‹ Origine de tous les cultes, ou religion universelleChapitre 77 sur 240 · LIVRE Il, CHAPITRE HE · texte numérisé non relu

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dans tout l'Orient. Ses attributs confirment cette opinion. Îl serait même aisé de faire remarquer que le Pégase qui n'a du cheval que la tête et le poitrail, et le centaure qui n'a du cheval que la croupe , sont un démembrement du même cheval, et qu’ils sont toujours à l'horizon ensemble et en opposition; car le lever de l’un fait toujours coucher l’autre, et réciproquement. De là vient la fable qui suppose que le Pégase, sous le nom de Ménalippe ou cheval céleste, est fils du centaure (a). Ce centaure pourrait être aussi le Neptune Hippotès qui, sous la forme d’un cheval, couche avec Cérès ou avec la vierge céleste, et donne naissance au cheval aérien, ou par contraction Ârion, le même que Pégase. Je crois devoir faire ces réflexions pour ceux qui seraïent tentés de croire que ces figures auraient été placées aux cieux postérieurement au poëme sur Hercule, et non pas chantées dans ce poëme auauel elles sont fort antérieures. Nous en avons une nouvelle preuve dans la constellation de l’hydre , dont Théon nous a donné l’origine. Il nous apprend qu’elle fut destinée à représenter le fleuve du Nil, et que c’est même à cause de cela que les inventeurs de ce symbole, où les Égyptiens, lui donnèrent cette étrange longueur. Sa tête, placée près du cancer, annonçait le commencement du débordement périodique du Nil ; le développement de son corps en donnait la durée, et la fin de sa queue le terme. Aussi l’appelait-on le Nil , suivant le même Théon (b). Voilà un dessin bien marqué ei un emblème assez simple , que celui d’un long serpent pour désigner le cou-

(a) Hygin., L. 2. — (b) Theon ad Arat. Phæn., p. 150.

ant tortueux d’un fleuvé: Cette constellation existait donc en Égypte avant qu'elle fût chantée dans le poëme solaire sur Hercule , et iransportée par les Grecs dans les marais de Lerne. On’la trouve également allongée sous le lion dans le monument de Mithra » Qui remonte à plus de deux mille cinq cents ans ‘avant l'ère chréuenne. Les Grecs ont done chanté et animé üne constellation depuis long-temps figurée ; et n’ont pas transporté aux cieux un reptile des marais de Lerne. Cette observation doit s appliquer à toutes les autres constellations chantées dans ce poëme ‘et dans toutes lés autres fables. Revenons au centaure.

Cette constellation , dans le calendtier rural de Columélle , est notée comme étant très-pluvieuse et excitant la tempête; de là vint la fiction qui fait les centaures tous enfans de Nephelé ou dela nue ; € qui suppose que eur mère, dans le combat des centaures contre Hercule; versa sur! la terre des torrens de pluie pour embarrasser ce héros et rendre la terre glissante sous ses pas: Voici ce que Columelle dit des pronostics de cette constellation , à son lever de l'équinoxe d'automne (a) : Lever du centaure ; annonce les pluies. Ainsi on voit

commentles poëtes mythologues haientles apparences cé-

lesies avec les opérations agricolesetavec les phénomènes météorologiques. C’est pour faire allusion aux orages CL'aux vents, à qui cette constellation était censée donner lien, que l’on désigna par lépithète dé venteuse ou d'anemodé la montagne Pholoë (b), auprès de laquelle On disait que les centaures habitaient (c).

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