‹ Origine de tous les cultes, ou religion universelleChapitre 70 sur 240 · LIVRE JT, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE JT, CHAPITRE I

Jeur année au solstice d'hiver à minuit, remarquèrent dans le ciel à l’orient les étoiles qui fixaient par leur lever le départ de l’année ; et là ils placèrent leur Janus, ou leur génie conducteur du temps aux pieds duquel ils mirent douze autels représentatifs des douze mois. C’est un symbole différent de celui des douze travaux, mais qui est destiné à réveiller la même idée sur la marche du soleil et sur les divisions du temps qu’il mesure. Nous n'avons insisté aussi long-temps sur les fonctions du premier paranatellon de l’année solaire, que parce qu'il était tout-à-fait important de bien saisir les rapports de noms et d’attributs , qui se trouvent entre la constellation appelée #ercule Ingéniculus , et le grand Hercule Dieu immortel, le soleil, au mouvement duquel il préside comme premier moteur, et avec qui il est censé voyager autour du monde. Pour rendre cette idée plus sensible, on peut coller sur un carton notre planisphère, au centre duquel on attachera une règle mobile à con extrémité. On établira sur un petit morceau de carton verticalement placé, l’image de l'Agenouillé, portant sur sa tête le disque solaire , et parcourant avec lui la circonférence du planisphère, où sont gravés les douze signes sous lesqnels sont casées les principales constellations Gui y répondent, ou les animaux célestes qui sont l’objet des combats et des victoires d'Hercule. Par ce moyen, on suivra aisément la marche du soleil et de son conducteur dans toute la révolution annuelle, ou dans la carrière des douze travaux. On dispense ainsi le lecteur de la vérification des aspects sur un globle qu'il n’est pas donné à tous de bien connaître et de faire mouvoir , et qui d’ailleurs ne forme jamais une suite

aussi marquée que celle d’une règle qui, d’un mouvement

uniforme , parcourt tous les points de la circonférence au centre de laquelle son extrémité est attachée. Ceux qui voudront vérifier par eux-mêmes l'exactitude de notre projection seront libres de le faire ; je les y invite même.

Avant de quitter Le premier signe et la constellation du lion que parcourt le soleil , le premier mois, et qui marque ses premiers pas dans la carrière annuelle, il est bon d'observer que toute l'antiquité nous a répété que ce lion était le même que celui qui fut chanté dans le récit des combats d'Hercule , comme ayant été l’objet de son premier travail, et qu'à ce ütre on l’a toujours appelé le lion néméen [34], le premier des animaux vaincus par Hercule , son premier travail (a). Cette tra-

dition constante de toute l'antiquité n'est pas indifférente

à remarquer. Îl n’est pas le seul animal céleste qui ait conservé jusqu à nous les rapports qu'il y a entre les constellations et les monstres qu'a combattus Hercule. Il est vrai qu'on a supposé qu'ils y avaient été placés depuis en mémoire d’Hercule (8); mais cette supposition nest pas recevable, quand on sait qu'avant que les Grecs eussent une astronomie , et conséquemment eussent placé au rang des signes le prétendu lion de la forêt de Némée , le signe du lion était déjà employé dans les monumens de la Perse, tels que celui de Mithra, et dans ceux de l'Égypte où l’on avait consacré les images du lion, à cause, disent Plutarque, Horapollon et Théon , que le Nil se déborde sous ce signe (c). Certai-

7) LU TON BE OS JA RE Se

(a) Manilius Astron., 1. 2, v. 651 51 4, v. 756. Hygio., 1. a Theon, p. 123. Ératosth.. €. 19, — (b) Isid. Orig., 1. 3 (e) Theon. Com., p. 193.

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