuis bien des siècles. Le Dieu. suprême, continne Fréret, partage entre ces différentes intelligences l'administration de l'Univers , et il les a chargées d’un: eertain département qui est particulier à chacun d’eux.:Le froid, le chaud, Ja, pluie ; la sécheresse , la production des-fruits de Va terre, ‘la multiplication des troupeaux, et: chacun. des trente Jours du mois, tout est sons l’inspection d° un ange. Les noms des anges ou izeds , génies tutélaires de:chaque jour. se répètent et.sont, les mêmes dans les douze mois. Douze de; ces noms: sont: Ceux: des . Bêmies, Protecteurs. de. ces mêmes mois (a): |
Ces. trois cent soixante-cinq ane ges s Cutélaires des trois cent soixante-cinq jours. donnèrent lieu , Avec beaucoup de vraisemblance, aux seetaires: appelés Mièue ,dima- ,giner (Ars {rois cent soixante cinq. anges , qu ils rangealent dans trois cent soixante-cinq. Cieux, autant qu il y.a de jours dans. l'année (8). Car ils AU bEAUE dit Irénée , les positions locales de leurs. trois: cent soixantecinq cieux, comme font. les. mathématiciens » dont ils ont pris les théorèmes pour. Les transporter dans leur . doctrine. Beausobre a tort d'être surpris que Basilide ait imaginé trois cent. Soixante-cinq cieux, quand on, sait que Platon imaginait cent quaire-Vingl-trois mondes , ou Ja moitié de trois cent soixante-six, qu'il rangeait sur
(a) Hyde, @ 12. — (b) Beaus., t. 2,.p..0. | | 6x
“les trois côtés (a) d’un triangle équilatéral, en plaçant soixante mondes à chaque côté et terminant chaque angle ‘par un monde. L’aire du triangle était appelé le champ de la vérité , qui contenait le type des formes appliquées par le soleil et par le zodiaque à la matière. On ne peut guère Y voir que les cent quatre-vingt-trois parallèles, qui divisent l'intervalle que renferment les tropiques , et qui marquent tous les degrés de l'échelle solaire, lorsque le soleil monte ou descend d’un tropique à l’autre , pendant trois cent soixante-cinq jours un quart, ou trois cent soixante-six jours en nombre rond ,-tel que le donnent les années bissextiles. Il résultait de la théorie de Basilide trois cent soixante-cinq ordres d’anges, dont la perfection allait en décroissant, à mesure qu'ils s'éloignaient de la première classe d’esprits placés dans le premier ciel (b), et que leur cercle se rétrécissait. C'était aux anges de la dernière classe qu'avait été remis Je soin de former l’homme et les animaux, ainsi que l'administration de l'Univers. Enfin, on fondait l’existence des trois cent soixante-cinq cieux et des trois cent soixante-cinq ordres d’anges qui y présidaïent, sur le nombre trois centsoixante-cinq des jours qui composent l’année. Voilà à quoi se réduisait la hiérarchie basilidienne. D'autres auteurs l'ont resserrée dans des termes moins nombreux et dans l’intervalle des sphères planétaires , auxquelles on a ajouté quelquefois la sphère des fixes et celle de la terre; ce qui a donné tantôt sept, et tantôt néuf cieux et neuf ordres d'intelligences attachées à ces cieux, connues sous les noms de muses, de sirènes,
(a) Plat. de Oracl. defect, 423. — (b) Beausobr. , t. 2, p. 7.
LIVRE II, CHAPITRE VII. 85 d'anges, d'archanges et d’autres esprits célestes, qui , d'après le système de Pythagore, composaient le con-. cert universel du monde. Car les muses , dans Hésiode, sont chargées de louer Jupiter, comme les chœurs des différens ordres d’anges louent Dieu dans leurs concerts éternels. Ne
Avicène et plusieurs autres philosophes (a) ont imaginé que la première intelligence qui procède de Dieu, substance pure et dégagée de matière, laisse émaner d'elle troïs êtres, savoir une seconde intelligence, la sphère suprême et l’ame de cette sphère. De cette seconde intelligence il en émane une troisième avec la sphère et l'ame de la sphère du second ciel. De la troisième intelligence , il en émane une quatrième avec la sphère du quatrième ciel. C'est ainsi qu'il y a eu successivement une production d'intelligences, d’ames et de sphères < auxquelles étaient attachées ces ames et ces intelligences , jusqu’à l'intelligence de la lune avec son ame etsa sphère. Cette dernière intelligence est appelée par Avicène intelligence active. C’est elle qui préside à l'organisation des êtres sublunaires. On retrouve partout la même progression de causes , depuis la première jusqu’à celle qui forme notre monde. .
Si l’on compare cette graduation de causes intelligentes avec le système planétaire des causes physiques, dont Macrobe nous a conservé la théorie , on reconnaîtra aisément que c'est absolument la même idée théologique rendue sous une forme plus métaphysique (b). La lune ÿ fait aussi la fonction de cause active dans l'organisa-
(a) Beausobre, t. 2, p. 7, 8. —(b) Macrob. Som. Scip., 1. 1, ce. 12 Ibid. , c. 6, 14.
86 RELIGION UNIVERSELLÉ ;
tion des êtres sublunaires, et termine la série des causes divines. On ÿ observe la même dégradation de l'ame universelle ét dés intélligences, qui animent les corps célestes , à proportion qu’on s'éloigne de la source originale des ames, comme dans le système des basilidiens. Il y a dans les sphères ‘planétaires de Macrobe des ames et-des intelligences qui en provoquent ét en dirigent le mouvement circulaire (a), commé celles du système d'Avicène. Platon place sur la convexité de chacune de ces sphères üné sirène (B) qui, par son chant, réjouit les Dieux. Les autres théologiens , ajoute Macrobe , y ont placé neuf intélligences , appelées muses , pour exprimer les accords formés par les huit sphères séparées , et ils en ont imaginé uné neuvième qui résulte de l’harmonie totale. La huitième, dans Hésiode , s'appellé Uranie, nom qui vient d'Uranus , ciel, C’est celle qui préside au ciel dés fixes supérieur aux sept sphères planétaires. C’est pour cela que l'intelligence solaire ou Apollon, qui est censée être au centre de l’harmonie et du système planétaire, prend souvent le titre de musagètes , ou dé chef des muses. On le donne aussi à Hercule que Plutarqué (c) dit voyager dans le soleil, et qui n’est autre chose que le Dieu - soleil , considéré au point solsticial d'été. On chercha, dit Macrobe , à peindre cette musique célesté par lés hymnes et les chants employés dans lés sacrifices, de même qu’on chercha à imiter les mouveémens et les retours des planètes par la strophe et par l’anti-strophe. Cette réflexion ne à PONS RE
(a) Macrob. ibid., ce. 17. — (b) Plat., 1. 10, de Republic. Macrob. Som. Scip., L 2, c. 3. — (c) Plut. de Iside, p. 367.