‹ Origine de tous les cultes, ou religion universelleChapitre 39 sur 240 · LIVRE IT, CHAPITRE VIT · texte numérisé non relu

LIVRE IT, CHAPITRE VIT

qui avait la plus grande ressemblance avec le gouvernement monarchique reçu dans tout l'Orient, etqu’on regardait comme le plus parfait. La cour des rois perses, mèdes et assyriens, servit vraisemblablement de modèle aux prêtres qui composèrent la cour céleste et qui distribuèrent différens emplois aux anges, comme on en distribuait aux satrapes et à leurs lieutenans. Les uns étaient les officiers de la cour sous le titre de secrétaires , tel que Mercure; d’échanson, telque Granymède ; d’autres des ofliciers militaires, tel qu'Hercule, général des troupes de Chrone chez les Phéniciens ; d’autres avaient l’intendance de certaines régions et de certaines provinces. Il y en avait du conseil intime des Dieux, comme il y avait des ministres du conseil intime du roi de Perse. L'ange tutélaire de chaque mois avait l’intendance des choses qui appartenaient à ce mois ; l’ange de chaque jour avait l'intendance des choses qui appartenaient à son jour (a), comme on peut le voir dans Hyde et dans les livres zends.

Les peuples les plus éloignés de nos climats , les nauons les plus barbares, qui ont quelque forme de culte et quelques notions de hiérarchie, ont associé au grand être des ministres, tant cette idée parut simple et naturelle dans un plan d'administration monarchique ; et les Dieux avaient celle de l'Univers. Les habitans de Loango ont une multitude d’idoles, de Dieux à qui ils ont distribué l'empire du monde (8). Les uns président aux vents , les autres aux éclairs, d’autres à la conservation des récoltes. Ceux-ci dominent sur les poissons de la mer , ceux-[à sur les rivières, les autres sur les animaux

mr mms (a) Hyde de Vet, Pers. Relig., e. 19, 20. — (b) Cont. d’Orvill. , tr 6

des forèts. Ces idoles sont, avec beaucoup dé vraisem= blance , autant de.talismans , tels que les idoles que les anciens Sabéens consacraient aux astres qui avaient de l'influence sur telle ou telle partie de la Nature, et qui communiquaient leur vertu et une partie de leur puissance aux idoles, ou aux images qui les représentaient, ou qui simplement leur étaient consacrées. Car telle est la véritable origine du culte idolâtrique ou du culte des images, et du fétichisme des Africains.

Dans l'Inde (a), certains dévots distribuent leurs idoles autour d’un grand cercle d’une ou de deux coudées de diamètre , et ils les disposent de manière qu’elles regardent les huit points cardinaux de l'horizon , d’où soufllent les” principaux vents. Ces peuples croient que huit divinités inférieures président à huit contrées du monde , également éloignées les unes des autres. Nous avons vu que les Perses bornaient à quatre les génies ou étoiles fixes : qui surveiilaient les quatre points, est, ouest, midi et nord. Cette division en huit est une sous-division de cette dernière qui prend sa source dans le même génie astrologique. On décrit ce cercle magique près du bord de l’eau, et on fait un sacrifice avec beaucoup d’appareil.

Les habitans de l’ile de Ceylan (2) reconnaissent un Dieu suprème qu'ils appellent Ossa, Polla, Maups , en leur langue, ce qui signifie créateur du ciel et de la terre. Les autres divinités ne sont que des lieutenans de ce Dieu qui les envoie sur la terre pour exécuter ses ordres. [ls sont dans l’opinion erronée d'Euvhémere,

(a) Cont. d'Orvill., t. 2, p. 151. — (b) Ibid. , p. 247.

Page 1