LIVRE 111, CHAPITRE I
nement les Égypüens n'empruntérent jamais des Grecs ni leur astronomie , ni leurs monumens religieux. Donc ce n’est point la forêt de Némée en Grèce qui a produit ce lion, lequel , après la victoire prétendue d'Hercule, fut placé aux cieux ; mais c’est bien le lion céleste que la fiction des poëtes fit descendre de l’Olympe dans les forêts de la Grèce, et qu’elle plaça dans les temples, à côté des images du Dieu fort qui subjugue la Nature, et des images du soleil solsticial. Aussi disait-on que le lion de Némée était tombé du ciel (a), et qu'il avait pris naissance dans, les régions voisines de la sphère de la lune. Il était, dit Tatien (2), tombé de cette terre supérieure placée au-dessus de l’atmosphère ; ce qui désigne assez le firmament où siégeait réellement ce lion, que les poëtes chantaient dans les grands poëmes sur l’année et sur la course du soleil dans les cieux. Ainsi, quand certaines traditions disaient que ce lion avait été placé aux cieux, d’autres traditions plusanciennes disaient qu’il y était né, et qu il en était tombé sur la terre. On racontait également que le dragon du pôle était de la même famille que le lion de Némée, et que ce dernier était, comme le premier, un des géans que vainquit Hercule dans la guerre contre les Dieux (c). Toutes les traditions rapportent donc au ciel l’origine de l’animal terrible dont Hercule portait les attributs, et qu'il était censé avoir vaincu , c’est-à-dire , sans figure , qu'il avait parcouru et éclipsé dans ses feux. La nature du premier animal bien connue détermine nécessairement celle des
et
(a) Tatian. Cont. Gent., p. 164. — (b) German. Cæs., c. 11. AElian. de An.,l.12, c. 7. Hygin. Fabl. 30. Achill. Tat., c. ox, p. 83. — ‘e) Photius, cod. 190, p. 484.
autres et fixe le champ de bataille de tous ces combats.
Avant de passer à l’examen des paranatellons des signes suivans , nous ajouterons que ie premier signe occupé par Hercule ou par le soleil, était consacré à Jupiier dans la distribution des douze grands Dieux entre les signes ; à ce Jupiter appelé quelquefois Jupiter Æ/elios ou soleïl. De mème le signe opposé, qui ouvrait le soir la marche de la nuit étoilée , et dans lequel arrivait la première pleine lune de l’année ou celle qui correspondait | au soleil solsticial, était consacré à Junon ou à la Déesse qui imposait à Hercule la tache dés douze travaux et qui présidait à chaque commencement de mois. C'était cette pleine lune qui fixait l’ouverture de la période olympique : aussi l’on donnait à la lune elle-même le nom d'Olympias ou de Déesse olympique, nom qu’elle empruntait du zodiaque appelé l’Olympe ou cercle olympique (a), dont la lune parcourait les douze maisons chaque mois. Peut-être que cette circonstance de la première lune, pleine dans le signe de Junon où du verseau appelé astre de Junon, donna lieu au rôle important que cette Déesse joue dans tout le poëme d’Hercule ; car le mouvement combiné de ces deux astres entraiït dans la formation du temps, et dans les chants poétiques sur la Nature. Jopas , dans Virgile , chante les courses irrégulières de la lune et les travaux du soleil. Je traduis ici iravaux, comme l’a traduit Servius (b) et Lacerda, et pour les mêmes raisons qu'eux. Passons au second signe
qui suit le Tion solsticial, et qui répond au second mois, c'est-à-dire à la vierge.
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(a) Syncelle, p. 197. — (b) Servius et Lacerda, Com. in AEneiïd., v. 746.