LIVRE III, CHAPITRE
Les premières parties , qui ont été éclipsées , ont reparu avant que les dernières soient visibles encore , et cette disparition de toutes étant successive , la constellation a l'air de se reproduire à mesure que le soleil tend à la faire disparaître, C’est ce qui arrive en particulier à l'hydre , placée près de la route du soleil , et qui s'étend Sous trois signes. Voici ce qu'Hygin dit des trois signes (a), cancer, lion et vierge : Le cancer est placé, en parte, sur la tête de l'hydre; le lion est couché sur le corps de l’hydre, jusqu'au milieu : la vierge a son corps, jusqu’à la partie inférieure , posé sur la coupe et sur la queue de l’hydre. Le même auteur nous donne la description de cette longue constellation [35 |, considérée dans ses rapports avec ces trois mêmes signes (b). L’hydre, dit-il, occupe par son développement la longueur de trois signes, l’écrevisse, le lion et la vierge. Lhéon (c) en dit autant, et il détermine l'étendue de celle constellation , depuis le cancer jusqu’au commencement de la balance et du centaure; c’est-à-dire ) jUSqu'au troisième signe ou au troisième mois ; enfin , jusqu'à l’homme monstrueux que combattit Hercule après l'hydre , savoir le centaure dont nous parlerons bientôt. D'après cette position et cette longueur donnée pour la: constellation de l'hydre dont le coucher héliaque total , ou l'immersion entière et successive dans les feux solaires durait plusieurs mois, il est clair que dès que le: soleil atteignait le cancer, les étoiles de la tête de l’hydre disparaissaient dans ses feux , tandis que le reste de son corps était encore visible sur l'horizon au cou
(a) Hygin., L 3. — (b) Ibid., E 3. — (c) Thcon. ) pe 128. 12*
chant , au commencement de la nuit. Le soleil avançant dans le cancer et dans le lion , de nouvelles étoiles disparaissaient tous les jours , et l’hydre s’enfonçait de plus en plus dans les feux solaires. Néanmoins ce n’était que lorsque le soleil était entré dans le sjgne de la vierge, que les dernières étoiles de la queue s’éclipsaient , et que, cette dernière partie disparaissant, on pouvait dire véritablement que l'hydre entière avait été successivement éclipsée, et qu’enfin le soleil avait achevé l’hydre. Mais avant que cette disparition totale des étoiles de la queue arrivät, déjà le matin celles de la tête avaient reparu aussitôt que le soleil avait été assez avancé dans le lion, pour que tout le cancer et l’hydre se fussent le matin dégagés des feux solaires. Hercule ou le soleil, alors placé vers le milieu de l’hydre qu'il éclipsait, voyait d’un côté le matin la tête de l’hydre déjà reproduite , et le soir sa queue qui n'était pas encore cachée. L’incommode cancer, qui la faisait revivre, était pour lui un ennemi de plus qui s’unissait à l'hydre, et c’est ce phénomène qu’on a voulu rendre dans la fiction de l’écrevisse qui secondait l’hydre de Lerne, dans la résistance qu’elle opposait à Hercule. C’est là ce qui la fit mettre en action dans le poëme des douze travaux avec l’hydre qui a sa tête sous elle, et qui n’est ramenée que par elle à la lumière ou sur l'horizon. Ce fut à l’aide de feux qu’enfin Hercule acheva la défaite de l’hydre ; allusion visible à la chaleur de la saison, depuis le cancer jusqu'à la balance, ou à l'espace qui répond à l'été. Aratus lui donne (a) l'épithète d’hydre brûlante et brûlée , parce que, dit
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(a) Aratus, v. 519.