‹ Origine de tous les cultes, ou religion universelleChapitre 43 sur 240 · LIVRE II, CHAPITRE VIT. 11 FT · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE VIT. 11 FT

intelligences , qui s'unissent et se lient dans l’action universelle du monde, et qui conséquemment doivent aussi se mêler dans les poëmes et dans les fictions sacrées sur les intelligences , comme elles se mélent dans les allégories sur le jeu des causes naturelles. Il y aura donc des Dieux célestes et des Dieux terrestres , qui auront entre eux les rapports que la Nature a mis entre le ciel et la terre dans l’action mutuelle qu'ils exercent. L'air, l’eau, la terre auront leurs divinités subordonnées aux intelligences ou aux Dieux qui siégent dans les astres, comme ces élémens le sont aux astres eux-mêmes, à leur influence et à leurs mouvemens : ce qui nous donne , depuis le sommet des cieux jusqu'aux abimes de la terre, cette chaîne de Dieux de nature et de puissance différentes , qui lie entre elles toutes les parües de l'Univers, d'après la série et la distribution qu'en a données un oracle d’Apollon rapporté par Eusèbe (a), qui observe que par Dieux célestes on doit entendre les astres.

Cette chaîne n’est que la progression de l’ame universelle , considérée dans ses différens degrés et dans la marche qu’elle suit à travers le corps du monde en s’y répandant pour l’animer. Elle y garde, suivant Varron (b), la distinction bien marquée entre la cause ac: üve et la cause passive , et entre leurs principales divi- .Sions , où elle prend des caractères différens et en donne aussi aux ames et aux intelligences nombreuses qui peuplent ces différentes parties du grand tout. Dans la circonférence des cieux, depuis le sommet de l'Olympe jusqu à la lune , dit Varron , les ames ou les intelligences RE 2 NL, Pr Le PAR NN CS 7

(a) Euseb. præp, Ev., L 4, 0. 9, p. 145, 145. — (b) August, de Cir. Dé AT 51 dE |

éthérées sont les astres et les étoiles, divinités visibles, Dans l’espace aérien qui est au-dessous de la lune, siégent des intelligences invisibles, connues sous le nom de génies, de héros et de lares. Tel est l’abrégé de la théologie naturelle, continue saint Augustin qui nous a conservé ce passage de Varron, théologie qui a été adoptée non-seulement par Varron, mais par une multitude de philosophes. Le passage de Martianus-Capella , rapporté plus haut, et un autre du même auteur (a), qui donne, à cette théorie des génies ou des intelligences de différens ordres placés dans différens élémens , le plus grand développement, viennent à l'appui du témoignage d'Augustin , ét jettent un grand jour sur cette partie de la théologie des génies. Nous en pouvons dire autant des écrits de Proclus , de Jamblique et de Porphyre, auxquels nous renvoyons le lecteur jaloux de connaître à fond cette théorie angélique dont on a tant abusé.

Il résulte des rapports que nous avons observés entre les parties de la Nature et leurs divisions, et entre les intelligences qui y ont leur siége, et qui en dirigent tous les mouvemens et les opérations , OU entre toutes les parties du système des causes physiques et celles du système des intelligences , que le second système ayant été calqué sur le premier, il doit en contenir toutes les divisions , et que la comparaison et Ja correspondance doivent se soutenir jusqu'au bout. Done la grande division du monde en monde de lumière et en monde de ténèbres, et la distinction ou la rivalité qui règne entre

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(a) Mart. Capell. de Nupt. Phil, L 2, c. 0.

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