‹ Origine de tous les cultes, ou religion universelleChapitre 33 sur 240 · LIVRE I, CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE VII

de Macxobe est d'autant plus juste , qu'il est certain que tout le cérémonial religieux des, anciens, était surtout fondé sur l’imitation des phénomènes de la Nature ), CL des événemens ficuifs arrivés, à ses agens.

Nous ne suivrons point Macrobe plus loin, dans les. détails qu'il nous donne de l'harmonie des. sphères , el sur le rapport musical des différentes planètes entre elles. IL nous suffit de remarquer que telle fut l'origine des intelligences chantantes, placées dans les différens cieux, sous, les noms soit de muses, soit d' anges, SOit d’archanges et de chérubins, soit de vertus et de dominations. Car les Chaldéens , les Juifs et les Chrétiens, ont aussi l’ordre hiérarchique des intelligences chantantes placées dans les neuf cieux. Les Arabes et les. Syriens ont conservé cette distribution en entier avec les noms de ces différens ordres de génies , et leurs rap ports avec les sphères (a). Ces derniers placent dans la sphère de la lune le chœur des anges; dans la sphère de Mercure les archanges ; dans celle de Vénus les principautés ; dans le soleil les puissances ; dans la sphère de Mars les forces ou vertus ; dans celle de Jupites les dominations ; et au haut du système planétaire ou dans la sphère de Saturne, les trônes. La huitième sphère , celle des fixes, contient les chérubins dont les figures sont ürées des quatre principaux animaux qui partagent le zodiaque. La sphère supérieure, remplie d'étoiles supposées imperceptibles , renferme les génies appelés séraphins. Tous ces anges d'ordre et de noms différens , sont sans cesse occupés à célébrer les merveilles de la divinité univer-

(4) Kirker Ofdip., E. 2, pars 1, p. 426, c. 10. Moor Isaac.

selle, dé quelque nom qu'on l'appelle [r5]. Toutes ces puissances , ces vertus, ces chérubins sont invités , ainsi que le soleil, la lune, et les étoiles que surveillent ces puissances , à louer Dieu dans le fameux Bénedicite qu'entonnent les trois enfans que Nabuchodonosor (a) fit jeter dans la fournaïse , dans le conte assyrien connu sous le nom de Prophétie de Daniel. Il en est de même du Laudate , dans lequel David invite (b) la Nature entière à célébrer la gloire de son Jehova. On y invite jusqu'aux eaux qu'une mauvaise physique avait imaginées au-dessus du firmament , et qui se trouvent aussi recouvrir tout le système hiérarchique des Syriens, dont nous venons de parler. Car, au-dessus du ciel he chérubins et des séraphins , ils placent l'Océan sans borne , l'immense mer. Ce sont les muses d’Hésiode (c) qui réjouissent de leur chant le père des Dieux, et qui, comme les planètes, annoncent à l’'Univers les décrets du destin (d), placées elles-mêmes dans les demeures céléstes où les astres règlent nos destinées.

Les Arabes classent les différens ordres d’anges ou d'intelligences planétaires chacun sous un chef, et ils nous décrivent la forme monstrueuse de ces anges. Les uns ont la forme humaine, d’autres celle de chevaux . ceux-ci d'oiseaux, tels que l'aigle et le vautour. Des pierres précieuses , des perles, des émeraudes, l’ortou l'argentcomposent la substance de ces diflérens cieux (e). On y trouve les noms des anges qui commandent en

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(a) Daniel., c. 3, v. 51, etc. — (b) Psalm. 148. — (c) V. 36. — (d) V. 55. — (ec) Kirker, vide » P. 423. Contant d’Orvill., t. 2, P: 32, 64.

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