‹ Origine de tous les cultes, ou religion universelleChapitre 37 sur 240 · LIVRE II, CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE VU

génies familiers qui se rencontre dans toutes les théologies. | Moi):

Joignez à cela les parties de l’ame universelle disséminées dans le grand corps du monde, imprimant le mouvement à tout ce qui paraît se mouvoir par lui-même, donnant la vie aux plantes et aux arbres, et dirigeant sur un plan régulier et constant l’organisation et le développement de leurs germes , donnant la mobilité aux eaux qu'elle fait jaillir des rochers et dont elle entretient le mouvement éternel, donnant l'impulsion aux vents, dirigeant ou variant leur cours ou retenant leur souflle, calmant et soulevant tour à tour les mers , déchaînant les tempêtes , vomissant les feux des volcans, ou ébranlant les racines des montagnes et la base de vastes continens, tous eflets produits par une force inconnue à l’homme et qui appartient à la nature, vous aurez le système complet des forces vives et intelligentes qu’on imagina présider à toutes les opérations de la Nature. Toutes les causes physiques et même morales auxquelles on donna dans la suite une existence personnelle , par une espèce de fiction poétique, furent censées agir par l’ordre et l'impulsion d’un génie ou d’une divinité particulière. De là estsortie cette longue suite de divinités de toute espèce et de tout ordre, dont la nomenclature fastidieuse est consignée dans les livres des Romains, et auxquels on adressait des vœux, on offrait des-sacrifices et on élevait des temples. |

Les Romains et les Grecs ne sont pas les seuls qui aient admis une foule de génies subaliernes subordonnés à l'être irès-grand , ou à d’autres divinités majeures. Nous les avons déjà trouvés établis chez les Perses qui invoquaient toutes les parties de la Nature, comme au-

tant d'êtres intelligens capables de les entendre et de les exaucer. Cette vérité trouve sa preuve à chaque page et à chaque ligne des livres zends.

Peloutier (a), dans son Histoire des Celtes, observe avec raison que tous les peuples celtes avaient des généa- Jogies de Dieux assez longues , lesquelles n’exprimaient que la série des intelligences que le premier être avait répandues dans toutes les parties de la matière pour l’animer et la conduire. Les Gaulois rendaient un culte religieux aux génies qu'ils plaçaient dans l'élément de l'eau (b), et jetaient par cette raison dans tous les lacs sacrés de l’or , de l'argent et des offrandes précieuses. {ls unissaient le culte des élémens et celui de toutes les parties de la Nature visible à :celui des esprits ou des génies qui étaient censés y avoir leur siége , et en avoir la conduite. L'élément était comme le corps et le véhicule d’une divinité subalterne qui la dirigeait d’une mamère sage et pleine de vues profondes pour le présent et pour l'avenir. C'était même là le fondement de la divination qui se faisait par les élémens ; comme les Perses, ils rendaient un culte religieux au feu (c), à l’eau , aux vents , aux arbres et aux rochers, etc. Enfin ils révéraient la Divinité, et croyaient la voir dans toutes les parties : et dans toutes les opérations de la Nature. I n’y avait, observe Peloutier , rien de contradictoire dans ce culte rendu en même temps à la substance visible et à l'intelligence invisible, par la raison qu'on supposait

qu'il en était de même dans la Nature où chaque partie

(a) Pelout., t. 5, p. 158. — (b) Ibid., t.3, p.13; t. 5, p. 49. — (c) Ibid. , &. 8, p. 14r.

Page 1