‹ Origine de tous les cultes, ou religion universelleChapitre 51 sur 240 · LIVRE II, CHAPITRE VIT · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE VIT

images que le jour lui a fait voir ; ou, s’il les combine autrement, il ne rencontre plus dans son ouvrage que des monstres et des chimères.

C'est donc, en dernière analyse, dans la Nature qu'il faut rentrer pour remettre l’homme à sa place ; c’est dans ce sanctuaire qu'il trouvera les formes éternelles des Dieux qu'ont adorés tous les hommes de tous les pays et de tous les siècles; et c'est aux voûtes sacrées de Olympe quil verra briller les rayons de leur gloire immorielle. Là, de tout temps, fut fixé le siége le plus éclatant de la majesté divine ; c’est sous les pavillons de l’astre du jour que les Juifs plaçaient le trône de l'éternel. L'Univers est un temple auguste au-delà duquel il ne nous est pas permis, dit Pline, de chercher la divinité. Toute explication qui tirera ses preuves hors de cette enceinte sacrée, ne peut être que mauvaise. Laissons aux Dieux leur nature ; et ne les plaçons ni dans le rang des hommes comme Euvhémère, ni dans celui des ombres comme les spiritualistes , et comme tous les métaphysiciens qui en ont fait des êtres abstraits et de pures conceptions de leur esprit , auxquelles en vain ils voudraient donner de la réalité. La Nature visible ou les Dieux naturels, voilà sur quoi reposent toute la mythologie bien conçue et toutes Îles théologies rapportées à leur véritable origine. C'est aussi le but que doit se proposer et que doit atteindre notre méthode si elle est bien employée. C’est une dernière preuve qui doit en jusüfier la bonté et la vérité de nos principes. Tous les pas que nous allons faire désormais dans {a carrière que nous nous sommes ouverte doivent être dirigés dans ce sens; et c’est à la

justesse , à l'accord étonnant des solutions , à leur sim-

plicité, qu'on pourra reconnaître , qu’enfin pour la première fois le voile de l'antiquité religieuse est déchiré à et que l’art sacerdotal forcé dans ses derniers retranche-

mens doit renoncer aux ressources de l'imposture pour laisser à la raison son légitime empire.

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