‹ Origine de tous les cultes, ou religion universelleChapitre 4 sur 240 · LIVRE IT, CHAPITRE VI. (e · texte numérisé non relu

LIVRE IT, CHAPITRE VI. (e

ou du spiritus , que les Chrétiens ont conservés sous les noms de père, d'intelligence ou de (logos, enfin de souffle ou d'esprit, trois abstractions qui composent leur triade mystique.

Dieu est un, observe judicieusement Batteux, c’est-àdire, selon le sens de la philosophie ancienne, une substance unique , dont toutes les parties continues s'étendent dans tout l'Univers, sans partage , sans différence, sans inégalité, comme l’ame dans le corps humain. Pythagore combat l’opinion des spiritualistes qui avaient séparé la Divinité du monde lui-même , et qui, par une abstraction de l’esprit, la faisaient exister hors du monde qui n'était plus qu'un ouvrage matériel , sur lequel la cause abstraite ou Dieu, isolé du monde, agissait. Cette opinion était une innovation dans la théologie ancienne , laquelle ne séparaït pas Dieu de l'Univers même. Eusèbe atteste cette vérité, lorsqu'il dit qu'il n’y avait eu qu'un petit nombre de sages , tels que Moïse, qui avaient cherché Dicu ou la cause de tout hors du tout mème (a); mais que les philosophes de l'Égypte et de la Phénicie, ceux qui de son aveu avaient imaginé toutes les cosmogonies répandues dans l'Univers, avaient tous placé la cause suprème dans l'Univers lui-même et dans ses parties les plus apparentes, telles que le soleil, la lune, les astres et les élémens, c’est-à-dire , dans les causes naturelles et dans le monde visible. Ceci se trouve parfaitement justifié par le dogme que Pythagore établit comme axiome fondamental de sa théologie ; savoir , que Dieu, ou la cause active et éternelle de toutes

(a) Voy. ci-dessus chap. 2.

choses , est répandu tout entier dans le globe du monde, afin que le monde et toutes ses parties soient dans Dieu.

Pour concevoir cette idée, il faut comparer le monde

à l’homme, le principe de vie qui le meut à celui qui meut l’homme et tous les animaux vivans, enfin l'ame du monde à celle de l’homme. L’ame du monde, qui n'est autre chose que l'ame divine , est au corps divin et éternel du monde ce que l’ame humaine est au Corps fragile et périssable de l’homme. Elle est le principe du mouvement intérieur qui caractérise la vie. Elle fait circuler dans toutes les parties du corps animé les fluides et les esprits vitaux, y entretient la chaleur et le feu actif qui conserve son organisation , et prévient ce repos et cette inertie que suit le froid de la mort; elle est le ressort qui donne le jeu à toutes ses parties. T'elles sont aussi les fonctions de l’ame universelle dans le Monde-Dieu.

C'est cette ressemblance que Pythagore a cru apercevoir entre le grand être vivant et animé, et l’homme (a), qui lui a fait appeler ce dernier un petit monde, ou le microcosme , parce qu'il renferme en lui toutes les qualités qui se trouvent en grand dans le monde. Il tient à la Nature divine par sa raison et son intelligence , et

à la Nature élémentaire par la faculté qu'il a de métamorphoser les alimens en d’autres substances, de croître et de se reproduire. L'’inverse de cette comparaison est que le monde est un grand homme, où un immense Dieu , qui a éminemment et essentiellement en lui ce

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(a) Vita Pythag. Photü Bibli Codex, 350.

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