‹ Origine de tous les cultes, ou religion universelleChapitre 61 sur 240 · LIVRE 1, CHAPITRE IL. Nid · texte numérisé non relu

LIVRE 1, CHAPITRE IL. Nid

Dieu du temps. Le stoïcien Damascius (a) s'accorde avec eux , lorsqu'il dit que le soleil est Cronus, ou le temps, qui ne vieillit jamais, toujours fort, toujours vaillant ; ce qui rentre dans les principes de la théologie égyptienne, qui en fait un Dieu qui n’a jamais eu de commencement. Proclus nous dit que le soleil et la lune () sont engendrés pour évoquer le temps invisible, le manifester, le diviser , le partager , et en exécuter les révolutions toujours de la même manière. Mais quoique le soleil et le temps qu'il engendre semblent ici se confondre entièrement , on ne doit y voir cependant qu'une qualité particulière, qu'un attribut singulier de cet astre , celle qui le fait circuler dans le zodiaque et engendrer le temps, d’où tout naît, par un effet de cette force active qui a subjugué tout, qui se reproduit partout, et qui détruit tous les germes de mal que le mauvais principe met dans la Nature; car il a, comme Osiris, pour ennemi Typhon qui lui donne la mort : comme Osiris , il ressuscite. On montrait à Tyr le tombeau d’'Hercule (c), comme on monirait à Memphis et à Abbydos celui d'Osiris ; en Crète, celui de Jupiter; et à Jérusalem , celui de Christ. Typhon, rival d'Osiris, était aussi frère d'Osiris, comme Eurysthée était frère d'Hercule qu’il persécutait. Or, on saït qu'Osiris, et on le verra mieux par la suite, est aussi le soleil, qui, sous un autre nom , fut adoré en Égypte, mourut , descendit aux enfers , ressuscita , et mérita par ses bienfaits la reconnaissance des hommes , comme Hercule. Hercule est

(ay Damascius apud Volf. Anecd. , t. 3, p. 254. — (b) Procl. in Lim. 4, p. 273. — (c) Arnob. cont. Gent., l. r, €. 17.

donc, comme le dit Macrobe , d’après les principes de la théologie égyptienne, une des puissances multiples dont est doué le Dieu-soleil , suivant la différence de son action dans la Nature. C’est le soleil qui est en tout, et dont l’activité circule partout. Macrobe ajoute que la substance d'Hercule n’est point étrangère à celle du soleil ; qu’il est une puissance de cet astre qui imprime à l’homme une force qui le rapproche de celle des Dieux, celle sans doute qui fait les héros. C’est le Dieu fort, mais d’une force qui ne se manifeste que par des bienfaits ; car tel l’antiquité a toujours représenté Hercule. Il parcourut la terre et les mers , disent les traditions indiennes , et en enleva tous les maux (a): Il fut donné à la terre pour en être le sauveur, dit l’empereur Julien (b) , jusqu’à ce que le Dieu son père l’eût rappelé à lui. Ne manquant de rien lui-même, il soulageait les nusères des autres , suivant Diogène (ec). On peut lire l'éloge qu’en fait le rhéteur Aristide. Le Dieu suprême , son pére, l’a placé, suivant lui, pour présider à tout ce qui (d) est soumis à la sphère de la lune. Il purgea la ierre des monstres, et la rendit habitable ; il vint au secours des peuples opprimés (e), mème sans en être prié (f); il creusa de nouveaux canaux aux fleuves pour en rendre le cours plus utile, arrêta leurs débordemens , établit la communication entre les deux mers , bâtit des villes, abolit les sacrifices des victimes humaines , institua des fêtes et des jeux pour honorer les Dieux et encourager les arts. Il enseigna l’astrono-

re

(a) Arrian. de Reb. Ind., D: 174. — (b) Julian. Orat. 7, p. 409. — (c) Lucian, t, >, p. 971. — (d) Aristid., t. 1, p: 56. — (e) Serv. ad AEneid. 8, v. 291. — (f) Ibid. , v. 5o.

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